Bleu paon
Guillaume a besoin de quelques pantalons à porter toute l'année, nous sommes donc allés au quartier Saint-Pierre cet été, en quête de gabardine, sans succès. En revanche, il y avait du satin de coton plutôt léger de toutes les couleurs… va donc pour un pantalon d'été. Je n'ai pas voulu trop attendre et m'y suis attelée dès notre retour de vacances. Le patron a été maintes fois cousu, j'y ai apporté des ajustements au fil du temps, les explications sont limpides, cette affaire devait donc rouler sans difficulté. J'ai commencé par les fausses poches passepoilées. Grâce au tutoriel de Nabel, cette étape a été une simple formalité. Je trouve que ces poches apportent beaucoup au style du pantalon, vu que Monsieur ne met jamais rien dans ses poches plaquées (les traits de craie ne sont pas bien effacés, je n'ai pas eu le temps de les laver que le pantalon était déjà porté !)
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Ensuite, je suis passée à la braguette : mince, pas de fermeture de cette couleur ! J'ai hésité : utiliser de la fermeture au mètre ou aller à la mercerie (peut-être encore fermée pour les congés d'été) ? J'avais envie d'avancer, mais le destinataire n'est pas tendre avec ses curseurs, j'ai déjà dû remplacer une fermeture de pantalon, ce qui n'est pas une partie de plaisir. J'ai finalement opté pour la fermeture au mètre, en ajoutant en bas une petite agrafe, soigneusement conservée sur une fermeture que j'avais coupée.
J'étais fort contente de ma braguette, la plus jolie que j'ai cousue, me semble-t-il, sans le moindre millimètre de décalage. J'avais pas mal sué dans ma lingerie sous le toit, essayant d'éteindre le fer à repasser dès que possible. Et là, le drame est arrivé : au moment de la surpiqure finale, arrivant dans l'arrondi du bas, j'ai remonté le curseur d'un geste vif et… il m'est resté dans la main, j'étais allée trop loin ! J'ai failli en pleurer de dépit : il est impossible de remettre un curseur par le haut. J'ai tenté de remettre le curseur en place sans rien découdre, après avoir retiré l'agrafe, mais le petit centimètre de ruban libre ne suffisait pas. J'ai décousu quelques points, réussi à enfiler le curseur… avec un gros décalage. Enfin, au bout de 45 minutes d'efforts acharnés, je suis arrivée à mes fins. J'en ai eu mal au bout des doigts pendant 24h ! Je n'ai pas pu remettre l'agrafe, évidemment, mais j'ai posé un morceau de lisière au bas de la fermeture, que j'ai solidement cousue. Puis j'ai attaché une petite épingle nourrice en haut de la fermeture pour empêcher toute nouvelle catastrophe tant que la ceinture n'était pas posée. Après toutes ces émotions, je pensais être tirée d'affaire, mais j'ai fixée le thermocollant sur l'endroit d'une des pièces de ceinture. j'avais heureusement de quoi la recouper. J'ai commencé la pose de celle-ci en suivant bien les indications… et en oubliant la boutonnière pour l'élastique que j'avais prévu d'ajouter. Vu mes déboires à ce sujet l'hiver dernier, je me suis contentée d'une boutonnière artisanale, au point zigzag.
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Enfin, j'ai surpiqué la ceinture, en n'oubliant pas de prendre le haut des passants dans la couture. Et c'est alors que j'ai remarqué ce gros défaut :
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Découragée, je me suis arrêté là pour la journée.
C'est le lendemain matin que j'ai décousu la surpiqûre, repris 2mm sur la ceinture droite et lâché 2 mm sur la gauche (après coup, j'aurais pu aussi bien retirer cette patte de boutonnage, qui n'existe pas sur d'autres modèles de pantalons)
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Ce n'est pas la première fois que je constate une irrégularité de largeur de ceinture, un décalage de 2 mm à la coupe, auquel s'ajoute un mini décalage en cousant la ceinture, et le résultat est désastreux. Pour mon pantalon rouge (cousu le surlendemain), après avoir monté la ceinture intérieure, j'ai tracé une ligne de couture en haut en mesurant très précisément la largeur de ceinture, puis mesuré de nouveau en rabattant le bas de la ceinture extérieure.
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(si, si, les poches sont bien à la même hauteur, c'est la photo qui est de travers !)
Les poches de côté sont dans les chutes d'une robe, dans un coton bien solide (elle sont elles aussi soumises à rude épreuve).
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Le pantalon a été adopté sitôt l'ourlet piqué.
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Et grâce à l'élastique au dos, il ne tombe plus sur les hanches (la ceinture n'est que décorative : elle n'est jamais serrée !
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