28 mars 2013, l'enveloppe est là, je la regarde, je n'ose pas l'ouvrir… allons, un peu de courage ! J'ouvre, je me mets à pleurer… de soulagement : la candidature de Marie en bac pro AP a été acceptée, dans l'école de son choix. Le recrutement se faisant sur dossier, après un entretien oral, et vu la timidité de ma fille, je n'en menais pas large… avant de constater que 9 ados sur 10 osaient  à peine ouvrir la bouche devant le jury !

13 mai 2015, les résultats des concours vont être mis en ligne. Je vais sur les sites des écoles, rafraîchis les pages encore et encore, scrute les listes de noms (voire juste la colonne des intitulés : 2 “Monsieur” pour 43 “Madame”, c'est facile à repérer) et je suis très vite rassurée.

27 juin 2017, j'ai fait connaissance le mois dernier avec Affelnet (Paul et Marie sont allés dans des lycées privés en raison de choix d'orientation bien spécifiques) et, par la même occasion, de l'absurdité du système d'affectation :

- Tu as été admise en classe euro en quatrième ? La réforme passe par là : plus de classe euro en troisième

- Tu as commencé le latin ? Tu n'en auras plus que 2h en quatrième (au lieu de 3 au programme) et une seule en 3e

- Tu aimes le latin et tu songes à étudier les lettres classiques plus tard ? Dommage, ton lycéee de secteur ne proposera probablement plus le latin l'an prochain, vu la baisse des effectifs.

- Tu veux faire du grec ? Pas de chance : l'inspection académique a décidé, cette année, que ce n'était plus un enseignement rare (2 lycées dans tout le département) et donc que ce n'était plus un critère de dérogation. Écris une lettre demotivation, peut-être que l'inspection regardera ton dossier scolaire (après les élèves boursiers, les fratries, ceux qui ont un suivi médical spécifique…)

Tout en gardant espoir (notre future voisine, professeur dans ce lycée, m'avait un peu remonté le moral), je n'en menais pas large en tapant mes identifiants hier matin. Et j'ai eu un peu de mal à trouver la réponse sur le site (pas de mail, pas de papier donné par le collège). Et voilà, notre petite dernière semble s'orienter elle aussi par passion plus que par raison.

Le changement sera de taille : passer d'un collège de 300 élèves, dans le quartier, à deux pas de son ancienne école, à un lycée dans la grande ville, plus de 1500 élèves, le train à prendre tous les jours… sa moyenne va chuter aussi, forcément, mais j'ai confiance dans son opiniâtreté, elle réussira !