Pour notre randonnée auvergnate, j'avais casé tous mes indispensables de toilette dans une petite trousse toute légère offerte par une marque de cosmétique. Plate, elle se logeait sans peine dans un recoin du sac à dos. Mais elle était de la même longueur que ma brosse à dents (et la brosse à cheveux), je devais lutter un peu pour la sortir. Et puis le revêtement intérieur se décollait et partait en morceaux, deux raisons pour la remplacer. En attendant, je l'avais reconvertie en trousse à maquillage, mais là encore, les petites brosses sortaient difficilement.
Mes projets de couture ne m'enthousiasmant guère en ce moment, j'ai pris une petite récréation en cousant deux trousses légères, juste un peu plus larges (et avec une ouverture totale de la fermeture, ce qui n'était pas le cas de l'ancienne).
Oui, il était temps de la laver aussi !
J'ai employé du coton enduit pour l'extérieur et du ripstop (toile de parachute) pour la doublure, on ne peut pas faire plus léger.
Tout rentre (et sort) sans problème, quel confort !
Marie avait choisi elle-même son cadeau d'anniversaire (une paire de sacoches imperméables), je souhaitais lui offrir une petite surprise en plus et c'est sa sœur qui m'a trouvé une idée rapide à coudre : des manchons pour tenir chaud aux mains sur les longs trajets d'hiver, quand les gants ne suffisent plus, ou quand il pleut. J'avais l'embarras du choix pour la toile enduite, j'ai choisi la plus gaie et trouvé un morceau de polaire toute douce assortie.
Je suis partie du patron de Happy as a bee (adapté aux guidons courbés — Decathlon offre un patron pour pour les guidons droits style VTT), mais je me suis interrogée dès le début : comment les poignées du guidon peuvent-elles passer par un trou aussi étroit ? Je suis donc allée mesurer l'espace nécessaire (15 cm de circonférence) et j'ai rectifié le patron. J'ai cousu sur l'extérieur un morceau de velcro, puis sur l'autre face une patte elle aussi munie de velcro, pour serrer le manchon autour du guidon.
Pour le montage, j'ai assemblé les deux parties en tissu enduit par les côtés, puis j'ai fait de même avec la polaire en laissant une ouverture de 8 cm dans le milieu d'un coté. Ensuite, j'ai assemblé les deux tissuss autour de la plus petite ouverture et… j'ai eu la bonne idée d'aller essayer mon œuvre sur le vélo. Avec l'épaisseur de la polaire, il était extrêmement difficile de passer la poignée du guidon par le trou, même en serrant le frein. J'ai donc décousu, déplacé le velcro 1,5 cm plus bas, fait de même avec la patte et décalé ma couture, gagnant ainsi quelques cm de circonférence. J'ai surpiqué cette ouverture pour qu'elle ne bouge pas.
J'ai modifié l'autre manchon, encore en pièces détachées.
Enfin, j'ai assemblé la grande ouverture endroit contre endroit, en la faisant sortir par le trou laissé dans le côté de la doublure en polaire, que j'ai ensuite refermé à points invisibles à la main.
La destinataire est ravie de son cadeau, même s'il lui faudra attendre plusieurs mois pour l'étrenner.
Le thème de ce dimanche, proposé par Anne, m'a d'abord laissée perplexe : certes, j'ai un romarin devant la maison, mais c'est un peu maigre…
Comme il est en fin de floraison, je suis allée le photographier…
et finalement, ce sont les "ravageurs" qui sont les plus photogéniques, notamment la chrysomèle :
Les ravages ne sont pas dramatiques : quelques feuilles grignotées par ci, par là, et autant sur la lavande. Lorsque les coléoptères sont trop nombreux, je secoue les branches pour les faire tomber dans un bocal à confiture que je ferme pendant quelques jours, une manière de limiter la prolifération sans aucun produit chimique.
J'aime moins les cicadelles (qui créent autour de leurs larves des espèces de crachats disgracieux) mais là non plus, les dégâts ne nécessitent pas d'intervention de ma part.
Après ses deux cousines, c'est une amie de Marie qui devient maman. Elles se sont connues à 8 ans, aux jeannettes, et ont continué dans l'aventure du scoutisme jusqu'à leur projet au Sénégal.
Un samedi soir, je l'ai rencontrée, bien enceinte, qui espérait ne pas avoir à attendre trop longtemps la naissance, et c'est dans la semaine qu'Aurore, sa co-équipière cette année, m'a annoncé la naissance d'Augustin.
Marie a cousu une cape de bain, un bavoir et des lingettes.
Et puis, clin d'œil à leur équipe compagnons où ils s'étaient donné des noms-totems (la totémisation, source de dérives humiliantes, n'est plus pratiquée chez les SGDF depuis plusieurs décennies), nous avons cousu à quatre-mains un doudou* pour rappeler la "lionne intrépide" de leurs jeunes années.
C'est Marie qui a réalisé le foulard miniature, avec la dernière petite chute de tissu vert acheté pour remplacer les foulards perdus (le foulard du groupe a changé de couleur désormais).
Et bien entendu, ce bébé a eu droit lui aussi à sa trousse personnalisée.
Bienvenue, petit Augustin !
* tutoriel de Gaël couture offert chez Snaply (j'ai réduit les dimensions à 80%)
J'ai failli manquer le petit défi photo d'Anne ! Dire que mon week-end a été chargé serait un euphémisme (mais les bons moments en famille sont précieux et je n'ai pas voulu en perdre une minute). Et puis je séchais un peu : à notre époque de mails (en fait, je n'en reçois même plus tant, remplacés par les SMS et autres discussions Whattsapp ou Signal), notre boîte à lettres ne contient plus que quelques bulletins d'information ou courriers officiels. J'ai même réussi à éradiquer les tracs publicitaires grâce à l'autocollant fourni par la mairie. Je ne sais plus quelle est la dernière vraie lettre que j'ai reçue.
Alors j'ai sorti la pochette rassemblant des lettres conservées depuis mon enfance et mon adolescence. Si j'ai immédiatement reconnu la grande écriture et la papeterie fantaisie de ma correspondante allemande (que j'avais rencontrée à plusieurs reprises), c'est avec surprise que j'ai trouvé des lettres d'une correspondante grecque dont j'avais tout oublié !
N'aimant pas du tout échanger, à l'époque, autrement que de vive voix (même le téléphone me terrifiait), je crains d'avoir été fort négligente et de leur avoir rarement répondu, de sorte que nos échanges n'ont guère duré après le collège… dommage, j'aurais aimé à présent avoir de leurs nouvelles.
Un mois de mars qui a débuté par des vacances ensoleillées, quoi de mieux pour reprendre des forces ? Malheureusement, le bénéfice en a été vite oublié, avec le retour du froid et de la pluie, pas mal de petits imprévus qui se sont ajoutés au quotidien, deux bals de la St Patrick, des répétitions de chorale, les partitions pour Pâques, très chronophages… j'avais prévu de la couture, je n'ai presque rien fait (à part des réparations bien nécessaires), j'espère qu'avril sera plus productif (ça commence mal – la date de publication de ce billet en témoigne).
1/ Il fait beau mais les température est glaciale. Après ma course matinale, je reste donc au chaud à coudre avec Marie : cape de bain et bavoir pour elle, trousse bébé puis pantalon pour moi.
2/ Une belle journée ensoleillée (et moins froide) pour notre sortie parisienne à trois : expo au Grand-Palais, pique-nique sur les Champs-Élysées puis grande marche vers Montparnasse.
3/ Je profite de mes congés pour aller balader les pensionnaires d'un autre Ehpad (le plus proche de chez moi), en compagnie d'un pilote qui connaît bien le quartier (moi aussi, mais la largeur de l'engin fait qu'il ne passe pas partout, contrairement à mon vélo). Après nos deux rotations, une petite dame sort sur le pas de la porte avec son déambulateur et nous demande, d'un ton suppliant "vous m'emmenez ?” Attendrie, je décide de lui offrir un petit tour improvisé (après avoir prévenu l'accueil que je l'emmenais, histoire qu'ils ne la cherchent pas partout) : 25 minutes pendant lesquelles nous bavardons et qui l'enchantent.
4/ Direction Bourges, avec Aurore. L'après-midi est consacré à la visite du Palais Jacques Cœur, une merveille du gothique flamboyant, puis un grand tour de la ville, avant de rejoindre notre appartement, à deux pas de la cathédrale.
5/ Nous quittons notre agréable logis et gagnons le chevet de la cathédrale, pour une visite commentée par notre guide préférée, avant la visite de la crypte. Les sculptures sont incroyables, et les vitraux une véritable splendeur. Comme la veille, nous mangeons en terrasse, avant d'aller nous balader dans les marais, puis de revenir choisir des sirops à la Villa Monin. Un dernier tour des petites rues et nous prenons la route du retour, Marie nous attend.
6/ Pas le temps de traîner, nous repartons vers Le Havre où la pluie matinale laisse place à un ciel un peu nuageux, très agréable pour une balade en bord de mer (je trouve toutefois les baigneurs bien courageux).
7/ Alors que nous arrivons au port de pêche, une passante nous interpelle : « Le phoque est sur le quai ». Effectivement, un phoque fait son numéro en attendant les poissons rejetés par les pêcheurs. Dans l'après-midi, nous revenons avec les filles, il est toujours là, jamais je n'en avais vu.
8/ À la fin d'un dimanche tranquille, je vais marcher dans la forêt voisine, avec des chants d'oiseaux en fond sonore et le parfum des aubépines en fleurs.
9/ J'ai l'impression d'avoir eu plusieurs semaines de vacances tant elles sont été bien remplies, mais je suis bien reposée pour ma reprise.
10/ Pour notre dernière répétition avant la St Patrick, notre chanteur (malade depuis plusieurs mois et pas encore tiré d'affaire) a pu nous rejoindre, ce qui permet de bien mettre au point les intros et reprises, nous voilà fins prêts pour le grand jour.
11/ Après sa deuxième heure au volant de l'auto-école, Aurore m'accompagne pour quelques achats, toujours sous le soleil.
12/ La matinée a été difficile pour l'apprentie conductrice (pluie et problèmes de trajectoire dans les virages à angle droit), mais elle peut passer à une nouvelle phase dans l'après-midi (le frein et la seconde… je n'ai pas souvenir d'avoir eu un apprentissage aussi progressif).
13/ Première répétition de chorale pour la Semaine Sainte, dans la bonne humeur.
14/ Saint Patrick : balances, 2h30 de stage, 1h de chants, un repas partagé et 3h de bal, c'est fatigant mais les danseurs étaient nombreux et enthousiastes et… ma petite sœur a pu nous rejoindre ! Une première.
15/ Après ce coucher tardif (et quand même une petite course à pied), la sieste est bienvenue, surtout que j'ai un livre à terminer avant d'être en retard à la médiathèque (et puis aller voter, évidemment).
16/ Notre mirabellier n'a pas souffert du petit coup de gel du week-end et ses fleurs embaument.
17/ Il fait si beau que nous pouvons reprendre nos vélos pour la répétition du mardi soir.
18/ Les balades en triporteurs bénéficient, une fois de plus, d'une météo ensoleillée et nos clients sont ravis, comme toujours. Ces remerciements et ces sourires me vont droit au cœur, ainsi que la conversation, entre deux tours, avec cette petite mamie arrivée depuis peu de temps qui est si triste d'avoir laissé sa maison, son quartier et ses voisins.
19/ J'ai acheté UNE courgette (la police des légumes de saison, alias Aurore, est partie en vacances) et le tajine de lapin au citron nous semble bien bon.
20/ Alors que j'évoque avec Aurore le souci du moment, qui m'a tracassée cette nuit (encore une histoire de prêt bancaire en retard, décidément !), Paul appelle : l'offre tant attendue est arrivée par courrier et ils ont pu décaler la vente de quelques jours.
21/ Sollicités par le comité des fêtes pour une initiation aux danses irlandaises, nous arrivons dans une salle bondée où une bonne centaine de personnes est à table… mais les organisateurs nous servent des bières et une planche de fromages, puis font de la place en un temps record et notre prestation démarre avec seulement trois quarts d'heure de retard (malgré tout, encore un samedi qui se termine à plus de minuit).
22/ Encore un beau dimanche ensoleillé, les sous-bois commencent à se couvrir de jacinthes.
23/ Le sorbet au cacao, donc nous déplorions la disparition, a fait son retour chez Picard (écrire au service client aurait-donc de l'effet ?)
24/ Le carambar est réapparu dans les colis de Ma Petite Mercerie.
25/ Il pleut, il vente, j'enfile mes chaussures de randonnée pour traverser le bois et passer à la médiathèque puis faire quelques emplettes pour l'anniversaire d'Aurore.
26/ En changeant de sens pour faire le tour de l'étang, je n'ai plus jamais mal à la hanche (une question de chemin légèrement en pente vers l'eau).
27/ Notre soutien musical à la prière de Taizé est apprécié (entonner les chants sur la bonne note est plus agréable pour tous).
28/ Pour un événement musical en juin, nous reprenons la première pièce à deux violes que nous avions jouée en semble (en 2007 !) et mesurons nos progrès, même s'il faudra un peu de travail pour se la remettre dans les doigts.
29/ Ce dimanche est consacré au repos, avant une rude semaine.
30/ J'ai l'impression que le changement d'heure est passé comme une lettre à la poste, je me suis réveillée spontanément ce matin.
31/ Je me suis réjouie un peu vite : j'ai eu beaucoup de mal à m'endormir hier soit et le réveil a été difficile, mais nous restons au chaud ce soir, laissant les musiciens du jumelage répéter entre eux.
Ce dimanche, Anne nous propose de résister. J'avoue que j'ai bien du mal à résister au rythme trépidant des mes journées, en ce moment, qui s'ajoute à une météo hivernale au moment où l'on croyait le printemps arrivé. Mais j'ai résisté au virus qui a touché une partie de notre ensemble de musique : juste deux demi-journées de frissons et courbatures et je me suis rétablie.
Un vieil arbre, lui, n'a pas résisté au dernier épisode venteux :
Et ma plante (dont j'ai oublié le nom) n'a pas résisté, lorsque j'ai oublié (une semeine seulement !) de l'arroser. Mais j'ai confiance : une bonne taille, un emplacement lumineux et quelques soins devraient la remettre d'aplomb.
Quant à cette fermeture, elle n'a pas résisté à l'écharpe qui s'était prise dedans (en revanches, le coutures étaient résistantes, il m'a fallu pas moins de quatre heures pour la découdre)
Enfin, pour résister aux deux semaines qui restent jusqu'aux prochaines vacances, j'ai fait des réserves de munitions !
Après le tour du monde (qui n'est peut-être par terminé…), j'entreprends de visiter, par mes lectures, chacun des États-Unis d'Amérique. En mars, j'ai lu (ou écouté) 5 livres et visité 4 états, ce qui porte le total à 12.
Arizona
Brady Udall, Le polygame solitaire.
Golden Richards, la quarantaine, mormon, est à la tête d'une famille de quatre épouses et vingt-huit enfants, répartis dans trois maisons, ainsi que d'une entreprise de construction. Et sa vie n'a rien d'un conte de fées : ses épouses (notamment la première) décident des moindres détails de sa vie, son entreprise bat de l'aile et il est miné par le chagrin de la mort d'une de ses filles. Alors qu'il espère retrouver un peu de sérénité en s'éloignant pour un chantier dans le désert du Nevada (officiellement une maison de retraite, en fait une maison close), il tombe amoureux de la femme de son patron. j'ai lu ce roman comme une comédie, même s'il pose aborde des questions plus sérieuses, comme l'attachement, le deuil périnatal ou le besoin d'amour désespéré d'un petit garçon turbulent.
« Il avait si longtemps tenu son amour en réserve pour le distribuer avec parcimonie, petit bout par petit bout, et en général en secret afin que personne ne soit jaloux. Quand il prenait un enfant dans ses bras ou qu'il lui donnait un chewing-gum, il était obligé de prendre tous les autres dans ses bras et de leur donner à chacun un chewing-gum, même si cela l'obligeait à se rendre un samedi soir à la station-service Shell pour en acheter. Il devait mesurer ses compliments, ses baisers et ses cadeaux quels qu'ils soient. Au fil du temps, il avait appris à adopter en présence de sa famille une attitude de neutralité, une expression impassible afin de ne pas être accusé de favoriser un enfant ou une femme, d'aimer untel plus qu'untel ou d'avoir des chouchous. La moindre attention devait être soigneusement pesée et exécutée avec la précision et l'art d'un voleur de bijoux.»
« Au fil des années, il avait remarqué que la plupart des polygames qu'il avait connu dans le cadre de l'Eglise étaient des gens honnêtes et droits. Il avait toujours pensé que c'était parce qu'ils vivaient en accord avec leurs convictions, mais il commençait à soupçonner que c'était pour une raison bien différente : pour un polygame, mentir se révélait exceptionnellement difficile. Quand on disait un mensonge à une femme, il fallait le répéter aux autres. Et toutes posaient des questions auxquelles on devait répondre avec cohérence et force détails, et dans l'ordre voulu, parce qu'on pouvait être sacrément sûr qu'ensuite, à l'exemple des détectives tenaces d'un feuilleton télévisé enquêtant sur un meurtre sensationnel, elles se réuniraient afin de comparer leurs notes. »
Massachussets
Russell Banks, Trailerpark.
Encore un auteur que je connaissais, mais dont je n'avais jamais rien lu (merci Acanthe pour la suggestion). Sur un terrain, près d'une petite ville au nord des États-Unis, une douzaine de mobil-homes sont loués à l'année par des gens modestes, défavorisés et peu gâtés par la vie. Au fil de ces nouvelles, nous passons d'une caravane à l'autre, les histoires s'entremêlent, des relations se nouent, des conflits apparaissent… l'auteur dresse un portrait touchant de ces habitants, tout en décrivant magnifiquement le climat rude et les paysages magnifiques de cette région.
« Il est difficile de connaître, de la vie d'une personne, davantage que ce qu'elle vous autorise à savoir ; et même cela, peu de gens le connaissent entièrement. Il y a ce que vous pouvez voir de la personne en question et ce qu'elle vous dit, deux éléments qu'elle peut assez facilement maîtriser. Mais à part ça, ce que vous finissez par tenir pour vrai à son sujet - qui elle est, qui elle a été, qui elle sera -, sort tout droit de votre imagination. »
« Si on se plaçait sur le petit cap où se situait le parc caravanier, avec derrière soi le marais et les forêts de pins, on pouvait voir, bien après l'eau bleu foncé du lac, des collines couvertes d'épicéas. Et leurs bosselures partaient vers le nord, pour rejoindre ces coins mauves fichés dans la ligne d'horizon qu'on appelle les montagnes blanches.»
« C'est lorsqu'aucune lumière ne pénètre à l'intérieur qu'on peut, en regardant par les trous dans la glace, distinguer clairement le monde d'en bas. On voit alors ce que voient les poissons, et on les aperçoit eux aussi. Mais eux ne peuvent pas nous voir. On remarque, dans une lumière verte et froide, le fond boueux du lac, les algues ondoyantes et les feuilles pourrissantes, on voit des petits bancs de perches - soleils qui passent lentement au-dessus des massifs d'herbes en cherchant de la nourriture et de l'oxygène, tandis que derrière eux, léthargiques, glissent trois ou quatre brochetons qui attendent quelques traînards isolés. »
New York
Douglas Kennedy, Ailleurs chez moi (livre audio).
Lors d'un salon littéraire en France, alors qu'il déjeune avec quelques écrivains locaux, Douglas Kennedy est apostrophé par l'une des convives qui lui lance qu'elle le trouve " plutôt raffiné pour un Américain ". Piqué au vif par ce qui n'était en somme qu'une flatterie maladroite, Douglas s'interroge : être américain, c'est quoi ? Cet essai est une quête sincère du grand mystère de l'âme américaine. Du New York d'après-guerre à une petite ville texane trumpiste pendant le confinement, de souvenirs d'enfance en réflexions politiques, d'anecdotes hilarantes en citations littéraires, de notes de jazz en films inoubliables, Douglas Kennedy s'interroge sur ce qu'est son pays et sur son évolution, plutôt inquiétante quand il montre quel point le pouvoir politique est manipulé par l'argent et les mouvements évangélistes.
« Notre patrie est comme notre famille : des conflits à n’en plus finir, des attaches irrévocables. »
« L'argent : déception perpétuelle, tristesse intrinsèque. Surtout lorsque c'est le fondement de notre culture – raison pour laquelle il fait tant souffrir. » « Les évangélistes voyaient bien que Trump était à peu près aussi pieux que Gengis Khan - mais il possédait la même détermination sans faille à s'emparer du pouvoir. »
« Cette idée selon laquelle on peut accomplir n'importe quoi du moment qu'on y consacre toutes ses forces est une véritable doctrine, de même que la vision des États-Unis comme une terre de tous les possibles, où le travail acharné est toujours récompensé - à condition de respecter les règles. Issu d'une famille aux origines plus que modestes, j'ai été élevé avec la promesse d'une ascension sociale certaine si je m'en donnais les moyens. »
Montana
Dorothy M. Johnson, La colline des potences.
Dans ces neuf nouvelles (dont a dernière, la plus longue, donne son titre au recueil), Dorothy Johnson dresse le tableau d’une époque où il n’était pas rare qu’un homme rentre d’une journée de chasse pour retrouver sa maison en flamme, sa femme et ses enfants disparus.Toutes ces histoires ont pour cadre l'époque de la conquête de l'Ouest, mais l'auteur ne parle pas que de affaire de cow-boys et d'Indiens, elle prend soin de donner également la parole à ceux qui restent d'ordinaire en arrière-plan : femmes, vieillards, enfants, et la plupart des ces histoires sont touchantes.
« Novembre 1868. Je m'appelle Edward Morgan, j'ai vingt ans. Je voyageais avec un groupe de Crows amicaux quand nous avons été attaqués par des Cheyennes. J'ai été séparé des autres et, en traversant un ruisseau, mon cheval est tombé sur moi, brisant sa jambe et la mienne. J'ai fait de mon mieux. Veuillez prévenir... Il raya les deux derniers mots. Ils étaient trop brutaux. Il s'était apprêté à écrire : Veuillez prévenir Mlle Victoria Willis qu'Edward Morgan ne pourra pas rentrer pour l'épouser parce qu'il est mort de faim et de froid sous les racines d'un arbre quelque part dans le Territoire du Montana. » « Juste avant de plonger dans le camp des chercheurs d’or de Skull Creek, la route enjambait le sommet d’une colline aride et passait sous la branche horizontale d’un grand peuplier de Virginie.
Une courte longueur de corde, récemment coupée, pendait à la branche et se balançait dans le vent lorsque Joe Frail emprunta cette route pour la première fois, à pied, en menant son cheval bâté par la bride. Le camp n’avait que quelques mois d’existence, mais on avait déjà pendu quelqu’un, sans doute à juste titre. Les prospecteurs, en général, s’intéressaient plus à l’or qu’aux pendaisons. Quand Joe Frail leva les yeux vers la corde, ses muscles se contractèrent, car il se rappelait la malédiction qui pesait sur lui. »
Michigan
Laura Kasischke, Esprit d'hiver.
Ce devait être un Noël habituel pour Holly et sa famille : la préparation du repas, l'arrivée des invités, l'impatience d'ouvrir les cadeaux. Mais ce matin-là, tout va mal. Holly se lève trop tard. Alors que son mari file récupérer ses vieux parents à l'aéroport, Holly reste seule avec sa fille adoptive Tatiana, ramenée de Sibérie 13 ans plus tôt. Elle essaie de rattraper son retard mais une torpeur la freine dans toutes ses tâches. Tatiana, contrairement à l'habitude, ne fait rien pour l'aider, multiplie les reproches. La petite fille facile semble s'être changée d'un coup en adolescente rebelle. Dehors, une tempête de neige se déclenche, de plus en plus violente, compromettant la venue des invités. Les incidents étranges se multiplient, le huit-clos est de plus en plus inquiétant, jusqu'à basculer dans un véritable cauchemar.
« Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ? Treize ans ? Treize ans ! Elle avait su cela pendant treize ans, et en même temps elle l'avait ignoré - c'est du moins ce qu'il lui semblait, dans son état de demi-veille, en ce matin de Noël. Elle se leva du lit et s'engagea dans le couloir en direction de la chambre de sa fille, pressée de voir qu'elle était là, encore endormie, parfaitement en sécurité. »
« À présent, derrière la baie vitrée, la neige ressemblait davantage à un mur statique, à quelque chose qui montait du sol, qu’à quelque chose qui tombait du ciel. À présent, soit le vent ne soufflait plus - et les lourds flocons flottaient simplement, dans toute leur densité -, soit les flocons étaient si nombreux qu’ils se remplaçaient les uns les autres plus vite que l’œil ne pouvait les détecter. »
« Holly relâcha son étreinte autour de sa fille, et Tatiana, qui était restée raide tout ce temps, se redressa, s'écarta de sa mère et repartit en silence dans sa chambre. »
Alabama
Zelda Fitzgerald, Accordez-moi cette valse.
Alaska
David Vann, Komodo.
Arkansas
John Grisham, La chance d'une vie.
John Grisham, Les oubliés. (livre audio)
Mississipi
Richard Ford, Une saison ardente.
New Jersey
Paul Auster, Le diable par la queue, suivi de Pourquoi écrire ?
Paul Auster, Baumgartner.
New York
Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney.
Ce dimanche, Anne propose comme thème ma couleur préférée (qui est celle de la majorité des Français, paraît-il).
Et cette semaine, j'ai trouvé du bleu dans les sous-bois :
et dans le ciel
ma tenue de course du jour était bleue (j'alterne la veste bleue et la rose), parce qu'il fait encore trop froid pour courir en tee-shirt.
quant à mes coutures, je devrais coudre des tee-shirts vert et orange, mais je suis sans cesse interrompue, entre une fermeture de veste à changer (l'horreur, 4h pour la découdre !), la fermeture du pantalon de Marie à poser (pour le reste, elle se débrouille seule maintenant)
et la toile d'Aurore qu'il faut encore modifier un peu pour que les manches ne tiraillent pas
Ce dimanche, Anne nous propose de chercher de la chaleur, ça tombe bien, en ce premier jour de printemps ! Si les nuits sont encore fraîches, le soleil commence à bien chauffer l'après-midi et le jardin en profite.
Cette météo printanière rend bien agréables nos sorties du mercredi
Nous avons eu très chaud, aux bals de la Saint Patrick (oui, deux cette année !)
et, en attendant de pouvoir ressortir le hamac (la terrasse est à l'ombre), je m'installe au soleil pour ma petite pause lecture d'après-déjeuner, fenêtre ouverte si la température le permet (aujourd'hui, c'était trop juste).