Depuis plusieurs années, je recherche un patron de pantalon d'homme correct, c'est-à-dire qui ne découvre pas la moitié des fesses dès que le possesseur se baisse un peu. Lorsque tous les pantalons du commerce, quelle que soit leur marque, ont comencé à baisser leur hauteur de taille, je suis passée à la vitesse supérieuse. J'ai d'abord cousu le patron de Casual wear, pour Paul, sans vérifier les mesures. Je l'ai plutôt bien réussi mais j'avais employé une toile sans élasthanne : Paul a pu le porter un peu, à condition de ne pas s'asseoir… ce qui est un peu gênant ! Il est vite devenu trop petit. J'ai rapidement assemblé une toile, pour Guillaume, et le verdict a été sans appel : pas confortable ! J'avais pourtant, dans un grand élan d'optimisme, acheté un jean couleur taupe assorti au coton de cette chemisette.

Presque trois ans plus tard, à l'aiguille en fête, je me suis laissée tenter par le patron de pantalon des BG, convaincue par Olivier à qui j'avais confié mes problèmes. Dans la foulée, j'ai suivi son conseil d'acheter une gabardine extensible chez Mondial tissus. J'ai tardé à couper et coudre la toile, Monsieur a tardé à l'essayer et a trouvé que ça n'allait pas du tout. Je n'étais pas du tout motivée à tenter des retouches pour un résultat forcément mitigé.

L'automne suivant, ma belle-sœur me dit « Tu devrais aller voir le blog du Vicomte du Bois-joly, elle vient de publier un patron de pantalon taille haute ! ». Un dimanche festif et un retour dans les bouchons plus tard, je recherche le fameux blog sous l'intitulé « Comtesse de Bois-Robert » et ne le trouve pas, évidemment (ah, les facéties de la mémoire !)

Enfin, j'ai admiré ce fameux patron, j'ai lu et relu tous les commentaires, comparé les pantalons des testeuses, tergiversé… (13 mois !) et je l'ai téléchargé. Puis, 3 mois plus tard, j'ai imprimé (le système des calques pour imprimer seulement la taille voulue, avec ou sans marges de couture, est vraiment top !). Je n'ai plus trop traîné pour le décalquer et couper une toile dans une vieille nappe un peu épaisse.

Et au premier essayage… miracle ! Il allait parfaitement, passant sans problème le test « je m'accroupis, puis je me baisse pour ramasser un papier par terre », sans la moindre élasticité pourtant. J'avais toujours mon métrage de gabardine bleu marine, la couture définitive n'a donc pas traîné. Surtout qu'entre-temps, il y a eu commande, puis renvoi d'un jean (c'est de pire en pire, ces coupes du commerce !). Bon, j'y ai tout de même passé presque trois semaines, lisant et relisant les explications et tutoriels pour coudre correctement les poches, la braguette, les passants.

J'ai cousu la version B (la plus simple), en ajoutant des poches plaques au dos, copiées sur un jean.

7 février - 1

Petit moment de solitude quand, vérifiant "comment c'était monté", j'ai cru avoir cousu la braguette du mauvais côté : il n'y a plus que chez Armor Lux que l'on trouve cette différence homme/femme ?

7 février - 27 février - 5

Pour l'intérieur de la ceinture, j'ai choisi un coton fin, de peur d'avoir trop d'épaisseurs. Comme pour les intérieurs de poches, j'ai choisi deux beaux cotons à chemises envoyées par les copines pour mon Dear Jane (du coup, je n'avais pas de quoi faire tout dans le même tissu)

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Au début, le pantalon tombait un peu, car il a fallu refaire un trou dans la ceinture en cuir, forcément : taille plus haute rime avec tour de taille plus petit (du mois quand le porteur n'est pas trop ventripotent)

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 (je n'ai qu'une photo, les autres sont trop moches, la faute au bleu marine foncé et au temps gris)

 Le pantalon a passé le test d'une semaine au boulot (enfin, trois jours, vu que le train-pour-aller-au-bureau est, depuis mercredi, hors service pendant 18 jours, suite à un effondrement de talus) (oh non, ma semaine de vacances-couture-bricolage-rangement est menacée !)

Avec des week-ends un peu moins chargés et si je ne tarde pas trop à m'y remettre, je pourrai peut-être coudre plus rapidement celui prévu en septembre 2015.