14 août 2013

Et ça ne va pas s'arranger…

Quand ils viennent au monde, ils nous tiennent éveillés  une partie de la nuit, parce qu’ils ont faim, chaud, froid, des coliques (ah, sauf Marie, qui a eu la bonne idée nous offrir des nuits 23h-5H dès son  retour de la maternité… mais elle s’est bien rattrapée vers 8 mois, la chipie !)

Au bout de quelques mois, ils nous réveillent parce qu’ils ont soif, chaud, peur, qu’ils ont de la fièvre, mal au ventre… ça s’arrange – ou pas.

Ensuite, vient le temps des angoisses, des grandes questions existentielles (Aurore qui a découvert qu’on mourrait tous un jour, et qui ne voulait pas du tout l’accepter ; Aurore encore qui ne pouvait pas dormir parce qu’elle avait peur de s’endormir trop tard et d’être fatiguée le lendemain à l’école ; combien de débuts de nuit ai-je passées, avec une petite fille serrée contre moi jusqu’à ce que, étouffant de chaud, je la porte, bien endormie, dans son lit)

Puis ça s’arrange un peu, les enfants grandissent et gèrent seuls leurs petits soucis nocturnes (mère indigne, lorsque Paul, vers 14 ans, est venu me trouver à 3 heures parce qu’il avait très mal au ventre, je lui ai répondu « C‘est bien, rendors-toi » avant de réaliser qu’il devait être vraiment mal, lui qui ne se plaint jamais !)

Et puis l’aîné a 15, 16 ans et commence à faire du baby-sitting… la première fois, il est rentré sans faire de bruit, je me suis réveillée toutes les heures, sans trouver le courage d’aller vérifier qu’il était bien dans son lit… avant que des amis ne nous donnent l’astuce : laisser une lampe allumée, qu’il éteint en rentrant (nous dormons porte ouverte et pouvons voir, en ouvrant la moitié d’un œil, s’il fait noir ou pas – quand Paul et Marie sont de sortie, ils s’envoient des SMS pour savoir qui rentrera le dernier)

Et puis… il y a eu cette grande première : Paul rentrait de son camp scout le samedi soir (arrivée du train à 22h à Paris), un autre parent (chez qui nous avions déposé notre clé avant de partir en vacances) devait le ramener à la maison, il y dormait, déjeunait le lendemain avant de retourner à Paris prendre un train de nuit pour Briançon. Rien de très compliqué mais… jeudi soir, je me réveille en sursaut « Et si je m’étais trompée de clé ? » (la porte du garage, comme les volets, est munie de barres anti-effraction, rendant l’accès impossible même après avoir ouvert la serrure). Et si notre serrure avait été forcée, rendant l’ouverture de porte impossible ? Et si… son billet de train est sur la table de la cuisine, s’il ne peut pas rentrer, il est à la rue pour une semaine (oui, j’ai un don pour prévoir tous les problèmes possibles).

Samedi soir, 21h, il doit être dans le TGV, là, et les chefs ont dû rendre aux jeunes leurs téléphones, j’appelle : répondeur. Bon, il n’a pas rallumé son téléphone dans le train… Je lui laisse un message demandant de nous envoyer un SMS en arrivant à la maison, de téléphoner s’il a un souci.

22h15, fatiguée par la randonnée, je m’endors finalement… pour me réveiller en sursaut à 23h30 ! J’appelle son mobile, j’appelle la maison : répondeurs. Voilà 1/2 h qu’il devrait être rentré. J’essaie de me raisonner : il est tard, les parents de son ami ont dû le ramener chez eux, sa batterie est déchargée. Je prends mes écouteurs, écoute une émission en sourdine en espérant me rendormir (en vain)

Minuit : le téléphone sonne : il vient de rentrer, il n’avait plus de batterie… ouf ! Je reprends mes écouteurs, le sommeil me fuit…

0h50, téléphone : il veut savoir comment fonctionne le lave-linge ! (qui aurait le culot de râler dans ce cas ?)

Je peux dormir tranquille ; je promets de le rappeler vers 9h30, au départ de la randonnée *, avant de perdre tout réseau… sauf que… son téléphone est éteint et 15 minutes de sonnerie du téléphone de la maison (à 5 mètres de son lit) ne le tireront pas de son sommeil (il n’est pas le frère de la Belle au Bois Dormant pour rien !) Ce n’est qu’à la faveur d’un passage au sommet que nous pourrons prendre de ses nouvelles. Et comme je ne suis pas prête à lâcher complètement mon statut de mère-poule, je l’ai rappelé au retour, pour savoir s’il partait pour Paris, s’il était dans Paris… ** et il nous a rappelés pour nous dire qu’il était à la gare, 1h avant le départ de son train…

Le poussin va avoir 18 ans ; ce midi, j’entendais une jeune mère de famille dire à sa fille qu’elle serait adulte à 18 ans… Vraiment ? Attends un peu qu’elle ait 15 ans, tu réviseras ton jugement ! (gniark, gniark)

 

* randonnée sportive, 950 m de dénivelée, un passage à flanc de rochers en se hissant à l’aide de câbles, après une courte nuit de 5h de sommeil, heureusement qu’il faisait beau !

** Je psychote ? Tous ceux qui prennent un train  de banlieue chaque jour, comme moi, savent que les pannes, incidents, accidents sont beaucoup trop fréquents et surviennent au plus mauvais moment, vous laissant sur un quai bondé sans solution de repli. Par précaution, il avait comme consigne de partir 5h avant le départ de son train de nuit et nous lui avions laissé les téléphones de tous les amis et voisins présents en ville

Posté par Agdel à 10:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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