06 décembre 2016

calendrier de l'avent : naissance(s)

À la suite d'Anne, mes souvenirs de naissances (ça ne s'oublie pas)

Août 1995 : après un mois de juin passé plus ou moins allongée pour risque d'accouchement prématuré, après les obsèques de Maman la veille de la fête des mères, j'arrête tout traitement le 21 juillet et je m'active un peu plus, persuadée d'accoucher dans les jours qui viennent… et puis les jours passent, il fait très chaud, nous habitons au 5e, sous le toit, je fais de la rétention d'eau et j'ai pris 3 pointures de chaussures, chaussures que je ne peux plus attacher, de toutes façons, je porte donc une paire de claquettes. Je me sens seule, il fait chaud, je remplis la baignoire d'eau froide pour m'y plonger et je rêve de plages bretonnes. RV est pris à la maternité pour un déclenchement, le 17, jour du terme, si rien ne vient avant. Le 14, angoissée, je sonne chez mon gynéco (qui ne consulte pas ce jour-là mais est présent, par chance) : je ne veux pas du déclenchement. Il me rassure : on regardera si tout va bien et on vous laissera encore 2 jours. 16 août, je passe au bureau, mon collègue Jean s'impatiente « alors, ce bébé, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? » « c'est pour demain »

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17 août, 3 heures : bon, va falloir y aller !

4 heures, le col est à 2 cm, on me donne une chambre et un doliprane, je m'endors.

8 heures, direction la salle de travail, pour une petite perfusion qui devrait accélérer un peu les choses. Je lis Monsieur Malaussène qui vient de paraître (ça te parle, Anne ?)

Ça dure, ça dure, je suis toujours à 3 cm, je craque et demande la péridurale.

16h, le gynéco chuchote avec la sage-femme, c'est très mauvais signe

Forceps, pressions sur le ventre, j'ai l'impression qu'il ne passera jamais, le gynéco, pieds nus, glisse sur le sol

16h28: l'anesthésiste, assise dans un coin, nous annonce : c'est un beau petit garçon (heu, beau, pas vraiment, sa tête est toute déformée), verdict de la balance 4kg160, pas mal pour un premier !

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juillet 1997 : nos voisins ont deux garçons d'âge rapproché qui sont insupportables, je veux une fille ! J'ai suivi scrupuleusement le régime du Dr Papa et tombe enceinte tout de suite après les trois mois préconisés, nous partons en Bretagne. Je suis enceinte de presque un mois, je perds du sang, nous partons pour l'hôpital de Morlaix. « Qu'est-ce que c'est ? » « Une jeune grossesse qui saigne » La phrase me semble odieuse. À l'échographie, nous décelons un petit embryon de 2 mm et un hématome de 2 cm : décollement placentaire. Il n'y a rien à faire qu'attendre avec du repos. Quatre jours plus tard, nouvelle écho : l'hématome se résorbe, l'embryon mesure 4 mm et nous voyons et entendons très nettement un cœur qui bat ! Quelle chance, finalement, que ce petit accident qui nous a permis de vivre un moment extraordinaire ! Pour une fois, à l'échographie du 4e mois, je demande le sexe : c'est une fille ! Je suis en pleine forme, je fais du vélo (avec Paul sur le siège arrière) quasiment jusqu'au terme. Seul bémol : Marie s'est mise en siège et n'en bouge pas, mais ça devrait passer sans problème (je garde précieusement ma radio du bassin avec ce bébé dedans).

14 avril 1998 : j'ai ciré tous mes parquets (à genoux, à la paille de fer), nous avons fait une très longue balade dans Versailles. 21h, je perds les eaux, nous partons tranquillement, Mutti et Vati sont chez nous avec Paul. À la maternité, un grand noir m'accueille : « je suis la sage-femme ». J'ai trop mal pour apprécier le comique de la situation. Une fois encore, je suis à 2 cm et on m'envoie essayer de dormir dans une chambre double. Au matin, ma voisine de chambre gémit, pleure, je dois sonner à sa place : elle est à dilatation complète ! (1h avant, elle avait renvoyé son mari en lui disant qu'il pouvait aller travailler)

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10h : ça n'avance pas (mais j'ai mal). La sage-femme qui a mis Paul au monde est de garde ce jour-là et dit, avec le gynéco, qu'ils n'ont pas gardé un bon souvenir de mon accouchement précédent (et moi donc !)

11h30 : on programme la césarienne (on ne le sait pas encore, mais Marie a fait un tour de cordon autour de son épaule et ne peut pas descendre). À partir de là, plus personne ne vient me voir, on ne me propose pas la péridurale, j'essaie de lire l'intégrale de Nestor Burma.

13h15, descente au bloc, rachi-anesthésie qui agit en 30 secondes, Marie est là à 13h25, il s'est écoulé moins de 2 minutes entre l'incision et sa sortie, qu'est-ce que doit être une césarienne en urgence ? Elle est belle ! Paul tombe aussitôt amoureux de sa petite sœur, le lendemain de notre sortie, nous le trouvons assis près du couffin, il lui lit des histoires.

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Mon collègue Jean (toujours là et toujours pas grand-père, à son grand regret) déclare que c'est le plus beau bébé qu'il ait jamais vu. À la suite d'un bref congé parental, je reprendrai le travail le jour de son enterrement.

 

Avril 2002 : mon gynéco m'avait dit d'attendre deux ans pour une nouvelle grossesse si je voulais éviter la césarienne (je rappelle que nous habitons Versailles). Cette fois encore, tout se passe bien, au point que j'ai fait du ski de fond aux vacances de Noël.

6 avril, nous rentrons d'une soirée chez des amis, les enfants sont endormis et je porte Marie sur quelques centaines de mètres + nos deux étages, dur, dur ! 8 avril, je sens que c'est pour ce soir, je cire tout mes parquets (encore !) car un agent immobilier vient estimer notre appartement, je reçois mon amie et lui demande d'être marraine de ce futur bébé, je fais les courses pour plusieurs jours. Le soir, j'appelle la collègue qui viendra garder Paul et Marie, elle pose son téléphone sur la table de chevet et passe une très mauvaise nuit… moi aussi : contractions, faux-travail. Au matin, nous conduisons les enfants à l'école, les mamans que nous croisons comprennent tout de suite, à voir mes grimaces, que nous partons pour la maternité. 9h, 2 cm (on commence à prendre l'habitude, nous partons à la recherche d'un café, je marche un peu).

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11h, la sage-femme (très désagréable, elle veut absolument que je prenne la péridurale), veut que je descende immédiatement pour qu'on me perfuse (et qu'on m'attache à la table), je résiste aussi longtemps que possible. 14h, comme ça n'avance pas du tout, elle me perce la poche des eaux (sans le faire exprès, qu'elle me dit), aussitôt, les douleurs décuplent. 14h45, je réclame la péridurale, mais le temps que l'anesthésiste arrive, c'est trop tard. 15h05, c'est un peu la panique « mais où est le papa ? » « il est parti prendre un café avec le docteur ». Ils réussissent à trouver l'un et l'autre, l'accouchement se déroule on ne peut mieux, le gynéco me demande de prendre moi-même mon bébé (mais il va me glisser des mains ?), je le tire vers mon ventre, nous restons là, au calme… la sage-femme (une autre) me demande si je veux savoir le sexe : je n'y pensais plus ! 15h20, Aurore est là.

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Notre famille est au complet, même si je ne ne sais pas encore et que je me dis prête à recommencer dès le lendemain. Bon, le jour de la photo, en revanche, je sors tout juste de la maternité après 4 nuits blanches car la miss a des soucis digestifs et je ne demande qu'une chose, mon lit ! Mais le parrain photographe est là, il faut faire bonne figure !

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Posté par Agdel à 22:14 - Commentaires [2] - Permalien [#]