Le challenge de Noël me donne l'occasion de lire des livres un peu plus légers que ceux dont j'ai l'habitude. Depuis que j'ai acheté ma liseuse (dans le but premier de lire tous les Rougon-Macquart sans trimballer un livre de près d'1 kg dans mon sac), j'ai cessé de lire des livres "papier" dans le train ou au lit (la liseuse qui se tient d'une seule main est plus pratique). Cela a modifié aussi mes lectures, puisque je me suis focalisée sur des œuvres complètes de littérature : après Zola, il y a eu Dostoëvski, puis Alexandre Dumas, Barbey d'Aurevilly, Victor Hugo, Maupassant, avec des incursions chez Racine ou Beaumarchais. Actuellement, je suis dans la Comédie Humaine de Balzac. Cet été, j'ai tenté de lire La recherche du temps perdu que j'avais abandonné à trois reprises dans le passé et le premier tome est passé comme une lettre à la poste ! Mais de temps en temps, une petite lecture Feel good ne fait pas de mal. Et puis quelques auteurs contemporains me passent aussi par les mains (Fred Vargas, Maylis de Kérangal, Gaël Faye, Delphine de Vigan).

Je n'avais pas lu la série de La Petite boulangerie, donc avant d'attaquer la lecture de Noël, j'ai lu le second tome que j'avais trouvé d'occasion et réservé le premier à la médiathèque (mon libraire ayant cherché en vain dans le magasin ses deux exemplaires disponibles…). j'ai beaucoup aimé Une saison à la petite boulangerie, même si les personnages sont assez caricaturaux (les méchants très très méchants). Et puis le tome 1 est arrivé, mais j'ai tout de même commencé par lire, en trois jours, Noël à la petite boulangerie. Le roman est plein de péripéties, c'est une lecture qui tient en haleine. Contrairement aux critiques que j'ai pu lire ici ou là, l'histoire n'est pas du tout centrée sur Reuben et Kerensa, mais ce qu'ils vivent renvoie Polly à ses propres angoisses et surtout à son enfance, marquée par l'absence de son père, un père qu'elle n'a jamais connu (ignorant même son nom) et qui tout à coup surgit dans sa vie, à l'un des pires moments. Comme je m'y attendais, le roman se conclut sur une Happy end, totalement féérique et inattendue.

Noël à la petite boulangerie par Colgan

Enfin, j'ai commencé le tome 1… et le chapitre 5 m'a fait lâcher le livre : « Ce livre, elle le tenait de son père. Lui-même l'avait adoré, enfant, et il le lui avait lu, en lui expliquant les passages qu'elle ne comprenait pas. Un livre tout ce qu'il y avait de plus ordinaire, vieux, pas une pièce de collection et facilement remplaçable, sauf que non, justement, car il s'agissait de l'exemplaire de son père. À sa mort suite à un infarctus, Polly avait vingt ans… »

L'auteur fait n'importe quoi avec son personnage (quand on écrit une saga, on fait des petites fiches biographiques sur ses personnages, on prend soin de faire concorder les dates… c'est le B. A. BA de l'écriture *), l'éditeur a publié sans confier le manuscrit à un relecteur, visiblement. La traductrice du tome 3 (oui, il y a eu changement de traductrice, erreur !) n'a pas pris la peine de lire les premiers volumes. Comment peut-on laisser passer une telle énormité au sujet du personnage principal du roman ? Et surtout, pourquoi ai-je l'impression à être la seule à m'en être rendue compte ? Parce que j'ai lu la série en deux semaines ? Eh oui, malgré tout, je suis passée au-delà de ma déception et j'ai continué à lire, parce que Polly est une personne attachante (mais vraiment trop gentille pour être réelle) et que même en sachant la fin de l'histoire, je voulais connaître tous les détails de son déroulement.

(et puis hier soir, nous avons goûté du pain aux épices de Noël, ça m'a mise dans l'ambiance du troisième tome, je vais essayer d'en faire…)

La Petite Boulangerie du bout du mondeUne saison à la petite boulangerie

 

* Bon, je dois avouer que j'ai trouvé une erreur de dates dans La femme de trente ans de Balzac, comme quoi personne n'est parfait !