« Mais qu'est-ce que vous allez faire à Roubaix ? » me disait une amie, interloquée… oui, on peut se le demander, mais je ne voulais manquer à aucun prix l'opération Occupy Roubaix du Délit maille. Or, quand on a cours de musique le samedi matin, répétition un samedi après-midi sur deux, pour partir en week-end, ça fait juste ; c'est donc in-extremis que nous avons pu passer deux jours dans le Nord et nous n'avons pas été déçus ! Tout d'abord, sus aux idées reçues, il n'a quasiment pas plu, tout juste une averse samedi soir (bon, pas de chance, juste après la fermeture des magasins, pas moyen de se mettre à l'abri, nous sommes arrivés bien trempés au resto).

Samedi matin, après les recommandations d'usage aux enfants que nous laissions seuls pour la première fois (et vous fermez bien les volets le soir, et vous vérifiez que la porte d'entrée ET celle du garage sont fermées à clé, et vous rangez, et vous laissez la cuisine propre, et vous éteignez les lumières avant de monter…) et un démarrage très laborieux de notre voiture, nous voilà partis ! Dans notre enthousiasme, nous avons loupé l'A1 et avons fait un petit large étour par l'est de Paris, mais nous étions tout de même sur place un peu après midi. Après avoir déposé notre voiture et notre maigre bagage à l'hôtel, nous nous mettons en quête d'une baraque à frites… ah, ben non, pas dans ce quartier visiblement… ce sera kebab, plutôt. Puis direction la Manufacture des Flandres pour la première visite ; la petite dame qui présente les métiers à tisser est passionnante (je n'ai même pas songé à prendre une photo des machines) et je suis ravie d'apprendre que l'industrie textile reprend peu à peu dans le Nord, étant donné qu'elle nécessite peu de main d'œuvre finalement, avec la modernisation des machines.

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Mon mari découvre, amusé, les gens en laine (pour la plupart, j'avais déjà fait leur connaissance à l'aiguille en fête) et me fait remarquer que certains sont installés sur les poutres au-dessus de nos têtes.

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La visite terminée, nous prenons le métro vers le Vieux Lille, la nuit tombe déjà mais les décors des fêtes sont toujours là.

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Après avoir bien marché, nous décidons de faire une petite halte aux Trois Brasseurs (nous sommes là aussi pour goûter les spécialités locales !). Le serveur prend le temps de nous présenter les différentes bières brassées sur place. Marie (qui organisait une réunion de son équipe de pionniers) nous appelle pour signaler que deux jeunes resteront dîner, nous suggérons que son amie reste dormir sur place plutôt que prendre le bus pour rentrer de nuit dans sa lointaine campagne… finalement, l'autre restera aussi.

Avant de rejoindre notre restaurant, nous avions projeté d'aller admirer le portail de Notre-Dame de la Treille, mais la petite pluie se transforme en drache , impossible de continuer, nous nous abritons tant bien que mal sous un parasol en terrasse et regardons courir les passants… glacés, nous arrivons avec 45 minutes d'avance au Bistrot Lillois et sommes accueillis avec beaucoup de gentillesse. Les serveurs (surtout le fils du patron) racontent le menu avec passion… beaucoup de clients sont des habitués ; « Papa » n'est pas là et n'a pas pu préparer sa fameuse terrine mais l'entrée du jour est une tartine chaude au maroilles. Coup de fil de la maison pour un souci technique (impossible d'avoir le son du DVD), larmes d'Aurore « parce que vous me manquez trop », la grande fille est encore si petite, parfois ! Carbonade, potjevleesch et frites sont là pour nous réconforter. Les plats sont délicieux, le décor chaleureux (et la décoration des toilettes… surprenante !)

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Repus, réchauffés, nous reprenons le métro vers Roubaix.

Dimanche, le ciel est d'un bleu lumineux, il fait froid, une belle journée s'annonce ! Direction la Mairie de Lille et son Beffroi, le Musée des Beaux-Arts (vive l'entrée gratuite du premier dimanche du mois, nous pouvons sans regrets nous limiter juste aux peintres flamands) puis le marché de Wasemmes pour quelques achats (certains inattendus, comme le savon que nous commandons d'ordinaire en Provence ou quelques vêtements).

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Retour dans la vieille ville pour déjeuner, puis métro pour Roubaix, son luxueux hôtel de ville et sa fabuleuse Piscine Arts-déco, désormais musée rassemblant une belle collection de scultures, de tableaux (dont d'amusantes scènes de genre), de céramiques et une incroyable tissuthèque (accessible aux professionnels ou étudiants sur rendez-vous) : des dizaines de catalogues d'échantillons de tissus, classés par collection… et les gens en laine du Délit maille, évidemment !

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Il est temps de reprendre la route. Nous retrouvons une maison propre et rangée, des ados très contents de leur toute nouvelle liberté (sauf Aurore, vous aurez compris), la deuxième voiture rentrée dans l'allée (oups, j'ai cru qu'on nous l'avait volée !), un bon feu et un repas prêt… bref, à refaire !