14 novembre 2014

Il y a des semaines, c'est comme des mois…

J'exagère un peu, mais ces inscriptions aux concours des écoles d'éducateurs sont un véritable parcours du combattant (j'en viens presque à regretter APB). Il me semble qu'il y a une véritable sélection avant-concours : si le candidat ne fait pas preuve d'une organisation hors-pair (ou n'est pas soutenu et fliqué suivi de près par ses parents), il sera éliminé avant même d'avoir participé.

Règle du jeu

1. Sur les sites des différentes écoles tu te rendras, les dates des concours tu trouveras (et tant qu'à faire, les dates limites de remise des dosiers), les procédures d'inscription tu noteras.

Bon, déjà, une école n'a plus de site (les navigateurs vous avertissent que ce site risque d'endommager gravement votre ordinateur et en barrent l'accès), son répondeur téléphonique indique que "pour tout renseignement, veuillez consulter notre site internet". Rares sont celles pour lesquelles nous arrivons à trouver les toutes informations sus-mentionnées. Bon-an, mal-an, Paul a réussi à établir une première liste.

2. Les pré-inscriptions en ligne tu feras, les papiers à fournir tu listeras.

Nous avons eu, au choix :

- les questions auxquelles on ne sait répondre (Statut actuel du candidat : lycéen. Statut à la veille d'entrer en formation : ben, heu, pareil, non ? Situation vis-à-vis de la journée citoyenne : faite. Situation vis-à-vis du service national : mais les derniers concernés ont maintenant 37 ans, je pense qu'ils ont tous fait leur service ? (et les réponses au choix étaient fait ou à faire)

- la page 1 qu'on remplit (nom, prénom, date de naissance, adresse…) puis le bouton "page suivante" qui renvoie à la page 1, vierge

- le compte utilisateur qui sera valide une fois qu'on aura cliqué sur le lien envoyé par mail… sauf que le mail n'arrive pas

- en cherchant le mail en question (après configuration de la messagerie qui ne permettait pas jusque-là d'accéder aux spams), tiens, que trouvons-nous dans les spams ? Plein de mails d'autres écoles qui confirment les inscriptions… et un qui demande d'envoyer impérativement un chèque sous 8 jours… daté de 3 semaines ! Le mail attendu en revanche, n'est jamais arrivé.

- la lettre de motivation à saisir en ligne (Paul, va faire ton brouillon !). Le brouillon fait, on ne retrouve plus l'endroit où il fallait cliquer pour saisir la lettre… (le site avait changé entre-temps, c'était celui qui parlait du service national)

- la demande de certificat médical (de quoi ? Ah, de non-contre-indication à suivre la formation — qui n'est ni sportive, ni dangeureuse, à première vue – je sens que notre médecin va a-do-rer)

Tout ceci a conduit mon jeune homme à la fin de la première semaine de vacances. Le vendredi, nous avons fait le point, il a tenté de joindre les écoles problématiques, sans succès, puis il est parti en stage BAFA, me laissant ses dossiers avec la liste de ce qui manquait (des photos d'identité, des chèques…) et les quelques problèmes qu'il n'avait pas pu régler.

3. Aux écoles qui posent problème, tu téléphoneras.

Ce qui implique : de ne pas avoir cours ou être en stage durant les heures d'ouverture des-dites écoles (raté), ou d'appeler pendant les vacances en espérant que les personnes concernées seront présentes (encore raté). J'ai réussi à joindre quelques écoles, expliqué que si j'appelais à la place de mon fils, c'est qu'il était en train de passer son BAFA 2e partie (ça fait très bon effet, ça…), réussi à créeer son compte et remplir deux dossiers en ligne, rattrapé le coup du chèque envoyé en retard. Le responsable des inscriptions de l'une des écoles — enfin joint après les vacances — m'a semblé légèrement exaspéré par le fait qu'aucun candidat ne reçoit les mails (ce qui veut dire accesssoirement que leur concours de novembre va être annulé, faute de candidats) et m'a assurée que le problème devrait être réglé en fin de semaine (dernière) sinon "il allait en référer à qui de droit" ; 10 jours plus tard, j'hésite à le rappeler, il va fondre en larmes au téléphone, le pauvre homme !

4. Les bons papiers dans les bonnes enveloppes tu glisseras, les timbres tu colleras, les photos tu joindras, les chèques tu rempliras.

 Là, je n'avais qu'à trouver une photo d'indentité récente, en imprimer une planche (ne pas oublier de changer le bac d'alimentation ensuite, sinon la photocopie du diplôme sera imprimée sur du papier-photo), coller les timbres sur les enveloppes libellées au nom et à l'adresse du candidat (j'ai découvert à cette occasion que mon fiston ne savait pas rédiger une enveloppe — grave lacune éducative — il a tout écrit en haut à droite) et suivre les indications qu'il m'avait laissées… ça m'a pris 3 heures ! J'ai rouvert 2 fois chaque enveloppe pour vérifier que ses lettres de motivation étaient signées (eh non), que les photos étaient collées, ou non, suivant le cas, que j'avais bien signé les chèques et que je ne m'étais pas trompée d'ordre ou de montant (ne riez pas : essayez donc de remplir 14 chèques différents à la suite sans erreur).

5. À la Poste, tu te rendras, les enveloppes tu pèseras, les vignettes tu colleras.

Ça va, je maîtrise, j'ai corsé un peu l'affaire en faisant en même temps les photocopies pour le quotient familial et l'inscription au BEPA de Marie.

6. Les convocations tu recevras, les dates des écrits tu noteras, les coupons-réponses en 5 jours tu renverras.

Ah, vous pensiez être tranquille, maintenant, mais non ! Il va falloir rester vigilant, pas question de se relâcher. Vérifier que les dates sont compatibles entre elles, trouver des solutions pour ne pas prendre un train à 5h30 le matin d'un concours (vivent les écrits le samedi), constater qu'un écrit tombe en plein milieu d'un séjour organisé par le lycée et obtenir sa désinscription (et le remboursement) de ce séjour, à contrecœur (partir une semaine au ski avec un groupe de jeunes handicapés, c'était chouette comme projet… soyons positif : ça lui fait un risque de moins de se blesser). Ne pas oublier, le  cas échéant, de s'inscrire pour l'oral de groupe, puis pour l'entretien individuel si l'on arrive à aller jusque-là.

7. Les mentions de ton CV, tu justifieras.

Accrochons-nous pour obtenir une confirmation écrite du fait qu'il ait été dans les équipes jeunesse de la Croix-Rouge de 2010 à 2011 (on espère que le responsable est encore en poste) ou fait un stage d'une semaine en école maternelle en troisième…

8. Pendant ce temps, tes cours tu suivras, ton stage tu effectueras, les engagements tu tiendras, ton prochain stage tu chercheras.

 

C'est moi qui ai oublié, ou de mon temps, c'était beaucoup plus simple ? On remplissait les dossiers papier fournis par le lycée à la date qu'on nous avait indiquée et c'était tout !
Enfin, quand même, il fallait aller passer des concours dans une ville qu'on ne connaissait pas, prendre les bons bus dans le bon sens, (un camarade avait loupé un concours comme ça) pas d'internet pour se renseigner à l'avance, pas de téléphone pour donner des nouvelles… mais ce qui ne change pas, c'est la solidarité entre amis : un grand merci à F. qui avait accueilli mon mari dans son petit studio lors de ses concours parisiens il y a 25 ans et qui a la bonne idée d'habiter aujourd'hui à 500 m d'une des écoles visées et gagne donc une soirée en tête-à-tête avec notre fiston !

 

Ah et puis, à tout hasard…

Est-ce que quelqu'un ici serait en mesure d'héberger un jeune homme du 5 au 23 janvier aux alentours de Melun (disons entre Melun et Juvisy à proximité du RER D, en échange de services du genre baby-sitting), week-ends non compris ? On lui a proposé un stage génial mais 5h de transport par jour (si tout va bien), ça me semble juste inconcevable !

 

Posté par Agdel à 16:30 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,