30 juin 2018

Trois petits garçons

… qui sont nés à quelques mois d'intervalle, mais je n'avais pas eu l'occasion de leur offrir des cadeaux.

Il y a donc Adrien (fils d'une collègue), né en novembre, dont la maman aime beaucoup les dessins de Beatrix Potter

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Ferdinand, du mois d'avril (une autre collègue)

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Je suis fière de mes angles parfaits, pour une fois
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Et enfin le dernier-né , Pablo, dont le papa a été notre baby-sitter, quelques années avant de rencontrer la maman au Mexique, puis de partir tous les deux traverser l'Amérique du Sud à vélo (Ushuaia - Carthagène en dix mois, par la Cordillière des Andes !). J'espère faire sa connaissance la semaine prochaine, puisqu'il sera de passage chez ses grand-parents.

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28 juin 2018

Hors-saison

Forcément, j'ai pris du retard sur mon calendrier de couture… lorsque j'avais acheté ce numéro d'Ottobre, je savais que la robe-sweat allait forcément plaire à mon ado de fille. Elle a choisi un rose saumon (pour changer du gris) et le tissu, lavé et repassé, a attendu quelques semaines, que je trouve le temps de le couper. Les explications des poches prises dans les découpes princesses sont sommaires, j'ai cherché partout un tutoriel, puis j'ai fini par bâtir, découdre, re-bâtir, re-découdre… jusqu'à obtenir un résultat à peu près satisfaisant (il m'a quand même fallu fermer à la main le trou en haut des poches). Les poches étant peu profondes, la Miss m'a dit qu'elle n'y mettrait rien… je coudrai donc cette robe sans poche, une prochaine fois, ça m'économisera quelques neurones.

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J'ai supprimé le bord-côtes du bas (ça lui plaisait moyennement et je n'avais pas de bord-côtes) et raccourci celui des manches qui sont bien assez longues comme ça. Et pour une fois, je n'ai pas eu de réflexion du genre « c'est trop large, trop long, trop… » donc j'en déduis qu'elle est ravie !

Une capuche qui fait un tour de cou bien enveloppant, parfaite pour la demi-saison

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Et des surpiqûres contrastantes, comme l'a souhaité la demoiselle. 

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Robe Hide Away, Ottobre femme printemps/été 2017, tissu sweat Butinette

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27 juin 2018

Un jour, on dormira…

Lundi : nuit à l'hôtel, forcément entrecoupée par les allées et venues dans le couloir…

Mardi : tellement fatiguée, je n'entends pas Aurore rentrer de son dîner de classe (merci au papa motivé qui a raccompagné toute une bande de lycéennes dans les villes autour de Versailles), donc forcément, je dors mal…

Mercredi : Marie a son dernier concert à l'école de musique, nous dînons un peu tardivement.

Jeudi : après une journée de colloque, c'est la remise du livre surprise, suivie d'un grand couscous dans la cour, en présence de nombreux auteurs, anciens collègues, une soirée fort sympathique !

Vendredi : Aurore souhaite profiter du Mois Molière et nous décidons de l'accompagner, mais… en sous-estimant le petit vent du nord qui souffle même dans la cour bien fermée des Grandes-Écuries. Andromaque se lamente, Hermione tergiverse : se vengera-t-elle de Pyrrhus ? J'ai envie de lui crier « Mais tue-le donc, qu'on en finisse ! ». Nous rentrons, ravis du spectacle mais transis, boire un chocolat bien chaud.

Samedi : 10h, je suis sur le terrain de Morgane pour l'aider à planter des poireaux. Finalement, il faut plutôt désherber le terrain pour que l'équipe de fin d'après-midi plante quelques rangs (un qui "coiffe" les petits poireaux, un qui fait les trous, un qui plante, un qui arrose, un qui tasse la terre). Morgane me laisse seule (encore des papiers à signer à la banque) avec la binette à roue, le grand râteau et la brouette (vivement qu'elle ait son tracteur !). 2h45 plus tard, je suis moulue, je n'ai pas l'habitude de ces travaux et la charrue sans cheval, c'est dur ! Mais je suis fière d'avoir désherbé et nivellé une bande d'1m50 (sur 20, 25 mètres ?)

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4 rangs de poireaux, 4 rangs de carottes… et la semaine prochaine, on plante les choux. Si seulement il pouvait pleuvoir la nuit…

Après le déjeuner au soleil (et un petit verre de rosé : mauvaise idée), j'ai eu toutes les peines du monde à me lever de ma chaise pour prendre une douche, vite, vite, puis filer à la fête des quartiers : premier épisode, petit spectacle, musique et danse, sur le thème des légendes celtes. Nous jouons debout sur la scène, en plein soleil.

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Deuxième épisode (et autre quartier), le stand de l'Amap avec des animations pour les petits sur le thème des fruits et légumes ; pâte à modeler, loto des odeurs, sac de fruits et légumes à deviner par le toucher.

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J'ai réussi à convaincre Paul de nous donner un coup de main et assurer le passage de relais en fin de créneau car… il fallait aller, vite, vite, à l'église accompagner l'amie qui dirigeait les chants. Puis récupérer la voiture, restée à la première étape. Puis Guillaume a réussi à me convaincre d'aller, après le dîner, à l'école de musique, écouter l'ensemble de flûtes, puis l'ensemble de guitares (cette année, ni moi, ni les filles ne participions). Je me suis demandé comment mes jambes me portaient encore.

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Dimanche matin a été consacré au sommeil, quand même. Et le soir, on a remis ça avec le barbecue de fin d'année des accompagnateurs compagnons. Lundi, répétition Calibeurdaine. Mardi, théâtre (L'école des femmes), jeudi,  Calibeurdaine, vendredi Le Misanthrope. Et une semaine pleine de réunions. Moi qui pensais naïvement qu'une fois révolue l'époque des kermesses et autres auditions, j'aurais un mois de juin tranquille… Vivement juillet ! 

 

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19 juin 2018

Ton univers impitoyâ-â-ble

C'est cette parodie de Dallas (qui s'en souvient ?) que j'ai eue aussitôt en tête lorsque Marie a reçu sa convocation au bac : écrits au lycée de Saint-Germain-en-Laye (un seul centre d'examen par département), oral de contrôle à Brie-Comte-Robert (un seul centre par région). « Quoi, mais si loin ? » Marie s'était indignée : « Mais enfin, Maman, c'est l'oral de rattrapage, tu ne crois quand même pas que je devrai le passer ! »

N'empêche que cette fois-ci, pour le BTS, si les écrits se sont passés dans son école (on ne perd pas à tous les coups au petit jeu des centres d'examen tournants), il lui fallait bien se rendre à Brie-Comte-Robert pour la soutenance de dossier. Et la convocation était à 7h30 (pour un passage dans la journée). À deux heures de route (en moyenne, en région parisienne, on ne sait jamais combien de temps prévoir pour 45 km). Nous avons donc réservé une chambre d'hôtel (tandis que Paul, convoqué à Noisy-le-Grand pour ses examens terminaux, dormait dans son hôtel à lui), et pris la route en fin de journée.

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(vue de notre chambre, directement sur la nationale)

La nuit n'a pas été très reposante pour moi (entre les clients qui rentrent après minuit en parlant fort et ceux qui se lèvent à 5h, sans faire de bruit mais le moindre pas dans le couloir faisait résonner le mur contre mon lit), mais Marie a bien dormi, c'est l'essentiel. 6h : debout, douche (en essayant de ne pas inonder la chambre), petit-déjeuner pique-nique (trop tôt pour celui de l'hôtel) et départ pour le lycée agricole. 7h15, je dépose Marie auprès de ses camarades et je vais me garer plus loin. 7h30, SMS « Tu ne vas pas trop attendre, je suis la première à passer ».

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Je vais dire bonjour aux bœufs (Pas de doute, c'est un lycée agricole, pas horticole !), puis je prends mon livre. 8h : « les oraux commencent à 9h ». OK, j'ai le temps de chercher un café et visiter la ville. Je repère rapidement l'église et le château, trouve une place, passe par le marché.

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L'église me laisse perplexe, tant son architecture appartient à des époques diverses ! Ces colonnes classiques, ces bas-reliefs… et je ne serais pas étonnée que Viollet-le-Duc soit passé par-là, ces gargouilles sont bien trop imposantes pour être authentiques ! 

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Le château… est fermé et j'en fais le tour en 6 minutes. Bon. Je prends un café au comptoir, il est 9h, le temps de retourner au lycée et Marie devrait être sortie. J'attends, je lis. Dans les voitures qui m'entourent, des parents font la sieste. 

Visiblement, il y a eu du retard, peut-être des soucis informatiques ? (Marie avait pris sa présentation sur 2 clés USB et emporté son ordinateur, par précaution). Elle est sortie à 10h30 : un membre du jury n'est pas venu, l'ordinateur de la salle a refusé de s'allumer, le vidéo-projecteur n'avait pas la prise adaptée au portable de Marie, elle a finalement commencé sa présentation avec son portable, puis a été interrompue par le technicien qui venait changer l'ordinateur de la salle — nouvel essai, ça ne fonctionne pas — puis repris son exposé, puis nouvelle interruption quand le technicien revient et réussit cette fois à faire fonctionner le vidéo-projecteur (tout ceci a été dûment notifié sur le procès-verbal)… passer la première n'est pas un avantage, finalement ! Enfin, j'étais bien contente de ne pas avoir à l'attendre toute la journée ; à notre retour à la maison, nous avions l'impression d'être parties depuis plusieurs jours (et nous n'avons même pas rapporté de Brie !)

 

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16 juin 2018

Tenue chic

Paul avait comme projet, avec son cousin, de se rendre aux Geek Faeries. Pour cela, il m'avait demandé de lui coudre un gilet noir et… il s'est laissé pousser les cheveux (pourquoi ? Je l'ignore, je n'en sais pas plus sur son "personnage"). Sa tignasse devenant de plus en plus hirsute, j'ai insisté pour couper un peu. Non. Pas avant le 3 juin. Sauf que, le 2, notre jolie nièce a fait sa première communion. Impossible donc pour Paul et son cousin (le frère de la communiante) de se rendre en Touraine. J'ai obtenu la promesse de jouer à la coiffeuse dès que sa tenue serait terminée et qu'il aurait fait des photos. C'est vous dire ma motivation pour coudre ce gilet, malgré mon emploi du temps chargé débordant.

J'ai trouvé un patron gratuit en ligne, Paul a choisi un tissu (dont je ne connais pas le nom, une sorte de jersey côtelé très épais qui doit servir pour des pantalons de cheval ?) qui attendait dans l'une de mes caisses de tissus et je me suis lancée… en inversant les deux dos du patron (j'aurais dû prendre la doublure). Je m'en suis aperçue après avoir soigneusement cousu les pinces et assemblé les dos extérieur et doublure (forcément, ça ne se raccordait pas du tout aux épaules). Heureusement, j'avais largement assez de tissu, j'ai donc recoupé les dos et les doublures, refait les pinces, assemblé le tout selon une méthode personnelle qui ne laisse aucune couture apparente, surpiqué…

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…avant de découvrir que le tissu (pourtant épais, de bonne tenue et très peu extensible) s'était légèrement détendu, juste assez pour faire des poches disgracieuses sous les bras et un bas gondolant. Un peu désespérée, j'ai décousu puis… terminé mon livre. Enfin, j'ai entoilé tout le bas du gilet, recoupé un peu le jersey, recousu, retourné, vérifié les longueurs avant de surpiquer le tour, puis les coutures de côté.

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Paul a choisi dans mon tiroir de très beaux boutons, un peu grands, mais travaillés, tout à fait dans le style steampunk qu'il recherche. Ils venaient d'un manteau que j'ai porté autrefois, dans mon adolescence.

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Et pour parfaire la tenue, un nœud papillon pour lequel j'ai utilisé le tuto de Barnabé aime le café, en le simplifiant (un seul nœud, sans la doublure, juste entoilé)

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Il a cousu là-dessus ses engrenages favoris. Il doit porter sa tenue pour sa soirée de fin d'école et un anniversaire. Vivement la fin ! (que je puisse lui couper les cheveux et qu'il se taille la barbe)

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Et en attendant, c'est la fête de la placette, ja vais rejoindre mes voisins, qui commencent à installer des tables, avec ma tarte tatin au fenouil (on fait avec le contenu du panier… l'an dernier, le risotto aux navets caramélisés ne tentait personne mais il n'en est pas resté une miette)

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14 juin 2018

Deux mois et demi… 26 ans et demi

Deux mois et demi en apnée, sous la vague. Ça avait commencé début octobre « Tu vas avoir un gros livre à mettre en pages, il faudra faire vite avec une mise en pages sommaire, c'est un livre de mélanges en hommage à J. pour sa retraite ».

J., c'est celui qui m'a recrutée pour une vacation, il y a un peu plus de 26 ans, j'étais jeune étudiante et timide, c'était l'institution où je n'aurais même pas osé rêver travailler un jour et voilà, j'y étais. Six mois de saisie dans la base de données, puis quatre mois de CDD pour préparer la partition d'un opéra qui serait monté l'hiver suivant. Et puis un CDI, toujours pour la base de données et les partitions, et un peu après, la proposition de J. : nous allons publier un livre, j'aime bien ce que tu fais pour les partitions, tu peux me proposer des maquettes ?

Je me suis auto-formée au logiciel de mise en pages, nous avons cherché, modifié, corrigé cette maquette et ce livre… Enceinte de Paul, j'ai dû m'arrêter tôt pour menace d'accouchement prématuré, nous en étions à la dernière épreuve. On m'a installé l'ordinateur dans ma chambre et J. est venu travailler avec moi, qui étais allongée sur le canapé. Finalement, nous avons jugé préférable de reporter la publication, Paul est né, je suis venue travailler quelques heures par jour avec mon tout-petit, notre premier livre est sorti.

Il a été suivi de beaucoup d'autres, j'ai cessé de paniquer lorsque J. entrait dans mon bureau avec des épreuves couvertes de rouge en me disant « Il n'y a pas grand-chose », nous avons changé maintes fois d'éditeur (mais les deux premiers, "à l'ancienne", m'ont initiée aux secrets de la belle typographie), j'ai apris à dire "non" aux mille idées fantaisistes de J. (qui a compris que je pouvais revenir ensuite sur mon refus, une fois réfléchi aux solutions techniques pour insérer des filets, des bords gris aux pages, pourvu qu'il motive sa demande), nous avons réalisé des monographies, des catalogues des programmes de concerts, des actes de colloques, travaillé sur des textes en français, latin, anglais, italien, allemand, grec ancien, espagnol (et renoncé au japonais), certains livrés ont été montés en six mois, deux ans, dix-sept ans (celui-ci, je l'attends encore, il est entre les mains de l'éditeur depuis décembre). J'ai changé quatre fois de bureau, trois fois d'ordinateur, j'ai connu les épreuves sur films, les ozalids, les vérifications sur serveur puis les pdf ; les disquettes souples 5 pouces 1/4, les 3 pouces, le sy-quest, les disques optiques, les zip, les CD-rom ; les ektachromes et tirages sur papier, les catalogues de bilbiothèque sur fiches bristol, les commandes par courrier, les coursiers, puis l'informatique a évolué, j'ai eu un scanner, que je n'ai plus, puis depuis l'ère d'internet, les clichés numériques que l'on commande et reçoit en quelques clics (… ou en quelques mois, tout dépend de la bonne volonté de l'interlocuteur à l'autre bout).

Mais toute aventure, aussi belle qu'elle soit, prend fin un jour. L'an dernier, j'ai mis en pages mon premier livre sans J. et j'ai mesuré alors tout le travail qu'il faisait en amont : relire le texte de l'auteur, le corriger, normaliser les citations, les appels de notes, la ponctuation, la bilbiographie. Tout cela, je sais le faire, mais ça prend du temps (et encore, il y a désormais internet : les premières années, il fallait se rendre en bibliothèque pour les recherches et vérifications). J'ai eu heureusement affaire à un auteur charmant et réactif (car un livre en anglais sur la cour de Suède, écrit par un italo-suédois avec maintes citations en allemand, ça n'était pas gagné — mes collègues chargées des commandes de photos auprès des musées suédois s'en souviendront longtemps)

Bref, en octobre, mon livre suédois presque terminé, je m'apprêtais à recevoir la soixantaine d'articles des Mélanges. Octobre est passé, puis novembre… les relecteurs n'avaient pas terminé, l'éditeur tardait à m'envoyer des consignes de maquette. En décembre, j'ai bouclé un catalogue commencé en 2001 (l'auteur, canadien, n'y travaillait que lors de ses vacances en France). En janvier, j'ai reçu un premier lot d'articles (pour le faire patienter) que j'ai relus et mis aux normes de notre éditeur. Et puis ce dernier s'est vu remercier par sa maison-mère… et notre contrat, comme celui de Monsieur De Mesmaeker, n'était pas signé !

Nous voilà donc sans maquette, sans éditeur, avec une vingtaine de textes sur soixante. Les responsables éditoriaux ont contacté leur réseau et un nouvel éditeur a été trouvé, j'ai envoyé mes textes sommairement présentés, pour donner une idée du volume final (bien éloignée, l'idée, mais je ne le savais pas encore), j'ai proposé de continuer la mise en pages pour alléger le planning de l'éditeur (et accessoirement, m'éviter une période de chômage technique et la frustration de voir ce dernier volume m'échapper) et le 21 mars, nous avons établi un calendrier serré (et intenable, je le savais déjà) pour une sortie le 21 juin.

Fin mars, j'ai remis aux normes les textes (assez éloignées de mes habitudes, les normes), établi la maquette, les feuilles de styles et commencé à traiter les 23 textes. Mi-avril, j'en ai reçu de nouveaux, mais il m'en manquait beaucoup trop, j'ai pris le train une heure plus tôt le matin, une heure plus tard le soir. Fin avril, j'avais mis en pages une bonne quarantaine de textes, il m'en manquait toujours 9. Début mai, j'ai commencé à travailler les mercredis et jours fériés. La "grève perlée" SNCF ne m'a pas vraiment aidée. Le 16, nous avons reçu le dernier article (long et compliqué, pour ne rien arranger). La remise des fichiers à l'imprimeur était prévue le 30.

Pour corser un peu la chose, J. (qui travaille essentiellement chez lui ou en bibliothèques), a son bureau juste à côté du mien. Et comme 26 ans de collaboration ne s'effacent pas en un jour, il commence par venir me voir, à son arrivée. Et rien ne lui échappe : une feuille qui déborde, avec un nom « Oh, tu travailles pour M. ? Mais pourquoi ? » «Tiens, tu as cette partition ? ». J'ai eu des sueurs froides devant des fenêtres qui refusaient de se fermer lorsque j'entendais son pas dans le couloir. J'ai établi un réseau de guetteurs qui me passaient un coup de fil à son passage, afin que je range tous mes papiers, j'ai trouvé des prétextes de travaux inopinés et urgents (bien réels, mais terminés depuis quelque temps) qui m'empêchaient de me lancer à fond dans son futur projet, mais lorsqu'il était là, pas loin, mes épaules se crispaient, je guettais le moindre grincement de sa chaise.

Le 30 mai (date initialement fixée pour l'envoi à l'imprimeur), nous étions encore loin du compte : il m'a fallu faire de grandes modifications pour gagner quelques pages (parce que dépasser les 800 pages n'était pas envisageable), un musée italien nous a envoyé la photo d'u mauvais tableau, il nous manquait les légendes de certaines images. Et puis de grandes coupes avaient été effectuées, sans prévenir les auteurs… (d'un autre côté, certains n'avaient pas lu la consigne d'une dizaine de pages et trois images, ni respecté le délai, mais ce sont ceux qui ont le plus râlé et négocié). L'imprimeur a dit « le 6 à midi, au plus tard ». Je prenais désormais mon petit déjeuner au bureau, je ne me levais plus de ma chaise le midi et Paul se chargeait de préparer le dîner. J'ai travaillé tout le dimanche.

Le 5, je commençais à intégrer les corrections des auteurs et j'ai reçu, de ma responsable éditoriale, 400 pages avec des normalisations d'accents et de majuscules dans les citations : une trentaine par pages, faites le compte. J'ai opposé un refus ferme : il me fallait trois jours pour cela, c'était impossible, je venais de recevoir les images (travaillées par un photograveur) que je devais nettoyer et recadrer, certains auteurs avaient demandé des modifications importantes, je n'avais encore reçu ni la blbliographie, ni les index… je suis restée assise à mon bureau jusqu'à 21h30 (petit-déjeuner, déjeuner et dîner sans lâcher ma souris), heureusement que le bâtiment est sous alarme la nuit : je ne pouvais pas y rester dormir !

Mercredi 6, je reçois régulièrement des fichiers avec 200, 400, 500 corrections, que je coche une à une après les avoir intégrées. Jeudi 7, plus le temps de m'envoyer des fichiers, on travaille par téléphone (fixe et mobile : parfois les deux sonnent en même temps). 14h, je suis en pleine panique, j'ai des papiers partout, plusieurs logiciels ouverts, un collègue m'appelle « Alerte rouge, J. Arrive ! ». Mon cri de désespoir l'a impressionné. J'ai très vite prévenu mes deux interlocutrices : plus de téléphone. Mais l'imprimeur nous avait fixé 13h comme dernier délai, comment allons-nous faire ? Et comment justifier ma présence après 16h ? Eh bien, en laissant croire à J. que je suis partie : ma collègue sort du bureau, ferme la porte à clé, et je travaille le plus silencieusement possible, en chuchotant au téléphone et en guettant les bruits dans le bureau voisin (pourvu qu'il ne lui vienne pas à l'idée de venir consulter un livre chez nous, il a la clé !). Je communique avec mes collègues de l'étage par SMS. 18h45, soulagée, j'entends la porte voisine se fermer à clé. Bon, il est parti, je peux rouvrir ma porte (je crevais de chaud), revoir quelques détails, finaliser le pdf, vérifier que les pages sont dans le bon ordre (nous avons eu des problèmes techniques inédits), envoyer le fichier, ouf !

Le lendemain et le week-end suivant, j'étais complètement à plat, plus d'adrénaline.

Et lundi… quand on ferme la porte, elle reviennent par la fenêtre… « Tu vas avoir un peu de corrections à faire » « Oui, je m'attendais forcément à refaire 2 ou 3 pages » « Mais c'est un peu plus que ça, au moins une cinquantaine »

Plus de 850 corrections, arrivées par vagues : ces normalisations me semblent absurdes, mais je n'ai pas le choix. J'ai l'impression, désespérante, que ça ne s'arrêtera jamais. Je suis en colère, encore plus quand ma voisine de bureau s'aperçoit que l'un des auteurs a annoncé la publication (tenue secrète) de ce livre sur un site de bibliographie. Je l'appelle et lui laisse un message pour qu'il efface sa fiche.

Mardi 12 : plus aucun train ne circule dans notre gare. Paul prend la voiture pour conduire Marie. Je sens que les bus vont être bondés… je décide de faire les 10 km à vélo et arrive en nage. Encore 250 changements, les derniers, c'est promis. Et c'est fini, vraiment ! Trois pages renvoyées dans l'après-midi, une semaine de vacances pour moi, une semaine de travail intense pour l'imprimeur (chacun son tour…), un beau livre relié (je l'espère) le 21 juin. 

Merci à Paul d'avoir pris le relais de la cuisine et de courses pendant ces deux semaines où il était justement en révisions, merci à mon mari d'avoir supporté ce rythme intense, mes absences impromptues, mes soupirs, merci à mes collègues d'avoir supporté mes râleries, mes crises de panique, de m'avoir apporté des cafés, du chocolat, d'avoir joué le jeu de la chaîne d'alerte, merci à mon corps de ne pas m'avoir trahie : je suis surprise de n'avoir souffert d'aucune migraine, ni tendinite, ni lumbago… et merci à ma généraliste de m'avoir prescrit quelques séances de kiné pour détendre mes trapèzes*, je commence dès aujourd'hui !

 

 

* accessoirement, une IRM a révélé un pincement entre deux vertèbres cervicales, merci l'arthrose héréditaire et les années de violon… ce n'est donc pas "juste la tension due au stress"

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11 juin 2018

10 du 10 : c'est dimanche, alors…

Le mois dernier, je n'ai pas eu le temps de prendre mes 10 photos (trop de travail, malgré le jour férié). Ce mois-ci, J’habite à Waterford nous laisse quartier libre : « La tête ailleurs, les amis...  Le 10 tombe un dimanche, ouf. Simple ? que non. Qu'importe! »

Eh bien ce matin, j'ai tout bonnement oublié que nous étions le 10 ! La semaine a été épuisante, notre samedi n'a pas été non plus de tout repos, nous avions un bal hier soir et dès le réveil (je rêvais que nous avions dormi jusqu'à 13h alors que nous étions invités à midi !), je me suis mise en cuisine pour préparer des antipasti (que j'aurais pu photographier), nous sommes partis à vélo pour un repas italien entre amis (là encore, de jolis plats qui auraient été très présentables en photo) et ce n'est qu'en voyant Aurore remplir sa fiche d'inscription en première que j'ai réalisé que nous étions le 10 !

Mais le jardin m'a fourni quelques couleurs pour illuminer ce dimanche un peu orageux :

Les roses trémières étaient encore tout en boutons hier

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Les fraises sont plutôt abondantes cette année, mais pas du tout sucrées

10 juin - 2

Au-dessus, le géranium bleu explose

10 juin - 3

L'églantier apporte une touche de couleur vive au fond du jardin

10 juin - 4

Je récolte chaque jour un bol de framboises (que je dois disputer aux escargots)

10 juin - 5

 en attendant les laitues (qui ont survécu aux attaques de limaces)

10 juin - 6

et les groseilles que les oiseaux n'attaquent pas encore

10 juin - 8

Mes pétunias Cascada Rim magenta ont bien profité

10 juin - 7

et le petit pot de menthe, ravagé par les limaces, reprend peu à peu vie depuis que je l'ai mis en hauteur

10 juin - 9

Voilà tout ce qui reste des centaines de plants achetés par les Spuntini, leur vente a bien fonctionné ! (on croise les doigts pour la subvention JSI, réponse dans quelques jours)

10 juin - 10

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