Cher Père Noël,

il y a quatre ans, je t'adressais ma première lettre. Je pourrais à peu près la réécrire à l'identique, les chambres ne sont toujours pas rangées, les journées sont trop courtes et le temps manque…

Mais cette année, en particulier, j'ai vu dans mon entourage des personnes éprouvées par la maladie, les accidents, le deuil, des soucis professionnels qui ravagent des vies, des ruptures qui se passent très très mal, des crises d'adolescence aigues, les effets dévastateurs des attentats. Au milieu de tout cela, tout en essayant de trouver la parole qui console, d'offrir le petit chocolat qui réconforte, de fournir une oreille attentive ou de donner un coup de main si besoin, je m'aperçois de la chance extraordinaire que j'ai : un travail qui reste à peu près intéressant dans une ambiance qui s'est un peu apaisée, des presque-adultes qui ont trouvé leur voie, une vie familiale stable, des ados qui s'entendent à merveille, des soucis de santé mineurs et faciles à soigner…

Alors, surtout, Père Noël, je souhaite que cela continue ! Ne t'occupe pas de moi, si cela peut te permettre de donner du bonheur aux autres, ça me va très bien. À la rigueur, si tu peux m'aider à ne plus dormir comme un bébé (je dors 3 heures, me réveille pendant 45 minutes, me rendors 3 heures, me re-réveille… ) ce serait formidable.

Bonne chance, Père Noël, notre monde a bien besoin de ré-enchantement !