Comme le temps est tout gris, je suis allée chercher le soleil aux Antilles avec ce madras bleu, assorti à un satin de coton, les deux trouvés aux coupons de St Pierre il y a 15 jours. Autant je suis déçue par la baisse de qualité de leurs tissus imprimés (pour un même motif, le coton n'a plus rien à voir, le tissage est grossier), autant je peux y acheter des satins de coton, jeans ou madras les yeux fermés. À 10h30, rien ne me plaisait, j'avais repéré du voile à 5 euros sur le site, mais le seul coloris disponible était un turquoise que je ne me voyais pas porter, les cotons imprimés étaient moches, pas de satin… à 11h20, j'ai failli acheter, sans grand enthousiasme, du satin gris. Et juste à la fin de mes courses, avant de reprendre le métro, j'y suis repassée : ce satin bleu et le madras assorti m'ont immédiatement sauté aux yeux et à l'extérieur, fouillant une dernière fois l'étalage, j'ai déniché un coupon de voile blanc (pour ma Barcelona).

Je savais exactement ce que je voulais faire : une jupe Ottobre comme celle-ci. Je l'ai vite coupée, cousue, mais j'ai traîné plusieurs jours à faire l'ourlet final, prise par d'autres activités passionantes comme le démontage intégral des toilettes de l'étage pour les récurer dans les moindres recoins (et ce n'était pas du luxe, vu que l'entretien courant est confié aux ados…), les visites aux magasins de meubles ou de bricolage (pour les bureaux des filles, j'ai simplement acheté un plan de travail de cuisine en hêtre massif et l'ai fait découper en fonction de l'espace disponible : bien moins cher et aucune perte de place par rapport à un plateau tout fait), la rédaction d'une annonce pour le secrétaire (qui a été récupéré dans la journée pour une quatrième vie), l'inspection des fonds de placards (tiens, mon mug rouge n'a pas été cassé, finalement, il était juste dans un sac plastique, lui-même au fond d'un sac en papier. J'ai également remis la main sur les ciseaux qui étaient déjà revenus deux fois dans le tiroir avant de disparaître de nouveau. Quant au verre-mesure, bizarrement il était dans un tiroir du meuble de salle de bains — sale, bien sûr ; ne parlons pas de la boîte en plastique au contenu indéfinissable, je dirais qu'il s'agit des restes d'un repas de midi datant d'au moins deux mois)… bon, bon, je vais manger quelques carrés de chocolat et passer mes nerfs sur l'aspirateur, ça vaut mieux !

Revenons à ma jupe… elle est très agréable à porter, grâce à l'élasticité du satin, elle virevolte grâce à ses six pans, j'ai posé la fermeture invisible presque sans y penser et la finition de la parementure n'a plus de secrets pour moi. Seule la couture du faux volant me pose encore problème : je l'ai bâti entièrement à la main, et il y a du métrage !

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Jupe n°7 Ottobre été 2015