C'est Annabelle qui a attiré mon attention sur ce mouvement : un certain nombre de blogueuses (couturières, mais pas que…) ont envie de revenir sur leur blog, délaissé au profit d'Instagram, et de faire revivre la blogosphère des débuts (voir leur appel, tout en bas).

Pour ma part, grâce à une grande inertie technologique, je n'ai pas besoin de ce retour : Instagram, je connais à peine. Si je veux y voir des photos, je demande à mes filles ! Sur mon smartphone, j'ai le strict minimum des applications nécessaires (la mémoire est très vite saturée) et les notifications (que je viens de trouver comment annuler) m'informe que ma moyenne de temps d'écran est de 12 minutes par jour (je préfère de loin le grand écran de l'ordinateur et un clavier sous mes doigts malhabiles). Prendre des photos avec le téléphone ? Ce n'est qu'en dépannage (de toutes façons, la batterie s'épuise trop vite à mon goût).

Mais si ce gang des couturières blogueuses permet de retrouver la convivialité des débuts, je suis pour ! Si j'ai bien compris, il s'agit de publier,  à peu près en même temps, des articles sur un thème commun, et de les commenter. 

Chaque fois que j'ai répondu à un défi de ce genre, j'ai fait de belles rencontres : Annabelle avec les petits défis de Casa, Anne et Loulou, grâce à La vraie vie des blogueuses normales, J'habite à Waterford et Tanette (pas encore dans la vraie vie) avec les 52 mercis, Virginie par le biais d'Anne, et ça continue, avec les 52 photos.
(vous avez remarqué, ce paragraphe est plein de liens ? Quel symbole !)

« Pourquoi je blogue ? »

J'ai beau avoir atteint un âge respectable, je ne suis pas très ancienne dans la blogosphère. Nous avons eu internet à la maison en 2004 seulement, avec l'achat d'un nouvel ordinateur (le précédent datait de 1991). Nous avions l'un et l'autre une messagerie professionnelle qui nous suffisait, pour les quelques contacts indispensables de l'époque. Peu après, nous nous sommes équipés d'un appareil photo numérique, puis d'une imprimante. Et nous avons conservé notre Minitel quelque temps encore. En 2008, je me suis inscrite sur un forum, pour discuter avec quelques couturières. Nous échangions de bonnes adresses, des astuces, des tutoriels, nous nous retrouvions (pour celles qui le pouvaient) à l'Aiguille en fête, nous avons même organisé quelques swaps, des patrons ou chutes de tissus ont circulé par la poste. C'était aussi un moyen redoutable de découvrir les nouveautés : je me suis équipée de livres japonais (chez Pomadour), d'une brodeuse, de revues Ottobre (en allemand ou en anglais), d'une surjeteuse, j'ai un peu voyagé, aussi.

Pour montrer mes petites coutures, je déposais mes photos chez un hébergeur, mais très vite, j'ai atteint la capacité maximale (c'était peu). J'ai changé d'hébergeur, puis je me suis décidée à ouvrir ce blog, il y a 8 ans. En plus de pouvoir partager mes coutures et mes recettes, il m'a permis de faire de nombreuses rencontres, de découvrir l'entraide entre de parfaites inconnues (n'est-ce pas, Lapunaise ?). Et puis c'est devenu aussi un petit journal familial (même mes filles le lisent parfois, ou le montrent à leurs amis !)

 

« Pourquoi je couds ? »

Ah… j'ai toujours cousu, je crois bien. D'abord, il y avait Mamie : dotée d'une solide formation de couturière, elle nous habillait, cousait rideaux, coussins et nappes, habillait mes poupées. Du plus loin que je me souvienne, il y a le bruit de sa machine à coudre (une Singer électrifiée — d'ailleurs je m'étais électrocutée en touchant à la pédale) ou des ciseaux coupant l'étoffe, contre la table en bois. Je jouais avec les chutes de tissu, les boutons, les épingles…

À la maison, nous avions aussi une Singer, mais mécanique : il fallait lancer le volant et actionner la grande pédale en rythme, des deux pieds (plus tard, j'ai joué de l'harmonium, c'était à peu près pareil). Dès l'école primaire (et mes premiers cours de couture à la main), j'ai commencé à me servir de la machine. J'y cousais des déguisements pour ma sœur et moi. Il y avait au Havre quelques magasins de tissus à bas prix. Lorsque Philibert a ouvert face à mon lycée, c'était le bonheur : on y trouvait tout, du coton basique à la toile imperméable, des matières pour le sport, l'ameublement, la bagagerie… et toute la mercerie possible et imaginable.

J'étais en cinquième quand Maman a acheté une machine dernier cri : une Singer électronique, avec une bonne trentaine de points fantaisie. Nous passions du point droit avant-arrière au zig-zag et aux boutonnières ! C'est à ce moment aussi que sont sortis les premiers numéros de Prima, avec chaque mois un patron très simple, des explications en photos (après Burda, quel confort !). Pour Mamie, évidemment, j'étais une hérétique : je ne marquais pas les valeurs de couture, je me contentais d'épingler avant de piquer ! Je n'arrondissais pas mes ourlets (ah, le supplice des longues minutes debout sur la table, à tourner lentement pendant qu'elle posait ses épingles) et je ne les cousais pas à points invisibles à la main ! Mais elle a tout de même consenti à admirer mes travaux, voire me donner quelques coups de main au besoin, plutôt que de me dire « Laisse, je vais le faire, ça ira plus vite et ce sera mieux ». Avec ma robe de mariée, je me suis appliquée : j'ai fait une toile, j'ai marqué les pinces avec un fil de bâti, j'ai cousu mon (grand) ourlet à la main. Il faut dire que j'avais mixé deux patrons de marque différente (je n'avais peur de rien). J'avais une petite Brother, prêtée par ma belle-sœur (elle faisait le zig-zag, mais toujours pas les boutonnières). À la naissance de Marie, j'en ai acheté une plus perfectionnée, que j'ai usée, en quatorze ans de couture intensive, avant de la remplacer par ma machine actuelle. Et comme Mamie n'était plus là pour me donner ses précieux conseils, je me suis équipée du "manuel de la couture pratique" de Burda (c'était avant internet)

Et aujourd'hui, pourquoi je couds ? Parce que je peine souvent à trouver les vêtements que j'aime : les jupes sont trop étroites aux hanches ou trop larges à la taille, les chemisiers sont en synthétique que je ne suppoorte pas, les bretelles ou les manches sont trop longues, les robes trop courtes. Parce que j'aime à offrir des cadeaux faits-main à ceux qui les apprécient. Parce que ça me détend (heu… pas toujours), parce que j'aime terminer un ouvrage, parce que je m'aperçois que je progresse encore après tout ce temps et que ça me fait plaisir, parce qu'il y a tellement de beaux tissus et de jolis patrons que je n'aurai jamais assez de temps pour tout coudre !

 

Voici l'appel du GCB :