Je l'ai vue passer sur les blogs des testeuses et je me suis dit que cette jupe devrait résoudre mes problèmes habituels : trop serrées aux hanches, trop larges à la taille = jupes qui me remontent sous les bras. Mais bon, est-ce raisonnable d'acheter un nouveau patron quand j'en ai tant qui n'ont pas encore été cousus ? Et puis il y a eu cette répétition, puis ce bal, où j'ai eu tellement chaud. Les deux jupes noires dans lesquelles je rentre sont pour l'hiver et j'ai le bal renaissance samedi soir ! Et puis je suis certaine d'avoir un coupon de lin noir au fond d'une caisse, je sais même à quoi je le destinais : un pantalon large d'un livre japonais, j'ai porté et reporté la toile mais jamais cousu la version définitive. Cette jupe est annoncée comme trop facile à coudre, seulement cinq pièces ! Allez, je me lance, nous sommes mardi, c'est jouable d'ici samedi (et je pourrais me coudre un haut, aussi — là, c'est mon optimisme sans limite qui prend le dessus).

Comme pour la blouse Barcelona, c'est de la couture express sur un coup de tête. Un patron aussitôt acheté, aussitôt réalisé ! Quoique… ça a commencé par mon ordinateur, qui s'est ligué avec l'imprimante pour une grève du zèle : une minute par page, le patron en fait 35, j'ai réglé leur cas en les faisant travailler pendant le dîner, non mais !

Ensuite, il a fallu assembler les morceaux. Et là, je préfère de loin les patrons à assembler bord à bord, tant pis s'il manque un petit bout des tracés, quand il faut recouper les bord des pages, c'est long et fastidieux, ensuite vient l'épreuve du collage où les feuilles ne se superposent jamais correctement (un quart de millimètre de décalage, multiplié par 7 pages, c'est beaucoup), puis le décalcage. Pour une fois, j'ai bien regardé le tableau des tailles et modifié les empiècements de ceinture : 42 en haut, 44 en bas (soupir). Tant que j'y suis, je copie aussi le patron d'un top (cette fois, pas besoin de recouper les pages, youpi) dont j'ai vu aussi maintes réalisations.

Bon, maintenant, je vais ajuster Lucie à mes mesures, séance assez déprimante car je dois pousser les réglages à leur maximum, mais ça ne devrait durer (n'est-ce pas ?)

Ah, flûte, les marges de couture sont comprises dans le patron de la jupe, je n'aime pas ça car je trouve les marges de 1,5 cm beaucoup trop larges pour mes habitudes couturesques. Je vais devoir recouper un peu les pièces, pour le patron on verra après essayage et retouches éventuelles. Je prends les restes d'un vieux drap, je coupe une ceinture et une mini-jupe, et puis le top aussi. Et puis je m'aperçois qu'emportée dans mon élan, j'ai coupé le haut au ras du patron alors qu'il n'avait pas de marges de couture, lui.

Je couds donc les pièces bord à bord, sur de fines bandes de tissu, après avoir soigneusement réalisé les pinces, descendu la pince de poitrine d'1 cm, un peu creusé les emmanchures (l'expérience). Essayage : désastreux ! Je ne passe pas les hanches, c'est trop long, ça gondole aux emmanchures (je m'en étais un peu doutée en voyant les photos des couseuses), ça tiraille de partout. On oublie ! Je vais revenir à mon cher Datura, plutôt.

20 mai - 1 C'est affreux, non ?

Pour la jupe, je respecte scrupuleusement les marges (qui ne font qu'1 cm, ouf), je pose une fermeture invisible et… parfait ! Rien à reprendre sur moi ; sur Lucie la taille baille un tout petit peu, mais Lucie est un peu raide et pas conciliante du tout.

20 mai - 9

C'est décidé, je me lance ! J'exhume mon coupon de lin, magnifique, très fin (donc transparent, il faudra doubler), un peu brillant et plus stable que ceux que j'avais travaillés jusque-là (il faut dire que je ne l'ai pas lavé, pour une fois), ce qui me facilite grandement la coupe. J'en ai suffisament pour couper une jupe de 70 cm de long et une doublure de 50 cm, c'est parfait. Et j'ai le temps, dans un mercredi habituel (séance de mésothérapie, collage de patrons, course, aquagym, copie de patrons, lessive, coupe du tissu d'essai, repassage, jardinage…) de repasser et couper mon lin, marquer les repères, passer les fils de fronces, enfiler la surjeteuse en noir et faire des essais sur les chutes. Y'a plus qu'à… acheter de l'entoilage noir, mais une nouvelle mercerie (avec une boutique en ligne, très pratique pour savoir que je vais y trouver mon bonheur à des prix raisonnables) vient d'ouvrir près de mon magasin de thés favori, ce sera ma pause déjeuner du jeudi.

Jeudi, après ma journée de travail, une visite à la mercerie-magasin de tissu-atelier (très agréable, j'y retournerai), une séance de kiné et quelques petites choses chronophages, je peux m'asseoir devant mes machines. Le modèle est proposé avec ou sans passepoil. Je pensais faire sans, mais la mercerie avait du passepoil noir irisé. Pour ne pas avoir de sur-épaisseur au niveau de la fermeture invisible, j'ai mis le passepoil uniquement sur le devant.

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Quelques entorses au modèle (et aux explications ) : j'ai choisi une fermeture invisible et donc je ne l'ai pas posée comme prévu. Et surtout, j'ai surpiqué l'empiècement devant avant de poser la fermeture (faire l'inverse me semble inutilement compliqué !).

20 mai - 6  Pas mal, l'alignement, n'est-ce pas ?

L'envers : ma jupe serait presque résersible (oui, le lin, ça se froisse, surtout que je l'ai portée toute une soirée)

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Enfin, une jupe qui ne baille pas à la taille, sans être serrée !

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Bien évidemment, je n'ai pas eu le temps pour le haut !

 

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