Il n'y a pas de saison pour faire des bredele, d'abord, et puis je vois encore de petits paquets de neige de ma fenêtre, dans les coins ombragés. Enfin, comme j'avais pas mal de blanc d'œufs au congélateur et que je suis en phase de vidage, quand j'ai vu cette recette, je me suis dit, allons-y  !

2 mars1

Mais parfois, chez moi, ça tourne assez vite à la cuisine expérimentale  ! J'ai pesé mes blancs et constaté que j'en avais 3 et pas 2… bon, eh bien je ferai une règle de trois, pas de problème. Mais quand même, 160  g de sucre pour 160  g de farine et le glaçage en plus, ça risque d'être beaucoup trop sucré à mon goût. Donc je vais multiplier les proportions par 1,5 sauf le sucre.

Ah, mais finalement, il faut un 3e blanc pour le glaçage, je vais donc en mettre 1/3 dans une coupelle, et je reviens aux proportions de base. Et là, ça se complique  : je n'ai plus de sucre glace, je mixe donc du sucre cristallisé à grande vitesse (eh oui, pas besoin de payer votre sucre glace 8  € ou plus le kg — faites le calcul – alors qu'on peut le faire soi-même avec un bon mixer), j'en renverse un peu à côté en le transvasant dans le bocal et je pèse mes 100  g de sucre, j'ajoute la cassonade, la cannelle, et 240  g de farine *. Là, je trouve que cette pâte est joliment sèche quand même, je n'ai pas encore mis la poudre d'amandes pourtant… mon sang mi-breton mi-normand se réveille  : bizarre, des biscuits sans beurre  ? J'ai dû oublier de copier une ligne des ingrédients. Je monte, essaie tant bien que mal de naviguer sur l'ordinateur qui rame tant qu'il peut vu qu'il est en phase de compression de vidéos pour faire de la place sur le disque…

Non, c'est ça pourtant, bon alors, la poudre d'amandes doit donner du moelleux  ? Je sors mon bocal  : ah, il n'y en a plus que 100  g, je croyais pourtant avoir des réserves. Mais j'ai un pot de crème d'amandes dans un tiroir, ça ne doit pas se conserver très longtemps, je vais en mettre 100  g, ça remplacera le beurre. J'ai bien peiné à mélanger mes ingrédients lorsque mon regard est tombé sur mon blanc d'œuf réservé pour le glaçage et que j'ai compris mon erreur  !

Moralité :
1. quand je change les proportions, je ferais bien de prendre 2 minutes pour réécrire les dosages
2. avant de me lancer dans une recette, je devrais vérifier que j'ai ce qu'il faut dans mes placards
3. je ne devrais pas me lancer dans une nouveauté quand je suis fatiguée (non, ce serait trop triste de manger toujours la même chose)

* Oui, vous remarquerez ma mémoire de poisson rouge  : j'ai mémorisé le premier changement (3 blancs au lieu de 2) mais le changement inverse ne s'est pas imprimé dans mon cerveau saturé !