Lorsque je vais courir (écrivons plutôt "lorsque j'allais courir", quoique le kiné m'a redonné de l'espoir**), il y a un passage, juste au début du tour de l'étang, où je me retrouve instantanément à 7, 8, 9 ans, dans la cour de mon école primaire : l'odeur des peupliers !

Certaines odeurs ont cette faculté de nous projeter dans le passé et tout revient à la mémoire, les émotions, les images…

Début juillet, je cueillais des groseilles, accroupie dans l'herbe un peu haute. C'est l'herbe de mon jardin, je la connais, je la tonds (plus trop, en fait) ou l'arrache depuis 14 ans. Alors pourquoi, ce soir-là, l'odeur de cette herbe piétinée m'a-t-elle renvoyée en arrière ? J'avais 12 ans, j'étais en camp scout, le soir, après le repas, quand la nuit va tomber, juste avant la veillée, le feu n'est pas encore allumé, on rentre sous la tente pour prendre un pull et une lampe de poche, cette odeur l'herbe écrasée dans l'humidité du soir…

Et ce mois-ci, dans la salle d'attente du kiné, cette odeur de désinfectant, probablement commune à tant de lieux médicaux… mais non, ça ne sentait pas comme au labo d'analyses, ni comme l'hôpital ou la clinique, ça sentait exactement la maternité de Versailles et j'ai ressenti ce mélange d'excitation, de peur, de douleur et de joie qui précède la naissance d'un enfant.

28 août - 1

* contrairement à René Guy Cadiou, je resterais bien en vacances un mois de plus ! Il faut dire qu'à son époque, la rentrée devait se situer fin septembre. J'ai retrouvé mon cahier du jour de CE2, date de la première page : lundi 19 septembre (je ne dirai pas quelle année…)

** mais j'en ai pris pour 4 à 6 mois de massages hebdomadaires