Canalblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
attraper le temps qui file…
Publicité
Newsletter
Albums Photos
3 juin 2026

50 nuances de littérature #5

Après le tour du monde (qui n'est peut-être par terminé…), j'entreprends de visiter, par mes lectures, chacun des États-Unis d'Amérique. En mai, grâce aux ponts et à mon voyage à Lyon, j'ai beaucoup lu : 7 livres (plus un écouté en faisant du ménage, entre autres, mais j'arrive hélas bientôt au bout du tout petit catalogue audio de ma médiathèque) – pour un total de 2705 pages, et j'ai visité 6 nouveaux états, ce qui porte les états visités à 22.

Californie
Leila Mottley, Arpenter la nuit.

Kiara, dix-sept ans, et son frère aîné Marcus vivotent dans un immeuble d’East Oakland. Livrés à eux-mêmes, ils ont vu leur famille fracturée par la mort et par la prison. Si Marcus rêve de faire carrière dans le rap, sa sœur se démène pour trouver du travail et payer le loyer. Mais les dettes s’accumulent et l’expulsion approche. Un soir, ce qui commence comme un malentendu avec un inconnu devient aux yeux de Kiara le seul moyen de s’en sortir. Elle décide de vendre son corps, d’arpenter la nuit. Rien ne l’a pourtant préparée à la violence de cet univers, et surtout pas la banale arrestation qui va la précipiter dans un enfer qu’elle n’aurait jamais imaginé.
Malgré la gravité du sujet, ce livre, écrit par une jeune femme de l'âge de l'héroïne, ne tombe pas dans le sordide : Kiara est encore capable d'aimer et d'apprécier les petits bonheurs de la vie. La relation qu'elle crée avec son petit voisin de neuf ans, abandonné par sa mère toxicomane, illumine tout le roman, ainsi que sa très forte amitié (voire plus) avec sa complice de toujours, Alé. On reste cependant sous le choc d'une telle injustice (l'autrice s'est inspirée d'une véritable affaire qui a secoué la société d'Oakland), mais également admiratif de la finesse d'analyse et de la beauté de la langue de Leila Mottley : vivement son deuxième roman ! 

« Je regarde la voiture et sa clique s'éloigner.
— Hey, t'es une des filles de Demond ? me demande l'un des types qui fument des cigares sur les marches.
— Non, je suis là pour voir Camila, je réponds en m'approchant.
La peur ne fait rien d'autre que nous peindre le cou en rouge, leur montrant à eux tous à quel point ce serait facile de nous déchirer en deux. »

« Alé lui fait signe de s'approcher et il se précipite droit sur nous. Je n'ai pas souvenir de l'avoir vu retirer son T-shirt mais il ne le porte plus, et quand je vois son torse j'ai envie de l'enlacer et de câliner son corps en pleine croissance et tout le reste. Ce gamin est un miracle. C'est ma pluie d'automne. La dernière image que j'ai du soleil avant qu'il se couche. Les journées seraient impossibles sans Trevor. Même pas sûre que le soleil se lèverait sans lui. »

« Le plus souvent, je me dis que je ne crois en rien, sauf que la façon dont la nuit met des couleurs sur tout me donne envie de croire. Pas à l'au-delà, ni au paradis, ni à aucune de ces conneries. Ça, c'est juste des trucs qui nous font sentir mieux par rapport à la mort et moi je n'ai aucune raison de craindre la mort. Je crois simplement que les étoiles pourraient s'aligner et atteindre un autre monde. Pas la peine que ce soit un monde meilleur parce que ça, ça n'existe sûrement pas. Je pense que c'est autre chose, un quelque part où les gens marchent un peu différemment. Si ça se trouve, ils parlent par vibrations. Ou alors ils ont tous le même visage, ou pas de visage du tout. Quand j'ai le temps de fixer le ciel, j'imagine avoir assez de chance pour apercevoir ce quelque chose. Mais je finis toujours par être ramenée sur cette planète. »

 

Maryland
Barbara Kingsolver, L'arbre aux haricots.

J'avais lu le deuxième tome il y a des années, sans remarquer qu'ils s'agissait d'une série. J'en avais gardé le souvenir d'une histoire attachante et j'ai beaucoup aimé ce début.

Taylor Greer n'a pas l'intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles commencent à faire des bébés avant d'apprendre leurs tables de multiplication. Dès qu'elle amassé assez d'argent, elle quitte la région au volant d'une vieille coccinelle, décidée à rouler vers l'Ouest jusqu'à ce que sa voiture rende l'âme. Mais dans le désert de l'Oklahoma, en plein territoire Cheyenne, une femme dépose une couverture sur son siège passager : elle enveloppe une toute petite fille. Le soir venu, en lui donnant un bain, Taylor découvre des traces de coups (et bien pire) sur ses membres et décide de la garder avec elle.
Son périple s'interrompt à Tucson, dans l'Arizona : elle y rencontre des femmes généreuses qui font face avec courage à des situations précaires et à des lois inhumaines. Avec beaucoup d'amour, d'énergie et une bonne dose d'humour, elles construisent une famille peu ordinaire.

« Le plus étonnant c'est le besoin qu'avait cet enfant de se cramponner à quelque chose. Dès l'instant où je l'ai arraché à son nid de laine, il s'est agrippé à moi avec ses petites mains comme une racine qui cherche l'humidité dans le désert. Je crois qu'il aurait été plus facile de me séparer de mes cheveux. »

« C’est difficile à expliquer, mais il y a des horreurs qui se situent au delà des larmes. Pleurer, ce serait comme se faire du souci parce que les meubles vont être tachés quand la maison est en flammes. »

« Tu sais ce qui me tue ? lui ai-je demandé. C'est que les gens vous traitent d'illégaux. Ça me met hors de moi, je sais pas comment vous pouvez le supporter. Un être humain peut être bon ou mauvais, il peut avoir raison ou tort, j'imagine. Mais comment est-ce qu'on peut dire de quelqu'un qu'il est illégal ? 
— Je ne sais pas. C'est à toi de me le dire.
— On peut pas. Un point c'est tout. »

 

Caroline du Sud
Ron Rash, Le monde à l'endroit.

Travis Shelton, 17 ans, découvre un champ de cannabis en allant pêcher la truite au pied de Divide Mountain, dans les Appalaches. C'est un jeu d'enfant d'embarquer quelques plants sur son pick-up. Trois récoltes plus tard, Travis est surpris par le propriétaire, Toomey, qui lui sectionne le tendon d'Achille, histoire de lui donner une leçon. 
Mais ce ne sera pas la seule de cet été-là : en conflit ouvert avec son père, cultivateur de tabac intransigeant, Travis trouve refuge dans le mobile home de Leonard, un prof déchu devenu dealer. L'occasion pour lui de découvrir les lourds secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel depuis un massacre perpétré pendant la guerre de Sécession. Confronté aux ombres troubles du passé, Travis devra également affronter les épreuves du présent. Le père, Toomey, Leonard, trois figures qui incarnent chacune une forme d'autorité masculine, vont tragiquement façonner son passage à l'âge d'homme.

« Le soleil poursuivit sa lente ascension au-dessus des montagnes à l'est. Pendant quelques minutes Leonard regarda la lumière glisser sur le pré, une large vague brillante qui allumait des étincelles dans l'herbe givrée. Il avait toujours aimé cette époque de l'année, le monde semblait se dépouiller de sa vieille peau à la façon d'un serpent, tout était originel et coloré, animé d'une pulsation plus forte. Pas seulement ce que voyaient vos yeux mais aussi le son métallique d'une cloche de vache, l'odeur de la fumée de bois, le contact du fer glacé d'une barrière à bestiaux. Le paysage tel un destin, mais aussi la beauté dans ce paysage. »

« “Tu sais qu'un lieu est hanté quand il te paraît plus réel que toi.” Dès que Leonard eut prononcé ces mots, Travis sut que c'était ce qu'il éprouvait, pas seulement à l'instant, mais pendant toutes ces années quand en labourant il déterrait des pointes de flèches. Lorsqu'il frottait les couches de terre pour les faire tomber, il avait toujours eu l'impression désagréable que les pointes de flèches étaient vivantes, comme les trichoptères dans leur épais fourreau. Il avait tenté de comprendre l'idée que le temps passait moins vite qu'il ne se déposait sur les choses en couches successives, comme si sous la surface du monde le passé continuait à se dérouler. »

 

Colorado
Kent Haruf, Nos âmes la nuit.

Addie, 75 ans, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf: voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure… Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d’amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d’encouragement. Mais voilà, bientôt, les enfants d’Addie et de Louis s’en mêlent, par égoïsme et surtout par peur du qu’en-dira-t-on.
Un joli petit roman qui parle d'amitié, de solitude, de vieillesse qui n'empêche pas de faire des projets, mais aussi de tolérance (ou pas) et de chantage aux sentiments. 
J'ai très envie, maintenant, de voir le film avec Robert Redford et Jane Fonda !
Et comme les critiques sont très partagées au sujet de ce livre, je pense que je vais en lire un autre du même auteur. 

« Holly vient pour le week-end du Memorial Day. Je crois qu’elle veut me botter les fesses. — Comment cela ? — Je crois qu’elle a eu vent de notre histoire. Je crois qu’elle veut que je me tienne bien. — Et vous en pensez quoi ? — De bien me tenir ? Mais je me tiens bien. Je fais ce dont j’ai envie et ça ne fait de mal à personne. J’espère d’ailleurs que c’est vrai pour vous aussi. — Ça l’est. »

« Allongés l’un à côté de l’autre, ils écoutaient la pluie. — On dirait que, comme pour moi, la vie n’a pas très bien tourné pour toi, en tout cas pas comme on l’espérait, dit-il. Sauf qu’elle me parait douce aujourd'hui, en cet instant. Plus douce que je ne mérite, en tout état de cause. — Oh mais si, tu mérites d’être heureux. Tu ne le crois pas ? »

Kent Haruf, Le chant des plaines.

L'auteur nous entraîne au coeur de cette Amérique profonde que l'on ne connaît pas assez. Nous sommes dans un bled perdu du Colorado : dans le bruissement des éoliennes et le piétinement des troupeaux, des destins se croisent. Une lycéenne demi-indienne de dix-sept ans, enceinte d'un garçon parti sans laisser d'adresse, est jetée à la rue par sa mère. Un prof du lycée du coin tente de s'en sortir avec deux gamins sur les bras après la fuite de sa femme dépressive. Ce petit monde se retrouve bientôt dans la ferme des McPheron, deux vieux célibataires bourrus mais généreux et profondément humains.
J'ai dévoré ce roman en quelques jours, puis découvert que j'avais, un peu par hasard, emprunté la suite !

« Ils étaient sidérés. Ils la dévisagèrent, la considérant comme si elle pouvait être dangereuse. Puis ils examinèrent les paumes de leurs épaisses mains calleuses étalées devant eux sur la table de la cuisine et, enfin, ils regardèrent par la fenêtre vers les vieux ormes dénudés.
— Oh, je sais que ça a l'air fou, dit-elle. Je suppose que ça l'est. Je n'en sais rien. Je m'en fiche, en fait. Mais cette fille a besoin de quelqu'un et je suis prête à prendre des mesures désespérées. Elle a besoin d'une maison pendant ces quelques mois. Et vous, elle leur sourit, espèces de vieux croûtons solitaires, vous avez besoin de quelqu'un aussi. Quelqu'un ou quelque chose d'autre qu'une vieille vache rousse à soigner ou pour qui vous inquiéter. C'est trop isolé par ici. Regardez-vous. Vous allez mourir un jour sans avoir eu assez d'ennuis dans la vie. Pas dans le bon sens, en tout cas. C'est une chance pour vous.
Les frères McPheron s'agitaient sur leurs chaises. Ils la regardaient d'un air soupçonneux.
— Eh bien ? demanda-t-elle. Qu'en pensez-vous ? 
Ils ne dirent rien.
Elle éclata de rire. — Je crois que je vous ai coupé le sifflet. Vous y réfléchirez, au moins ?
— Bon dieu, Maggie, dit enfin Harold. Revenons à l'argent. Ça serait beaucoup plus facile de parler argent.
— Oui, effectivement. Mais ce serait nettement moins drôle.
— Drôle. En voilà un joli mot pour ce dont vous parlez. C'est plutôt catastrophe ou déroute que vous devriez employer, doux Jésus.
— D'accord, dit-elle, j'ai essayé. »

« Et ainsi, les deux frères McPheron se mirent à discuter bétail, abattoir et bouvillons de choix, génisses et veaux de lait, expliquant tout cela aussi, et entre eux trois, ils discutèrent à fond de toutes ces choses, jusque tard dans la soirée. Parlant. Conversant. S’aventurant un peu dans d’autres sujets assez divers. Les deux vieux bonshommes et la fille de dix-sept ans assis devant la table de la salle à manger en pleine campagne après la fin du dîner, et après avoir nettoyé la table, tandis que dehors, au-delà des murs de la maison et des fenêtres sans rideaux, un vent du nord bleu et froid commençait à souffler une nouvelle série de bourrasques hivernales sur les hautes plaines. »

Kent Haruf, Les gens de Holt County.

Nous retrouvons Raymond et Harold McPheron, la jeune Victoria, désormais mère d'une petite Kathy, mais également un jeune garçon qui vit dans la précarité avec son grand-père, ainsi qu'un couple vivant des aides sociales et incapables de faire face à leur rôle de parents. Le roman se divise en trois parties : l'exposition de ces vies modestes et de l'équilibre fragile sur lequel elles reposent, une période où tout bascule dramatiquement, puis un timide retour à l'optimisme, le tout raconté avec beaucoup de tendresse de l'auteur pour ses personnages. Ce livre m'a beaucoup touchée, abordant avec délicatesse les thèmes de l'indigence, de l'alcoolisme, la maltraitance, la peur, la dépression sans sombrer dans le sordide.

« Et puis à l'extérieur de la maison, par-delà la pièce silencieuse dans laquelle ils se trouvaient, la nuit commença à descendre le long de la rue. (...) Plus loin, en dehors de la ville, là-bas dans la hautes plaines, les lumières bleues des cours, sur leurs grands poteaux, s'allumeraient dans toutes les fermes et dans tous les ranchs isolés de tout cette région plate et sans arbres, et pue après le vent se lèverait, soufflant sur les grands espaces, voyageant sans rencontre d'obstacles à travers les champs immenses plantés de blé d'hiver, à travers les prairies naturelles ancestrales et les chemins de gravier, transportant avec lui une lumière pâle alors que l'obscurité progressait et la nuit s'installait. »

« Elle l'emmena dans sa chambre et alluma une petite lampe à côté du lit. Puis elle se planta devant lui, déboutonna sa chemise en lainage bleue et la lui retira. Il était maigre et nerveux, avec une forêt de poils blancs sur la poitrine. Et maintenant, vous voulez bien me déboutonner? dit-elle. Elle se retourna. J'y connais rien du tout. Mais si. Je suis sûre que vous savez défaire des boutons. Bon, fit-il. Après tout, je suppose que ça revient à peu près au même que compter les pas quand on valse. Elle rit. Vous voyez. Ce n'est pas si mal. Vous avez plaisanté. »

 

Rhode Islan
Cormac McCarthy, Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme.

Un matin, à la frontière du Texas et du Mexique, un homme tombe par hasard sur les traces d’un carnage : des cadavres, un agonisant, des armes, de l’héroïne, et plus de deux millions de dollars en liquide. L’auteur de cette macabre découverte se nomme Llewelyn Moss. En empochant l’argent, il sait qu’il se met en danger. Mais il ignore la nature exacte des puissances qu’il a réveillées. Elles prennent la forme d’une horde sauvage composée d’hommes de sac et de corde, d’un ancien officier des Forces spéciales, et surtout d’un tueur travaillant pour son propre compte, et dont il ne doit attendre aucune miséricorde. Face à ces envoyés du chaos, Moss et sa jeune femme paraissent bien vulnérables, et les "forces de l’ordre" bien incapables de les protéger. Commence alors une folle cavale à travers des paysages lunaires et des villes-fantômes, monde nocturne que vient seulement troubler le fracas des armes automatiques.
J'avais vu il y a des années le film des frères Cohen, mais je ne me souvenais plus des détails (ni même de la fin) et j'ai été happée par le suspense de cette cavale ponctuée de cadavres. Le personnage du shérif, narrateur invisible, qui cherche à comprendre les causes de cette violence, apporte une touche d'humanité et d'espoir.

« Le problème c'est pas de savoir où on est. Le problème, c'est qu'on croit qu'on y est arrivé sans rien emporter avec soi. Cette idée que t'as de repartir à zéro. Que tout le monde a. On repart pas à zéro. C'est ça le problème. Chaque chose que tu fais tu la fais pour toujours. Tu ne peux pas l'effacer. Rien de ce que tu fais. »

« On dit que les yeux c'est les fenêtres de l'âme. Je me demande de quoi ces yeux-là étaient les fenêtres et je crois que j'aime mieux ne pas le savoir. Mais il y a un peu partout une autre vision du monde et d'autres yeux pour le voir et on y va tout droit. Ça m'a amené à un moment de ma vie auquel j'aurais jamais pensé que j'arriverais un jour. Y a quelque part un prophète de la destruction bien réel et vivant et je ne veux pas avoir à l'affronter. Je sais qu'il existe. J'ai vu son œuvre. Je me suis trouvé une fois en face de ces yeux-là. Et je ne recommencerai pas. Et je ne vais pas pousser tous mes jetons sur le tapis et me lever pour le défier. Ce n'est pas seulement à cause de mon âge. je voudrais bien que ce soit ça la raison. Je ne peux même pas dire qu'il s'agit de savoir à quoi on est prêt. Parce que j'ai toujours su qu'il faut être prêt à mourir rien que pour faire ce métier. Ça a toujours été vrai. Ce n'est pas pour me vanter ni rien mais c'est comme ça. Si t'es pas prêt ils le sauront. Ils le verront. En un clin d'œil. je crois plutôt qu'il s'agit de savoir ce qu'on accepte de devenir. Et je crois qu'il faudrait jouer son âme. Et ça je ne le ferai pas. Je pense à présent que je ne le ferai sans doute jamais. »

 

Maine
Stephen King, Billy Summers (livre audio).

Billy Summers est un tueur à gages – le meilleur –, mais il n’accepte de liquider que les méchants. Aujourd’hui, il veut décrocher. Avant cela, seul dans sa chambre, il se prépare pour sa dernière mission...
À la fois thriller, récit de guerre, road trip et déclaration d’amour à l’Amérique des petites villes, Billy Summers est l’un des textes les plus surprenants de l’œuvre de Stephen King, qui y a mis tout son génie et toute son humanité.

Je n'avais jamais rien lu de cet auteur. J'ai été surprise d'y trouver beaucoup d'humour et d'émotions. Peut-on trouver un tueur à gages attachants ? Eh bien oui ! 

« Assis dans le hall de l’hôtel, Billy Summers attend la voiture qui doit venir le chercher. On est vendredi midi. Bien qu’il soit en train de lire une bande dessinée intitulée Les Copains et les copines d’Archie, c’est à Émile Zola qu’il pense, et plus particulièrement à son troisième roman, celui qui l’a fait connaître : Thérèse Raquin. Il se dit que c’est en tout point le roman d’un jeune homme. Et que Zola commençait seulement à exploiter un filon qui allait se révéler aussi profond que fabuleux. Il se dit que Zola est la version cauchemardesque de Charles Dickens. Voilà qui ferait un sujet intéressant pour un essai. S’il devait en écrire un. »
« Le salon est aussi long qu’un wagon Pullman. Il y a trois lustres au plafond, deux petits et un gros. Les meubles bas ont des lignes arrondies. Deux autres chérubins soutiennent un miroir en pied. Une horloge de grand-mère semble avoir honte d’être là. »
« Billy se demande si Ken Hoff est sur les tablettes de Colin White et des autres employés de Business Solutions. Sans doute pas. Les individus auxquels Hoff doit de l’argent – car il a des dettes, Billy en est convaincu – ne vous relancent pas par téléphone. Au bout d’un moment, ils débarquent chez vous, ils noient votre chien dans la piscine et vous cassent les doigts, en choisissant la main qui ne signe pas les chèques. »

 

Alabama
Zelda Fitzgerald, Accordez-moi cette valse.

Alaska
David Vann, Komodo.

Arkansas
John Grisham, La chance d'une vie.
John Grisham, Les oubliés. (livre audio)

Arizona
Brady Udall, Le polygame solitaire.

Massachussets
Russell Banks, Trailerpark.

Michigan
Laura Kasischke, Esprit d'hiver.

Minnesotta
Louise Erdrich, Comme des pas dans la neige.

Mississipi
Richard Ford, Une saison ardente.

Montana
Dorothy M. Johnson, La colline des potences.

New Hampshire
Joyce Maynard, L'hôtel des oiseaux (livre audio).
Joyce Maynard, Baby love.

New Jersey
Paul Auster, Le diable par la queue, suivi de Pourquoi écrire ?
Paul Auster, Baumgartner.

New York
Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney.
Douglas Kennedy, Ailleurs chez moi (livre audio).

Ohio
Toni Morrison, Sula.

Pennsylvanie 
Helene Hanff, 84 Charing Cross Road.

Michael Connelly, Le poète (livre audio).
Michael Connelly, L'épouvantail (livre audio).

Vermont
Robin MacArthur, Les femmes de Heart Spring Mountain.

Publicité
Commentaires
D
C'est génial comme idée! En ce moment j'essaye de lire des livres écrits par des auteurs qui viennent de pays dont je n'ai lu aucun livre. Récemment par exemple, j'ai lu trois livres d'auteurs néo-zélandais, un livre d'un auteur soudanais, un livre d'un auteur australien, un livre d'un auteur autrichien, un livre d'une auteure croate, etc. Je passe mes soirées à chercher "meilleurs bouquins de X ou Y pays..."
Répondre
D
Je me réponds à moi-même parce que je n'arrive pas à te répondre, mais merci pour le lien, je vais aller voir ça, c'est génial! C'est sûr que pouvoir lire en anglais aide, et souvent je prends la traduction en anglais (d'un livre japonais par exemple) et pas en français, parce que c'est plus facile et rapide à lire ;)
A
Eh bien c'est ce que j'ai fait ces 4 dernières années, donc si ça peut te donner des idées : <br /> https://letempsquifile.canalblog.com/2025/12/le-tour-du-monde-en-80-livres-43.html<br /> (je lis en français uniquement, ça m'a pas mal limitée)
A
Je considère Stephen King comme un des plus grands auteurs actuels, trop mal considéré car il a trop longtemps écrit dans une catégorie trop populaire. Toutefois sa - très - longue carrière lui a donné l'occasion d'explorer d'autres voies ces dernières année, confirmant son talent d'écrivain. Si tu as le temps je te conseille ce qu'on appelle "La trilogie Holly". Tu as fait une bonne pioche avec Billy Summers, c'est un de mes préférés. Si tu veux explorer sa période "horreur/fantastique" je te conseille Sac d'Os ou La petite fille qui aimait Tom Gordon, ce dernier ayant l'avantage d'être relativement court.
Répondre
attraper le temps qui file…
Publicité
Archives
Publicité
Publicité