Canalblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

attraper le temps qui file…

Publicité
Newsletter
Albums Photos
15 mars 2026

52/2026 : Passion(s)

Le thème proposé par Anne ce dimanche me fait réfléchir, ou plutôt nous en parlions hier soir, pendant le bal, avec l'une des musiciennes : est-ce judicieux de faire de sa passion son métier ?
Je n'en suis pas certaine. D'abord, garde-t-on les mêmes passions toute sa vie ? Tous les spécialistes le disent, la phase passionnelle ne dure que quelques années… J'ai aimé passionnément la danse classique, au point d'avoir tenté de reprendre des cours au conservatoire quand j'avais 15 ans (une terrible humiliation, la sélection se faisait en groupe, j'étais dans une salle, fenêtre grandes ouvertes sur l'extérieur, avec des gamines de 8-9 ans). Il y a la musique, évidemment, mais les deux heures de violons quotidiennes de mon adolescence n'ont  tenu jusqu'à mon entrée au lycée. Aujourd'hui, la musique reste un loisir (et aussi une torture, parce que les articulations et les muscles ne sont plus aussi dociles).

La couture a toujours été une occupation fort plaisante qui occupe pas mal de temps dans ma vie, et là, j'ai encore la fierté de progresser. Mais quand on me dit que je pourrais en faire mon métier… non, d'abord parce qu'il est impossible d'en vivre correctement et aussi parce que coudre des pièces sur commande serait une contrainte (je le fais avec plaisir pour une personne que j'apprécie, qui me demande un modèle unique et qui, je le sais, accorde de la valeur au travail manuel, je ne le ferais pas pour un client lambda).

La cuisine pourrait aussi faire partie de mes passions, j'aime beaucoup préparer des repas de fête, explorer les traditions culinaires d'un pays ou inventer des gâteaux aux goût originaux, mais cuisiner au quotidien( et surtout nettoyer et ranger ensuite) est parfois fastidieux.

Suis-je passionnée par la lecture ? Probablement. Petite, j'oubliais tout quand j'étais dans un livre (tout un camping m'a cherchée et appelée pendant un bon moment, avec la panique qui montait, alors que je lisais dans un coin, sans rien entendre. Je veille à toujours avoir sous la main une bonne pile à lire.

et puis il y a un domaine qui pour beaucoup est une passion, mais pour moi pas du tout ! Je m'y astreins cependant, par nécessité, mais c'est le plus souvent une corvée :

 

Publicité
9 mars 2026

Coup double (bis)

Début février, j'ai profité d'un dimanche pluvieux pour couper d'un coup 5 hauts et un bas en jersey, j'avais grand besoin de nouveau pyjamas et tee-shirts.

J'ai commencé par coudre les 3 pièces dans les tons de bleu, afin de rentabiliser l'enfilage de la surjeteuse. Et je n'ai pas trop tardé à les terminer, y compris les ourlets à l'aiguille double (que je n'ai pas cassée, youpi).

Me voici donc équipée d'un nouveau pyjama, dont le haut peut s'accorder avec plusieurs bas (je ne sais pas pourquoi j'use deux fois plus vite les hauts que les bas, je suppose que je bouge pourtant autant les jambes que le buste quand je me tourne et retourne dans le lit !)

Celui à feuillages a été tout de suite mis en service.

Pour l'autre, j'hésite, je pense que je vais plutôt le porter en journée,

même s'il est parfaitement coordonné avec le bas.

 

8 mars 2026

52/2026 : sens

Le thème de ce dimanche , proposé par Anne, peut avoir plusieurs sens. Ça alors !
J'ai choisi celui qui illustre le mieux les quelques jours de vacances que nous avons passés, en voyant l'enseigne de ce restaurant de Bourges :

Ce sont tous nos sens qui ont été à la fête. La vue, évidemment, avec l'incroyable richesse et finesse des sculptures du palais Jacques Cœur

et les vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale

L'ouïe, en image

ou avec la découverte de la symandre (je n'en avais jamais entendu parler)

ou le chant des oiseaux dans les marais

les premières fleurs et leur senteur délicate

la caresse du soleil sur la peau

le goût, évidemment

nous sommes allés choisir quelques bouteilles de sirops parmi les 131 parfums proposés

Et tant pis si nous sommes, ces trois derniers matins, privés de vue, nous avons fait des provisions de merveilles pour plusieurs semaines ! (j'ai entendu hier la corne de brume, elle se fait rare à présent alors que dans mon enfance, j'en ai gardé un souvenir très fréquent)

 

3 mars 2026

Coup double

Cet automne, je me suis aperçue que je n'avais qu'un seul pantalon adapté à la saison (c'est-à-dire pas de velours trop chaud, ni de fine toile trop légère) et que ce pantalon était jaune… erreur fatale les jours de pluie, le vélo ne pardonne pas, maculant mes mollets de petites taches noires quasi impossibles à effacer.

Comme la gabardine jaune résiste fort bien au temps, à l'usure et aux lavages, je suis aussitôt allée chercher d'autres coloris sur Ma Petite Mercerie et j'ai constaté avec surprise qu'il n'y avait presque plus rien en stock, ou des métrages ridicules (20 ou 30 cm. À ce moment-là, ils étaient en liquidation, mais ils ont été repris et les stocks reviennent peu à peu, j'en suis ravie). Déçue de ne pas trouver tous les coloris souhaités, je me suis contentée d'un bordeaux et d'un gris taupe.

J'ai repris mon patron fétiche, Douce de Lamaricana, pourquoi changer une équipe qui gagne ? Bien évidemment, une fois les tissus lavés, j'ai été prise dans le marathon des coutures pour Noël, mais j'ai coupé les deux pantalons dès les premiers jours de janvier. Et puis j'ai traîné à m'y mettre. J'avais envisagé de coudre les deux en parallèle, mais il aurait fallu ré-enfiler la surjeteuse à chaque étape (déjà que mes filles m'ont fait changer de couleur bien trop fréquemment à mon goût), j'ai donc commencé par le bordeaux. 

Les étapes se sont enchaînées sans problème, à part le manque de temps qui a fait durer la chose, avec des séances de couture d'une petite demi-heure parfois, mais je suis venue à bout des poches, de la braguette sans difficulté. Ensuite… j'ai laissé les explications de côté puisque je n'en avais plus besoin. Ce qui est discutable lorsque je suis très fatiguée et que j'essaye d'aller un peu plus vite, parce que les températures remontent (mais qu'il pleut toujours) et qu'il me faut ce pantalon.

J'ai donc fermé les jambes sans surpiquer la couture d'entrejambe. La surpiqure des jambes fermées a été laborieuse. Et puis est venue l'erreur fatale.

Mes pantalons baillent un peu dans le creux du dos, malgré les modifications faites au patron. Je ne peux pas les porter sans ceinture, mais même avec je ne suis pas toujours à l'aise : trop serrée quand je suis assise, trop lâche quand je suis debout. J'avais donc décidé d'insérer un élastique dans le dos. Ce que j'ai oublié de faire pour mon pantalon bleu ciel et pour le rose.

En posant les passants, j'avais bien en tête de broder une boutonnière à l'intérieur de la ceinture, mais évidemment, j'ai cousu la ceinture, je l'ai surpiquée, puis attaché les passants avant de m'apercevoir qu'il manquait l'élastique. “Oh, je vais découdre 15 cm dans le dos et broder la boutonnière sur place”, me suis-je dit. Ce que j'ai fait. Six fois. En décousant le ratage les cinq premières fois. Et j'ai également loupé la première boutonnière de braguette pour faire bonne mesure.

Il n'empêche que j'étais toute contente d'enfiler mon pantalon tout neuf et ma jolie blouse presque toute neuve pour aller dîner chez un collègue le soir-même.

Je n'ai pas attendu pour enchaîner sur la couture du gris taupe (tant que les bêtises étaient encore fraîches dans ma mémoire) et 9 jours plus tard, le deuxième est cousu.

J'ai déplacé les passants pour mieux les répartir et éviter le pantalon qui "pend" sous la ceinture : j'ai rapproché ceux du devant, placé les intermédiaires juste sur les côtés et remplacé celui du milieu dos par deux passants. 

Et comme toujours, j'ai de jolies poches fleuries, mais je suis seule à le savoir.

 

2 mars 2026

Le réveil de février

Ce mois de février a été arrosé ! Nous avons la chance de ne pas craindre l'inondation et je plains de tout cœur ceux qui ont tout perdu, c'était déjà bien déprimant de passer les journées à l'intérieur, lumières allumées, et encore avons-nous eu quelques journées ensoleillés qui ont coïncidé avec des sorties prévues. Alors que nous en avions plus qu'assez d'avoir froid et d'être mouillés, un petit avant-goût de printemps est venu à point nommé nous redonner de l'énergie. Côté santé, je me suis décidée à suivre le régime draconien indiqué par mon médecin, afin de voir si mon taux de cholestérol (un peu élevé, mais il reste le même depuis plus de 20 ans) pourrait redevenir normal en changeant mon alimentation. Comme celle-ci est déjà plutôt équilibrée, j'en suis réduite à me priver de fromage, d'œufs et de laitages autres que 0% et c'est rude. Quant à augmenter mon activité physique, il faudrait que j'arrête de travailler ou de dormir; ce qui est exclu. Je reste persuadée que mon sommeil de mauvaise qualité est l'un des facteurs de trouble, ainsi que l'absence de thyroïde et mon inquiétude chronique. Enfin, je profite à fond de la présence d'Aurore, qui nous régale de bons petits plats, tout à fait healthy, comme cette quiche aux carottes, oignons rouges et noisettes à la crème d'avoine (et pâte brisée à l'huile d'olive).

1/ Un dimanche parfait, ce n'est pas compliqué : un peu d'ordinateur, le temps de publier mes photos du dimanche et d'attendre la fin des averses, une petite course à pied sous les quelques gouttes résiduelles, un déjeuner délicieux, une sieste/lecture alors que la pluie reprend, deux gaufres cuites à point, deux heures de couture sans anicroche, une soupe et un épisode de série.
2/ Marie nous rejoint pour une soirée crêpes (compote de pommes/caramel beurre salé, quel délice ! )
3/ J'allais passer ce scanner sereinement, sans aucune inquiétude quant à ce qui pouvait être découvert (c'est inhabituel chez moi), je redoutais seulement les retards fréquents de ce centre médical (Marie y a passé 2h30 la dernière fois) : 20 minutes plus tard, je suis sortie, il n'y a rien de rien, et je peux me préparer tranquillement pour notre soirée théâtrale.

4/ Avec Aurore, nous passons déposer tout le linge de maison propre dans son ancien studio, puis faisons un petit tour au marché St Pierre avant de revenir jusqu'à Montparnasse à pied, avec pique-nique dans le jardin du Palais-Royal, tant le soleil nous fait du bien (à peine un petit vent frisquet nous rappelle-t-il que nous sommes début février).
5/ Après cette petite parenthèse de beau temps, c'est le retour de la pluie mais je réussis à passer entre les gouttes pour aller courir (hélas dans la boue) et faire les courses à vélo.

6/ Aurore me fait passer un examen blanc de code : 6 fautes, je ne suis pas si rouillée (depuis ma mise à jour avec Paul, de nouvelles rubriques sont apparues, dont j'ignore tout).
7/ Les crocus ont pointé le nez dans le jardin (et les poules ne s'y attaquent pas, contrairement à Bertille et Alphonsine qui les décapitaient à coups de bec).

8/ Encore un dimanche tranquille, avec course au soleil (avant le retour de la pluie), poulet rôti savoureux et après-midi couture.
9/ Un deuxième livre terminé pour de bon part chez son éditeur, il ne reste qu'un détail à régler pour le troisième, l'année 2025 aura été productive.

10/ Dans le bois voisin, le débardage se font avec des chevaux de trait : c'est probablement parce que la surface reste modeste, mais quel confort par rapport aux gros engins de l'ONF qui creusent de profondes ornières dans les chemins et abîment les arbres encore debout.
11/ Alors que la semaine entière est pluvieuse, le soleil fait son apparition entre 13h et 17h, juste assez pour emmener Colette, Françoise, Roland, Odette, Ginette, Yvette, Suzanne et Josette en balades (c'était la journée des "ette").

12/ Faute de pouvoir mettre une chaussure dehors, Aurore m'organise une séance de gym en intérieur (aïe les abdos !)

13/ Retirer mes vêtements trempés pour enfiler un jogging tout doux et des chaussettes sèches, puis me préparer un thé à la châtaigne : un petit bonheur tout simple des jours de pluie.
14/ Nous retrouvons une partie de l'équipe d'animation paroissiale pour une visite de Notre-Dame de Paris, suivie des vêpres et de la messe (et retour rapide en train, avant un dîner festif préparé par nos filles).

15/ Impossible de sortir aujourd'hui, ça tombe bien : nous avons invité des amis à déjeuner (le parmentier de confit de canard est tout indiqué par ce froid mouillé).
16/ Je me réjouis tous les jours d'avoir acheté, l'hiver dernier, deux paires de chaussettes en laine et cachemire.
17/ On fête mardi gras ? Non, plutôt le nouvel-an chinois, avec des raviolis maison (poulet au gingembre et légumes, délicieux).

18/ Pour la messe des Cendres (c'est de plus en plus difficile pour moi de chanter de si bonne heure), nous sommes accompagnés par la fille d'une amie et sommes très contents de la revoir, en plus de profiter de son talent de musicienne.
19/ Seule ce soir, je m'offre un premier diner printanier, avec l'un de mes assiettes préférées : germes de soja, fenouil, avocat et truite fumée.
20/ C'est notre rendez-vous mensuel de Taizé, au temple, un temps calme qui fait du bien.

21/ Pour profiter à fond du soleil, je vais acheter un bouton pour mon nouveau pantalon enfin terminé, puis fais un bon tour de forêt.
22/ Notre dîner entre collègues était bien sympathique, mais s'est achevé (bien plus tôt que prévu) sur une grosse frayeur, heureusement sans gravité, avec appel des pompiers et visite aux urgences pour Guillaume (et les pompiers qui me conseillent de rester tranquillement finir la soirée avec mes amis, parce que ça risque de durer à l'hôpital… je suis restée boire une tisane le temps d'arrêter de trembler).

23/ Après ces émotions (je suis encore sous le choc), j'ai oublié que j'allais à la médecine du travail, je n'ai ni lunettes, ni carnet de santé. Mais cette petite heure de marche dans Paris au soleil m'a fait du bien (et j'ai réclamé un audiogramme, qui est bien moins catastrophique je je le croyais).
24/ Mes tests de calissons (aux noisettes et aux noix) ont fait l'unanimité auprès des collègues.

25/ Le camélia qui avait fait la grève des fleurs l'hiver dernier est en boutons, j'ai hâte !
26/ Nous avons presque déjeuné dehors ce midi (devant la porte-fenêtre ouverte en grand), ce petit avant-goût de printemps est bien agréable.

27/ Aurore a révisé le code avec autant d'application que ses concours, hier je l'entendais réciter les articles à voix haute, le verdict était donc attendu : validé, avec une seule faute (une histoire de siège auto dans une voiture 3 portes, ou de délit de fuite, elle avait eu des doutes sur ces deux questions pas très bien formulées).

28/ Une petite matinée de formation aux nouveaux triporteurs, les Hollandais s'ajoutent aux Danois, avec en prime un nouveau modèle à plateau pour fauteuil roulant. Consignes, manipulations, manœuvres (dont le franchissement d'un portail avec moins de 2 cm de marge de chaque côté) et petite balade, assise dans le fauteuils ou sur la banquette. C'était fort sympathique mais que j'ai eu froid ! Le soleil était trompeur.

 

 

Publicité
1 mars 2026

52/2026 = distorsion

Ce dimanche, Anne me pose une colle : la distorsion, je sais ce que c'est, et l'une de mes multiples tâches au travail est justement de corriger, grâce à mon logiciel de retouche d'images, les pages courbées par la reliure.

La principale cause de distorsion de photo est l'usage du grand angle, or mon petit appareil compact n'en dispose pas. Quant aux photos en très gros plan, je ne maîtrise pas les réglages nécessaires pour obtenir un résultat à peu près net.
Il me restait donc la technique du verre d'eau… après des dizaines de photos floues et ratées, j'ai posé ma tasse sur un tissu à pois.

J'ai tenté la loupe, mais ça ne déforme rien du tout

Finalement, j'ai fait appel à un joker, à savoir les téléphones de mes filles : 

 

28 février 2026

50 nuances de littérature #2

Après le tour du monde (qui n'est peut-être par terminé…), j'entreprends de visiter, par mes lectures, chacun des États-Unis d'Amérique. En  février, j'ai lu ou écouté 6 livres et visité 4 états, ce qui porte le total à 8.
Petite nouveauté dans cette rubrique : en cousant (et parfois en travaillant, lorsque mes tâches sont particulièrement répétitives), j'écoute souvent des livres audio, offerts par ma médiathèque. 

Arkansas
John Grisham, La chance d'une vie.

À 17 ans, le jeune Samuel, citoyen du Soudan du Sud est un fan de basket. Dans son petit village, malgré le manque d'infrastructures, il s'entraîne sans relâche. Lors du passage d'un recruteur, se voit offrir la chance de sa vie : un voyage aux États-Unis pour jouer dans un tournoi de basket-ball, l’opportunité d’être repéré par un entraîneur recruteurs universitaire. Mais pendant la compétition, Samuel reçoit d’e­ffroyables nouvelles de son pays : son village a été attaqué, sa famille a disparu. Le jeune garçon est alors partagé entre le désir de vivre son rêve et l'envie de rentrer dans son pays pour retrouver ses proches. Lorsqu'il se voit proposer d'entrer dans l'équipe de Durham, il réalise que le meilleur moyen d'aider sa mère et ses frères, réfugiés dans un camp en Ouganda, est de devenir basketteur professionnel, américain et riche. Et l'opportunité se présente à lui bien plus tôt qu'il ne le pensait, peut-être trop tôt, en raison de son immaturité de sa trop grande naïveté.

Je ne connaissais rien de cet auteur, plutôt spécialiste des affaires judiciaires, et rien non plus au basket. Je craignais de m'ennuyer lors des longues descriptions de matches (j'avoue les avoir survolées et ne pas avoir remarqué les nombreuses bourdes de la traductrice, que j'aurais été bien en peine d'identifier) mais l'histoire est prenante, alternant entre les États-Unis et la survie dans le camp ougandais. Les personnages sont peut-être un peu caricaturaux : tout le monde est gentil (je m'attendais à tout moment à un coup bas de l'un ou l'autre, mais non… même l'agent de Samuel est honnête), ce qui rend d'autant plus inattendu le revirement vers la fin du roman.

« Samuel se frotta les yeux et glissa l’enveloppe dans la poche avant unique de son pantalon. Il observa les visages de ses amis et de ses voisins et murmura : 
— Merci. Merci. — On va rater le bus, grommela son cousin. Il s’assit derrière le volant, claqua la portière, et démarra. Ayak s’avança et étreignit Samuel.
— Rends-nous fiers, dit-il. — Promis.
Samuel s’assit sur le coussin, laissant ses longues jambes prendre au-dessus du chemin de terre. Il fit un signe de main à Béatrice, à ses frères et à sa soeur, et salua une dernière fois son père tandis que le pick-up s’éloignait. Rempli de fierté, Ayak resta un long moment à lui dire au revoir de la main. Samuel lui rendit son salut et sécha ses larmes. C’était la dernière fois qu’il voyait son père. »

« Les journées se déroulaient toutes de la même manière. Rien n’enrayait la routine, rien ne modifiait un emploi du temps qui n’existait pas. Pour les réfugiés et les blessés de guerre, se réveiller dans un lieu sûr avec la promesse d’avoir de l’eau et de la nourriture était un don du ciel. »

« — 28 pour cent. Ce n’est pas terrible. Qu’est-ce que tu penses de notre équipe, Sooley, après cinq matchs ? On a toujours une autre perspective depuis le banc et j’aimerais avoir ton avis. Sooley sourit, fit plusieurs dribbles, et lança : — On est bons, coach. C’est juste trop tôt. »

John Grisham, Les oubliés. (livre audio)

Cullen Post, avocat et ancien pasteur de l’Église épiscopale, travaille pour Les Anges gardiens, une fondation qui se consacre aux erreurs judiciaires. Parmi leurs « clients », la plupart sont dans le couloir de la mort et entreprendre de les innocenter s’apparente à une course contre la montre. Des enquêtes bâclées (ou pires trafiquées), des experts charlatans, des vengeances d'ex-femmes qui témoignent en défaveur de l'homme qui avait partagé leur vie, des détenus qui mentent pour sortir de prison plus vite, des jugements hâtifs parce que le suspect est Noir, parce qu'il est pauvre, parce qu'il était là – ou pas – au mauvais moment… à désespérer du système judiciaire américain (et on peut penser que la situation ne fait qu’empirer, malgré les progrès de la science). 
Il faut parfois s’accrocher : les personnages sont nombreux et les enquêtes se mélangent, mais on se réjouit lorsque l’une d’elles aboutit à un jugement disculpant l’ancien condamné.

« Tous les avocats rêvent de connaitre ce genre de dénouement, mais la sensation est aigre-douce. D’un côté il y a la satisfaction, immense, d'avoir sauvé un innocent. De l’autre, il y a la colère, la rancoeur contre un système qui est capable de commettre de telles erreurs – des erreurs qui, pour la plupart, auraient pu être évitées. Pourquoi devrions-nous nous réjouir qu’un homme innocent puisse sortir de prison ? »
« Je me dis toujours que je dormirai plus tard, comme si une longue hibernation m’attendait au bout du chemin. En vérité, je fais des petits sommes, mais dors peu, et ce n’est pas près de changer. Je porte mon fardeau sur les épaules : le sort de personnes innocentes moisissant en prison, tandis que les vrais criminels – des violeurs, des assassins – se promènent dans les rues en totale liberté. »

New Jersey
Paul Auster, Le diable par la queue, suivi de Pourquoi écrire ?

Je ne me souviens pas d'avoir déjà lu Paul Auster, je répare donc ce manque important dans ma culture littéraire.
Avant de connaître la consécration, Paul Auster a tiré le diable par la queue. De ses tentatives pour rompre la difficulté, et des mésaventures qui y sont liées, il fait ici le récit dans une allègre chronique des années de galère. Une chronique qui va des querelles budgétaires, responsables de la séparation de ses parents, à la parution de son premier livre. Mais, en vérité, c’est son rapport à l’argent, au travail et à la création qu’il met en évidence dans ce récit (et les mauvais choix qu'il fait, presque toujours, comme un acharnement à l'échec. Dans Pourquoi écrire ?, Paul Auster relate quelques anecdotes qui, sans en avoir l’air, ont décidé de sa vocation d’écrivain.

« Aux environs de la trentaine, je suis passé par une période de plusieurs années pendant laquelle tout ce que je touchais allait à l’échec. Mon mariage s’achevait en divorce, mon travail d’écrivain s’enlisait et j’étais accablé de problèmes d’argent. Je ne parle pas simplement de pénurie occasionnelle, ni de l’éventuelle obligation de me serrer quelque temps la ceinture, mais d’un manque d’argent constant, écrasant, quasi suffocant, qui m’empoisonnait l’âme et me maintenait dans un état de panique sans bornes.
Nul autre que moi-même n’en était responsable. Mon rapport à l’argent avait toujours été faux, ambigu, plein d’élans contradictoires, et je payais le prix de mon refus d’adopter une position claire en la matière. »

Paul Auster, Baumgartner.

C'est le dernier roman de Paul Auster. Sy Baumgartner, professeur de philosophie à Princeton, veuf solitaire de soixante-dix ans, entame un voyage dans le grand palais de la mémoire. Ses pensées lentement partent à la dérive “vers le passé, le passé distant que l’on distingue à peine, vacillant à l’extrémité la plus lointaine de la mémoire, et par fragments lilliputiens, tout lui revient”. Se déploient, en spirales de souvenirs et de réminiscences, sa jeunesse à Newark, la vie de son père, révolutionnaire fantôme d’origine polonaise, sa rencontre foudroyante, à vingt et un ans, avec Anna, poétesse en herbe, puis leur amour fou quarante années durant. Jusqu’à sa disparition, qui laisse Sy comme amputé de celle qu’il appelait sa moitié.
Le premier chapitre m'a tout de suite accrochée, tant je me suis vue dans cet homme descendu chercher un livre et happé par une série de péripéties qui lui prennent la journée. Mais le récit se fait aussi poignant, quoique toujours avec un certain humour. Une magnifique description de l'importance des souvenirs dans une vie.
«  Il n’est plus prisonnier d’un caveau sans fenêtre mais se trouve quelque part à la surface du sol, toujours coincé dans une pièce, peut-être, mais au moins celle-là a une fenêtre à barreaux en haut du mur extérieur, ce qui signifie que la lumière s’y répand pendant la journée, et s’il s’allonge sur le sol et place la tête selon le bon angle, il peut regarder les nuages en l’air et en étudier le cours dans le ciel. Tel est le pouvoir de l’imagination, se dit-il. Ou, tout simplement, le pouvoir des rêves. De la même façon qu’une personne peut être transformée par les événements imaginaires narrés dans une œuvre de fiction, Baumgartner a été transformé par l’histoire qu’il s’est racontée en rêve. Et si la pièce jadis sans fenêtre en a une à présent, qui sait si un jour ne viendra pas, dans un avenir proche, où les barreaux auront disparu et où il pourra enfin, en se traînant, sortir à l’air libre. »
« Vivre, c'est éprouver de la douleur, se dit-il, et vivre dans la peur de la douleur, c'est refuser de vivre. »

Alaska
David Vann, Komodo.

Sur l’invitation de son frère aîné Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint avec leur mère l’île de Komodo, en Indonésie. Pour elle, délaissée par son mari et épuisée par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse espérer des vacances paradisiaques : une semaine de plongée en compagnie de requins et de raies manta. C’est aussi l’occasion de renouer avec Roy, qui s’est éloigné de sa famille depuis son divorce. Mais, très vite, la tension monte et Tracy perd pied, submergée par les rancoeurs et les reproches. Dès lors, un duel s’engage entre eux, et chaque nouvelle immersion dans un monde sous-marin fascinant entraîne une descente de plus en plus violente à l’intérieur d’elle-même, jusqu’à atteindre un point de non-retour.

Dès le début, on le malaise est là : l'hôtel est minable, frère et sœur rivalisent pour l'attention de leur mère, les plongées sont mal encadrées, les règles de sécurité sont négligées… et Tracy est littéralement épuisée par son rôle de mère, avec un mari qui, au lieu de la soutenir, l'enfonce par son attitude. Elle reporte alors sa colère sur tout ceux qui l'entourent et frôle le drame à plusieurs reprises. Et on souffre avec elle (du moins tous les lecteurs qui savent vraiment ce qu'est la charge mentale et les injonctions de la société qui pèsent sur les mères).

« — Te dispute pas, mi amor. On parle plus tard. Salut.
Et il raccroche, bien plus facile pour lui que de discuter en face à face. Il préférerait m'avoir toujours à l'autre bout d'un téléphone. 
J'ai envie de balancer le mien par-dessus bord mais je n'aurais alors plus aucun moyen de les joindre. Je m'agenouille et contemple le sillage du bateau, l'eau qui vire au blanc en une épaisse ligne blanche derrière l'hélice, tant de violence qui se dissipe et disparaît, aucune trace apparente si on regarde assez loin en arrière. »

« Son œil jaune et rond comme une bille, la peau d’apparence douce, pareille à du velours. Ce qui me surprend, c’est que je n’éprouve aucune peur. Le premier requin que je vois sous l’eau, et il semble simplement beau et parfait. Cet œil qui défie le cerveau, qui nous ramène quatre cents millions d’années en arrière. Une machine à remonter le temps, sous la surface, ce à quoi ressemblait le monde d’avant. Une sensation si différente de mes plongées en Californie ou à Hawaï. Rien n’est blanc délavé ou gris, rien n’est brisé, l’eau est parfaitement cristalline et donne l’impression d’un monde ancien, avant l’arrivée des humains. Comme si je contemplais un écho. »

Ohio
Toni Morrison, Sula.

Dans les années 20, deux petits filles noires, la sage Nel et la rebelle Sula, se lient d'amitié. Quarante ans plus tard, elles s'affrontent, après avoir choisi des parcours de vie opposés. Ce roman est surtout celui de cette petite communauté, des noirs pauvres, relégués dans le quartier le plus défavorable de la ville, où les femmes doivent souvent affronter seules les difficultés de la vie. Comme souvent, Toni Morrison raconte des drames atroces sur un ton presque anodin.

« Aussi, quand elles se rencontrèrent, d’abord dans les couloirs chocolat et ensuite entre les cordes de la balançoire, ce fut avec l’aisance et l’agrément d’amies de longue date. Comme chacune avait compris depuis longtemps qu’elle n’était ni blanche ni mâle, que toute liberté et tout triomphe leur étaient interdits, elles avaient entrepris de créer autre chose qu’elles puissent devenir. Leur rencontre fut une chance, puisqu’elles purent se servir l’une de l’autre pour grandir. Issues de mères lointaines et de pères incompréhensibles (celui de Sula parce qu’il était mort ; celui de Nel parce qu’il ne l’était pas), chacune trouva dans les yeux de l’autre l’intimité qu’elle recherchait. »
« — Tu crois que je ne sais pas ce qu’est ta vie parce que je ne vis pas pareil ? Je sais ce que font toutes les femmes de couleur dans ce pays... Elles crèvent. Comme moi. La différence, c’est qu’elles crèvent comme des souches. Moi, je vais m’abattre comme un grand séquoia. J’ai vraiment vécu, sur cette terre. »

Alabama
Zelda Fitzgerald, Accordez-moi cette valse.

Mississipi
Richard Ford, Une saison ardente.

New York
Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney.

Pennsylvanie 
Helene Hanff, 84 Charing Cross Road.

22 février 2026

52/2026 : arbres

Ce dimanche, Anne nous propose un sujet facile à photographier : l'arbre. Habitant entre bois et forêt, je n'ai pas eu à chercher loin !

Je trouve que les arbres sont magnifiques en hiver, leur majesté ne se cache pas derrière leur feuillage.

… parfois un peu inquiétants aussi (un souvenir traumatisant de Blanche-Neige).

Au bord des étangs, beaucoup hésitent : je plonge ou je ne plonge pas ?

Une fois à l'eau, ils serviront de support aux cormorans

Plus près de la maison, il y a un arbre qui me contrarie, parce qu'il nous a privés en partie des beaux levers de soleil derrière le châtaignier

Nos voisins ont planté un eucalyptus, qui s'est beaucoup trop bien acclimaté

Il pousse de plusieurs mètres par an, devient effrayant quand il y a du vent, tant il se courbe en tous sens, et doit être élagué de moitié (à grands frais) tous les deux ans

 

 

 

 

 

 

15 février 2026

52/2026 : nature

Ce dimanche, Anne nous propose de nous intéresser à la nature, vaste sujet ! 
Notre ville de grande banlieue était encore, il y a 50 ans, un village, entouré de champs et de forêts. Paul Delouvrier a changé tout cela, prévoyant un doublement de la population métropolitaine avant la fin du XXe siècle et lançant un vaste programme de ville nouvelles. Heureusement, les objectifs ont été revus à la baisse et notre ville a conservé une bonne partie de ses espaces verts. Nous aurions dû être alertés par la toponymie du quartier (rue des sangliers, chemin des chevreuils), mais à notre arrivée en 2003, il n'y avait encore aucun signe ; depuis plus de dix ans, les animaux "sauvages" prolifèrent et se rapprochent de plus en plus des habitations. Cet hiver, un cap a été franchi avec l'arrivée des sangliers en pleine ville, dans la rue voisine de la nôtre :

Nos jardins sont clos, mais les plates-bandes devant les maisons sont menacées…

De plus, il ne se passe pas un mois sans que l'un d'eux soit percuté par un véhicule, puisqu'ils n'ont plus peur de traverser l'avenue à la tombée du jour (donc en pleine heure de pointe).

Nous les avons évités plusieurs fois, Paul a juste légèrement heurté un chevreuil, sans dommage apparent.

Dans la maison, ce sont d'autres hôtes indésirables qui ont essayé de s'installer : des souris (Marie les a entendues gratter, alors que le nid était tout juste amorcé dans le grenier. depuis nous avons autour de la maison des objets fort peu esthétiques :

Heureusement, la nature nous offre aussi de belles surprises, comme ce matin, alors qu'on en a plus que ras-le-bol de la pluie et de la boue (oui, il faut qu'il pleuve en hiver, mais pas 10 jours de suite, SVP).


 

8 février 2026

52/2026 : couleurs

Ce dimanche, chez Anne, place à la couleur ! Facile, me direz-vous… eh bien, j'ai eu plein d'idées mais trop tard pour les mettre en application.

S'il y a bien une activité où la couleur a son importance, c'est la couture. On peut se dire que coudre soi-même ses vêtements permet de s'affranchir de la mode. Oui et non : pour les coupes (ah, ces pantalons taille basse, ou les slims où l'on peut à peine passer le pied !) c'est à peu près le cas, mais pour les coloris, c'est de moins en moins vrai. Lorsqu'une gamme de couleurs a été choisie pour la saison, il est presque impossible de trouver un tissu hors de ce choix, et c'est agaçant au possible ! 
Il y a un certain nombre d'années que je me suis cousu des pyjamas, en achetant sur le même stand du Stoffenspektakel un jersey à motifs (pour le haut) et un uni coordonné (pour le bas). Les jerseys étaient déjà coupés et j'avais trouvé une astuce pour caser un haut à manches longues dans un mètre : couper les manches en deux parties en ajoutant des "coudières" unies.

Si mes bas de pyjama sont encore présentables, les hauts sont usés au point d'être translucides dans le dos (je dois me tourner et retourner la nuit). Ils ont tous lâché en même temps, alors qu'il ne sont pas tous aussi vieux : Les plumes (9 ans), les dauphins (8 ans), les nuits de Chine (12 ans).
Depuis plusieurs mois, je me balade donc avec de petites chutes des différents bleus dans mon sac, afin de trouver des jerseys assortis. En vain, le bleu n'est plus à la mode. Et le Stoffenspektakel ne vient plus en France.
En désespoir de cause, parce que j'avais reçu un code de réduction fort alléchant valable pour une journée, j'ai passé commande de quelques tissus qui pourraient faire l'affaire. Pour le premier, c'est "pas si pire"; je pourrai le porter avec mes deux bas turquoise.

Et pour le deuxième, ça passe aussi, mais j'ai trouvé encore mieux, puisque j'avais dans mes caisses un jersey un peu trop épais pour un tee-shirt, qui est parfait pour coudre un nouveau pantalon de pyjama.

J'ai pris aussi de quoi coudre deux tee-shirts, puisque j'ai le même problème d'usure généralisée. Voilà la jolie pile colorée que j'ai découpée hier après-midi. Y'a plus qu'à les coudre !

Et dans mon jardin tout boueux, j'ai trouvé un peu de couleur annonciatrice d'un prochain printemps.


 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>
attraper le temps qui file…
Publicité
Archives
Publicité