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attraper le temps qui file…

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9 novembre 2022

Couture pour homme : troubadours

J'ai déjà présenté les costumes des femmes, mais notre ensemble, en ce moment, est plutôt à majorité masculine, ce qui me permet de faire d'une pierre deux coups en participant au défi de Nabel « couture pour hommes »!
Le chef avait proposé d'acheter des tabarts mais le délai d'expédition était un peu juste et le choix de couleurs restreint, j'ai donc proposé que nous les cousions nous-mêmes. Pour la toile, je me suis basée sur le patron en taille XL d'une vareuse (que je n'ai d'ailleurs jamais cousue, c'est dommage). J'ai coupé tout droit au lieu de l'arrondi des emmanchures et, pour avoir deux couleurs, j'ai pris un vieux drap blanc et une taie d'oreiller bleu ciel délavé. C'était hideux, trop court, mais j'ai pu faire essayer ma toile à tous les musiciens (assez dubitatifs, mais ils m'ont fait confiance — d'un autre côté, ils n'avaient pas le choix), le 3 octobre. J'ai noté les modifications à faire : 20 cm plus long pour tous, +8 cm de large pour M., +4 cm pour E., -2 cm pour JP.

9 novembre - 9

Le 5, le chef m'a accompagnée pour acheter les tissus (après des dizaines de mails concernant les coloris, je préférais le laisser décider), je les ai lavés et séchés et il est venu l'après-midi coudre sa tenue. Nous avons passé une heure à apparier les couleurs (pas du tout celles évoquées au départ !), puis j'ai commencé à couper, pendant qu'il cousait. Comme le coton avait un peu rétréci, il m'a fallu jouer à Tétris et, parfois, décaler un peu les milieux, pour caser tous mes morceaux. Mais en plaçant les musiciens les plus corpulents à côté des plus minces, en jouant sur les différences de laizes également (le bordeaux et le orange étaient en 160), j'ai réusssi !

9 novembre - 6

C'est presque du zéro-déchet : il ne reste que les triangles des épaules et les arrondis d'encolures, sinon chaque métrage a été utilisé dans son entièreté.

9 novembre - 49 novembre - 7

Jeudi, vendredi, samedi, dès que j'ai eu un moment, j'ai coupé, surjeté les pièces et apparié les demi-devants et dos (décousu aussi, un peu, car j'ai parfois croisé par erreur les couleurs entre le devant et le dos). Le dimanche après-midi, nous étions 3 couturières (l'une a décliné car elle était cas-contact) et nous avons mis 3 heures pour assembler épaules et côtés, puis faire les ourlets des 7 tabarts (en enfilant à chaque fois nos machines avec les couleurs adéquates). La dernière heure a été consacrée aux surcots.

9 novembre - 29 novembre - 3

Le lundi, j'ai vérifié chaque pièce, cousu un ourlet oublié, coupé les fils (on le sait qu'ils n'ont pas payé leurs couturières !), puis j'ai fait la distribution à la fin de la répétition. Et je peux vous assurer que les yeux brillaient et que les sourires étaient rayonnants (et aucun ne s'est plaint des couleurs qu'on lui avait atttribués).

9 novembre - 59 novembre - 8

Et le samedi suivant, soir du bal du jumelage, 6 musiciens sur 7, qu'ils sont beaux ! 

9 novembre - 1

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6 novembre 2022

52/2022 : laideur

Aujourd'hui, Virginie nous a trouvé une phrase pas commode à illustrer : « La laideur est supérieure à la beauté car elle dure plus longtemps. » Serge Gainsbourg 

Mais la laideur n'est-elle pas subjective ? Certainement, sinon cette vache recouverte de sacs poubelle n'aurait pas été placée devant la boulangerie pour attirer les clients, avec un slogan tellement délicat !

6 novembre - 1

 

Et ce stand du salon CSF n'attirerait pas, d'année en année, de plus en plus d'acheteuses :

6 novembre - 2

5 novembre 2022

Coudre utile

Ce n'est pas ce que je préfère, mais parfois, ma machine à coudre me sert à résoudre de petits problèmes du quotidien.

Cet été, la cuisine a été envahie de mouches des fruits. Rien n'y faisait, ni le verre de vinaigre de cidre posé juste à côté des fruits (nous avons, localement, la seule espèce de mouches du vinaigre qui n'aiment pas le vinaigre), ni la fleur au pyrèthre, ni le papier tue-mouches (oui, je suis allée jusque-là ! Aucun moucheron ne s'y est collé, mais quelques mites en revanche… ce qui m'a permis de découvrir très vite la source du problème : des noix achetées en vrac). Finalement, je les ai capturées une à une contre la vitre ou les portes des placard à l'aide d'un verre, que je retournais ensuite contre le verre de vinaigre : long, très long, mais efficace. Et puis, bien sûr, les empêcher de pondre dans la coupe de fruits :

5 novembre - 85 novembre - 9

Il me reste de toutes petites chutes, juste de quoi faire la même chose pour le bol aux épluchures qui attendent d'aller au compost ou aux poules.

Et puis j'en ai eu assez de l'emballage plastique, de plus en plus abîmé, du pistolet à colle.

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Des chutes de coton d'ameublement (angles d'une nappe ronde), un morceau de mousse de renfort récupérée d'un sac à dos et deux pressions, j'ai fait au plus simple : une poche pour le pistolet, une pour les bâtons de colle.

5 novembre - 15 novembre - 2

5 novembre - 3

 

Ces vacances ont été mises à profit pour un grand rangement de la pièce qui sert de bureau, de couloir, de zone d'entreposage… j'ai attaqué le tas de linge à repasser qui grandissait (notamment 3 nappes datant de notre anniversaire de mariage), le micro-ondes rapporté par Alice est remonté au grenier et j'ai cherché où caser les couettes qui se multiplient (celle que Marie avait à Épinal, puis Aurore à l'internat), nos 2 couettes de rechange (oui nous avons une couette d'été, une d'hiver et une de mi-saison) et un édredon très chaud récupéré à Ste Adresse. J'ai racheté deux housses sous-vide, je les ai remplies, fermées et en rangeant la première j'ai entendu un "pschiiiit" : un pli du plastique s'était fendu en frôlant le bord du sommier. "Garantie 5 ans", qu'ils disaient ! J'ai rapporté ma housse au magasin, on me l'a échangée, mais par précaution, j'ai cousu deux housses de protection dans d'anciens rideaux. Et pour une fois, j'ai pensé à étiqueter le contenu.

5 novembre - 45 novembre - 5

Pour finir cette enthousiasmante série de coutures, j'ai réparé un jean d'Aurore troué sous les fesses. J'ai tenté cette technique, mais je me suis vite aperçue que toute la bobine (et ma patience) allait y passer. Le résultat est quand même très correct, non ?

5 novembre - 65 novembre - 7

Maintenant que j'ai la conscience tranquille, je vais aller coudre un projet un peu plus créatif et plaisant.

 

4 novembre 2022

C'est Byzance !

Marie avait acheté ce patron de robe (et blouse) de Maison Fauve sur le salon CSF l'an dernier, il était plus que temps de le tester ! 
J'ai d'abord voulu gagner du temps en zappant les plis : j'ai replié le bord patron de 8 cm vers le devant… et obtenu un décolleté si profond que la toile ne ressemblait à rien. 
Deuxième essai : puisque je dois en passer par l'étape des plis, autant essayer de faire une toile portable, avec un voile de coton. Entre-temps, j'ai téléchargé le patron du dos fermé, mais je vais quand même tester la version initiale.

Le pliage est minutieux et je n'arrive pas à obtenir des plis parfaitement réguliers, malgré mon tissu qui marque bien au fer et ne se déforme pas. Je me demande comment la créatrice a cousu sa robe en double gaze ! J'assemble les demi-dos et devants, encore une fois, il faut bien épingler et vérifier sans cesse qu'il n'y a pas de décalage. Et là, je constate que les parementures font 1 cm de moins que les bords des plis. Le décolleté devant me semble bien grand, je reprends un peu la couture du milieu et les épaules, cette fois la parementure convient.

2 novembre - 3

La couture des côtés me pose aussi problème, parce que je n'ai pas suivi les instructions : il faut d'abord ourler les emmanchures avant de fermer les côtés. Je découds quelques cm, je recommence.

Au final : le 42 est un peu grand, je pense que je pourrais couper la taille inférieure, et il me faut réduire le dos, trop blousant. De toutes façons, l'encolure dos est vraiment trop basse… peut-être puis-je couper deux devants, au niveau des plis ?

2 novembre - 12 novembre - 2

Oui, bon, il y en a qui ont un chat qui s'invite sur les photos, moi c'est une poule ! Elles ont le droit de sortir quand elles ont pondu leur œuf du jour.

Pour rendre ma toile portable, j'ai démonté la parementure du dos, repris la couture centrale d'un centimètre (ce qui a fait remonter l'échancrure de deux bons cm) et ça passe tout juste avec le soutien gorge. Vu la transparence du voile, pas question de ne rien mettre dessous ! J'aviserai l'été prochain.

4 novembre - 1

3 novembre 2022

Les questions du dimanche

Mes réponses au petit questionnaire du dimanche soir de Dr CaSo.

  • Sur une échelle de 1 (je peux même pas le voir en photo) à 10 (j’en mets dans tout et je le mange à la louche), comment aimez-vous le beurre ?

Je suis moitié bretonne, moitié normande, alors… 8 : pour les gâteaux, la pâte brisée, la béchamel, mais ma consommation reste modérée, puisque sur du pain, ce serait obligatoirement du beurre salé, mais depuis que je suis traitée pour hypertension, je réduis énormément le sel, les tartines de beurre sont désormais un plaisir rarissime.

3 novembre - 1

  • Pour vos vacances, aimez-vous plutôt aller à la mer, à la montagne, ou dans les musées ?

Tout ! Comme c'est difficile de cumuler les trois, on alterne entre la mer et la montagne l'été, et les musées, c'est tout l'année (habiter à 1/2h en train de Paris aide beaucoup)

  • Quel est votre fruit préféré ? Pourquoi ?

Un seul ? La figue en automne (mais comme Dr CaSo, j'en achète peu à cause de leur prix, je rêve d'avoir un figuier… nos voisins viennent d'en planter un près de la clôture, alors peut-être que mon rêve se réalisera), la clémentine en hiver, les fraises au printemps et le melon (et l'abricot) en été.

3 novembre - 2

•  Si vous étiez un chat, seriez-vous plutôt du genre “j’veux des gros câlins toute la journée,” ou plutôt “foutez-moi la paix les gens !” ?

Un peu des deux, je pense, selon le moment.

  • Laquelle de ces gourmandises cochonneries préférez-vous et pourquoi ? Les mars, les twix, les kitkat, ou les carambars ?

Les Carambars, je n'aime pas trop, les Mars sont trop sucrés, donc les Twix ou les Kitkat (je dois en acheter une fois par an).

Et la question d'Anne : 

  • L'automne, ça vous va, vous y trouvez votre compte, ou... ?

Il y a les plaisirs de la saison : le retour des courges, du raisin, des pommes et des poires, les températures qui baissent (après l'été que l'on a eu !), la beauté de la forêt. Mais aussi les déplaisirs : la fatigue qui commence à s'installer, la pluie, les jours qui raccourcissent et l'heure d'hiver. Disons que j'aime bien le début de l'automne, mais que je m'en lasse ! 

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2 novembre 2022

Le tour du monde en 80 livres #9

C'est un petit challenge lecture créé par Bidib. En octobre, j'ai lu 7 livres, exploré 6 nouveaux pays. Un roman m'a été conseillé en commentaire de mon bilan de septembre et je l'ai adoré, alors n'hésitez pas à me conseiller vos auteurs du monde entier ! 

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Avec l'Argentine et la Russie, ma carte se remplit bien ! 

Albanie

Ornela Vorpsi, Buvez du cacao Van Houten ! 

« J'ai découvert à seize ans dans les vers de Maïakovski un fait historique, une anecdote qui m'a marquée pour toujours. La société Van Houten, déjà réputée à l'époque pour l'excellence de son cacao (nous sommes en 1910), eut une idée macabre et géniale : acheter le dernier vœu d'un condamné à mort pour promouvoir sa sombre poudre. En guise de dernière volonté, l'homme face à la foule devait crier le slogan "Buvez du cacao Van Houten !". Sa famille recevrait en contrepartie une coquette somme d'argent la mettant pour quelque temps à l'abri du besoin. L'homme cria. Mon âme d'adolescente aussi. Bien des événements se sont produits depuis lors, mais la phrase "Buvez du cacao Van Houten !" demeure en moi comme une pierre dans les fondations d'une maison.
Un recueil de treize nouvelles, dont toutes traitent de la volonté d'un "ailleurs", d'un changerment de vie : Ida, très vieille dame, qui désire mourir, mais surtout, surtout, que l'on n'indique pas son âge dans son épitaphe ! Teuta qui rêve d'Italie, encore plus depuis qu'un garçon de passage lui a donné son adresse à Rome. Gazi qui veut devenir beau, fort, riche et qui, c'est sûr, sera admiré de tous lorsqu'il aura gagné l'Italie. Un thé onéreux dont on attend des merveilles. Un jeune homme qui décolore ses cheveux, encore et encore, sans atteindre la blondeur idéale. Ou celui qui rêve de sa voisine d'en face, avant d'être cruellement déçu.  

Argentine

Gabriela Cabezón Cámara, Pleines de grâce

« Je me sentais échouée et j'ai cru avoir survécu à un naufrage. Je sais maintenant que personne ne survit à un naufrage. Ceux qui coulent meurent et ceux qui s'en sortent vivent en se noyant. » 
Qüity, journaliste à Buenos Aires, rencontre Cléopatra, une travestie qui a renoncé à la prostitution à la suite d'apparitions de la Vierge et qui a entrepris de transformer son bidonville en communauté autonome, à grand coup de fleurs, de musique et grâce à un élevage de carpes. « On était d'accord, la vie avait un sens nouveau pour tous et on s’aimait dans cette nouveauté, dans cette joie qu'on vivait et qui était aussi sur le visage des autres, c'était une fête constante, vivre valait la peine, on était libres en ces jours de foules joyeuses ».
Mais le pouvoir établi, les mafieux, les spéculateurs voient d'un mauvais œil ce quartier qui leur échappe et, toute à sa dévotion, Cléo fait un peu trop parler d'elle.
« Celui qui a un paradis, qu'il l'entretienne et qu'il le cache : tant de visites, tant de photos, tant d'articles et tant de documentaires ont fini par nous projeter sur tant d'écrans  que notre façon d'être dans le monde de la villa a changé, nous qui avions toujours opté pour une prudente discrétion. »
Le récit des deux femmes a lieu après le drame, elle ont dû quitter le pays, se réfugier à Miami, où Cléo continue de prêcher et convertir et c'est sa célébrité qui leur a permis d'amasser une fortune considérable ; malgré tout, elles ne vivent pas tranquilles pour autant.


Autriche

Daniel Glattauer, Quand souffle le vent du nord. 

Un roman épistolaire qui m'a été recommandé en commentaire par Laurence, un grand merci ! 
Emmi envoie par erreur un mail à Leo. Il le lui signale, elle s'excuse, puis lui envoie ses vœux, toujours sans le vouloir, quelques mois plus tard. Ce malentendu est le début d'un échange, impersonnel et léger d'abord, puis beaucoup plus intime : dans la vraie vie, il faut faire des compromis, ne pas froisser son entourage, mais avec un inconnu, est-on libre d'écrire tout ce que l'on éprouve  Au fil du temps, les deux protagonistes se prennent à leur propre jeu et ne peuvent plus se passer l'un de l'autre, pourtant ils se fixent une limite : ne pas échanger leurs photos , ne pas se rencontrer, malgré la tentation qui devient de plus en plus forte.

« RE: Un unique rendez-vous ? Qu’en attendez-vous ?

3 minutes plus tard
RÉP: Connaissance. Soulagement. Détente. Clarté. Amitié. La solution d’une énigme surdimensionnée, écrite mais impossible à décrire. La fin des blocages. Un sentiment positif. Le meilleur remède contre le vent du nord. La digne fin d'une phase excitante de nos vies. Une réponse simple à des milliers de questions compliquées. Ou, comme vous l’avez dit vous-même « Au moins, une fin amusante. »

J'ai lu ce roman en quelques jours à peine et je découvre avec joie qu'il y a une suite ! J'espère qu'elle ne me décevra pas…


Estonie

Andrus Kivirähk, Les secrets. 

Dans la famille Jalakas, chacun a un secret : le petit Siim se réfugie régulièrement dans un monde merveilleux en passant sous la table, sa soeur aînée Sirli prend l'ascenseur pour retrouver ses amis les nuages-ballerines, leur mère devient une reine choyée en rentrant du travail et leur père se transforme en athlète. Mais parfois, les rêves prennent le pas sur la réalité, comme il arrive au concierge de l'immeuble, devenu homme-poisson : « Ce qui s'est passé avec moi, c'est que j'ai trop rêvé et que mon rêve ne veut plus me laisser. De toute ma vie, je n'ai rien fait d'autre que rêver. […] maintenant, il faut que je pase le plus clair de mon temps dans le local à balais, sous l'eau, car je respire mal à l'air libre, j'étouffe comme un poisson sur une poêle. » « Vous êtes toujours les bienvenus, mais ne venez pas trop souvent. D'abord, vous avez sûrement vos propres rêves et il ne faut les laisser à l'abandon sous aucun prétexte sinon ils deviendront des songes tristes. »
C'est un conte, un ouvrage pour la jeunesse (200 pages, quand même !) d'un auteur qui n'est pas catalogué comme tel, d'où l'erreur de classement de ma médiathèque qui l'a placé au rayon adultes. Mais j'ai trouvé cette lecture très plaisante et nullement infantilisante.


France

Delphine Horvilleur, Vivre avec nos morts. Petit traité de consolation. 

Être rabbin, c'est vivre avec la mort : celle des autres, celle des siens. Beaucoup de personnes ayant abandonné toute pratique religieuse la retrouvent en ces moments : « Nous ne sommes pas religieux, mais elle aurait voulu un kaddish ». Delphine Horvilleur est confrontée aux mêmes questions que les personnes qu'elles rencontre : « Moi, rabbin, je suis forcée d'admettre que ma tradition n'offre pas ce trésor de réponses eschatologiques dans lequel je pourrais puiser. Le judaïsme d'aporte pas de réponse ferme sur l'après-vie à ceux qui s'en inquiètent ». Et pourtant, elle doit parler à ceux qui restent, pour qu'il « fassent la paix avec leurs fantômes ». Elle accompagne aussi ceux qui vont mourir et passent par cinq phases : « Déni, Colère, Négociation, Dépression et Acceptation. Pour le dire autrement, la plupart des mourants diraient tour à tour et dans cet ordre : “Il doit y avoir une erreur”, “C'est tellement injuste”, "Laissez-moi vivre jusque tel ou tel événement”, “À quoi bon ?” et “Je suis enfin prêt”. »
Mais ce petit traité est plein d'humour, à l'image de ces moments que l'auteure passe avec son amie aux derniers jours de sa vie : « À bien y réfléchir, même les rires les plus puérils étaient des moments religieux, c'est-à-dire des moments qui relient, dans une puissante liturgie qui ne parle que d'éternité 
» ou, après l'enterrement d'Elsa Cayat, où la sœur de la défunte l'a présentée ainsi aux intimes et journalistes de Charlie Hebdo : « Je vous présente Delphine, notre rabbin. Mais ne vous inquiétez pas, c'est un rabbin laïc ! », le rire qui prends encore une fois le dessus sur la peur de la mort : « En sortant du cimetière, le 15 janvier 2125, j'ai croisé le dessinateur Jul, qui avait fait partie de la rédaction de Charlie. Il m'a attrapée par le bras et, dans un clin d'œil, a murmuré à mon oreille “Si jamais les attentats continuent, je veux bien vous réserver pour mon enterrement, ça fera plaisir très à ma mère. que ce soit vous.” »


Israël

Amos Oz, Vie et mort en quatre rimes

Un grand écrivain participe à une énième soirée en son honneur : présentation de son œuvre par un critique littéraire, lecture de quelques extraits, questions du public. Il laisse son esprit divaguer, même pendant qu'il parle, et invente une vie à chaque personne qu'il remarque dans le public. Mais peu à peu, ces inventions prennent toute la place dans son esprit, au point qu'il ne sait plus faire la différence entre ses désirs, son imagination et la réalité. Et le lecteur se perd avec lui, au cours de cette nuit, dans toutes ses suppositions. Le portrait de tous les personnages, qui clôt le livre, est d'une drôlerie irrisistible.

 

Russie

Léon Tolstoï, La sonate à Kreutzer. Le bonheur conjugal. Le diable.

Non, je ne triche pas, pour la Russie, en choisissant trois nouvelles de Tolstoï plutôt qu'un bon gros roman russe. J'ai lu dans le passé Guerre et paix, Anna Karénine, tout Dostoïevski, et, pendant le premier confinement, Une saga moscovite de Vassili Axionov. À chaque fois, je me perds dans les noms, prénoms , patronymes, surmons et titres des multiples personnages, au point parfois d'en établir la liste sur une fiche bristol qui me sert de marque-pages.
Mais dernièrement, j'écoutais « Le voyage à Sakalin »,  excellent podcast de France culture (Le Feuilleton remplace un peu mon regretté Ça ne peut pas faire de mal) et Tostoï y parle à deux reprises de ce titre. J'ai d'abord cru qu'il parlait de la Sonate de Beethoven, mais ça ne collait pas, j'ai compris que c'était l'un de ses écrits. Et j'avais besoin d'un petit livre de poche pour le train.
Ces trois courts romans (ou nouvelles ?) révèlent les convictions de Tolstoï sur l'amour et le mariage, et elles ne sont guère optimistes : le mariage ne peut être heureux, la passion ne dure que quelques semaines, après lesquelles les époux doivent obligatoirement se haïr, ou du moins se lasser l'un de l'autre. Le premier roman, Le bonheur congugal, a toutefois une fin heureuse, les deux époux se consacrant à leur rôle de parents. Mais plus tard, les déboires conjugaux de Tolstoï déteignent sur son œuvre, et les deux autres couples, rongés par la jalousie ou la culpabilité, ne peuvent survivre à leurs tourments.
Ce roman a fait scandale, à tel point que Sophie Tolstoï a jugé bon de se justifier, dans À qui la faute ? Réponse à Léon Tolstoï. Sa Sonate à Kreutzer… ou comment laver son linge sale en public ! 

 

 

 

Afrique

Algérie :
Kamel Daoud, La préface du nègre : le Minotaure 504 et autres nouvelles

Burkina Faso :
Roukiata Ouédraogo, Du miel sous les galettes.

Ghana :
Yaa Gyasi, No home.

Maroc : 
Mohamed Leftah, L'enfant de marbre

Nigeria : 
Chigozie Obioma, Les pêcheurs

Rwanda :
Gaël Faye, Petit pays.
Scholastique Mukasonga, L'iguifou, nouvelles rwandaises. 
Beata Umubyeyi Mairesse, Tous tes enfants dispersés.  

Sénégal:
Birago Diop, Les contes d'Amadou Koumba
Fatou Diome, Celles qui attendent

Togo : 
Kossi Ejoui, L'ombre des choses à venir.

 

Amérique

Brésil :
Paulo Coelho, L'Alchimiste.

Canada :
Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon (prix Goncourt 2019).
Nancy Huston, Le club des miracles relatifs.

Chili : 
Luis Sepúlveda, Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler et Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis.

Colombie :  
Gabriel Garciá Márquez, La Mala Hora.

États-unis :  
Jack London, Martin Eden
Harper Lee, Va et poste une sentinelle.

Mexique :
Laura Esquivel, Chocolat amer. 
Carlos Fuentes, Une certaine parenté

Pérou :
Mario Vargas Llosa,  La Tante Julia et le scribouillard.

 

Asie

Afghanistan
Spôjmaï Zariâb, La plaine de Caïn.

Cambodge :
Tian, L'année du lièvre (BD) : 1. Au revoir Phnom Penh. 2. Ne vous inquiétez pas. 3. Un nouveau départ.

Chine :
Qiu Xiaolong, La danseuse de Mao.

Inde :
Rohinton Mistry, L'équilibre du monde.

Iran :
Fariba Vafi, Un secret de rue

Japon :
Haruki Murakami, Le passage de la nuit. 
Durian Sukegawa, Les délices de Tokyo.

Sri Lanka :
Antonythasan Jesuthasan, Friday et friday.

Thaïlande
Rattawut Lapcharoensap, Café Lovely.

Vietnam :
Kim Thúy, Man. 

 

Europe

Allemagne :
Eduard von Keyserling, Altesses.
Marlen Haushoffer, Le mur invisible.

Belgique :
Amélie Nothomb, Antéchrista.
Michel Van Zeveren, Le plat du loup plat.
Nadine Monfils, Les folles enquêtes de Magritte et Georgette. 1. Nom d'une pipe !

Danemark
Jens Christian Grøndahl, Quelle n'est pas ma joie

Espagne :
Carlos Ruiz Zafón, Marina

Finlande
Sofi Oksanen, Baby Jane.
Arto Paasilinna, La douce empoisonneuse.

France :
Maurice Leblanc, Arsène Lupin
Riad Satouff, Le jeune acteur
Loïc Clément, d'après Marie-Aude Murail, illustrations Anne Montel, Miss Charity t. 1, L'enfance de l'art
Romain Gary (Émile Ajar), La vie devant soi et Les racines du ciel)

Hongrie :
Magda Szabó, La porte et Abigaël.

Irlande
Maggie O'Farell, Assez de bleu dans le ciel

Islande :
Audur Ava Olafsdottir, Miss Islande

Italie :
Alessandro Baricco, Novecento : pianiste. Un monologue.

Norvège
Gunnar Staalesen, Le loup dans la bergerie

Pays-Bas
Toine Heijmans, En mer

République Tchèque :
Kafka, Le procès et La métamorphose

Royaume-uni :
Edward Morgan Forster, Avec vue sur l'Arno
Mhairi McFarlane, Et ne t'avise pas de m'embrasser.

Suède :
Camilla Läckberg, Femmes sans merci. 
Katarina Mazetti, Le mec de la tombe d'à côté

Jonas Jonasson, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.
Vilhelm Moberg, La saga des émigrants (7 tomes)
Stieg Larsson puis David Lagercrantz, Millenium (6 tomes) 

Suisse :
Joël Dicker, L’Affaire Alaska Sanders. 

Ukraine :
Andreï Kourkov, Le jardinier d'Otchakov.

 

Océanie

Australie :
Joan Lindsay, Pique-nique à Hanging Rock

Nouvelle Zélande :
Eleanor Catton, La répétition.

1 novembre 2022

De jolies images d'octobre

Fin septembre, nous avions cru passer en automne mais l'été n'avait pas dit son dernier mot, ces derniers jours c'en était même inquiétant : plus de 20°C l'après-midi ! Mais je dois avouer que ne pas avoir à se couvrir, ne pas allumer encore le chauffage, c'est bien agréable. J'ai passé plus de temps que je ne l'aurais voulu en intérieur, avec ces costumes à coudre et voilà déjà l'heure d'hiver et la fin des petites balades impromptues en rentrant du travail. J'essaye au maximum de profiter de cette petite semaine de vacances pour me reposer et prendre un peu d'avance sur les tâches à venir, je sens que je n'ai plus l'énergie de ma jeunesse ! 

1er novembre - 4

1/ Un petit bal sans prétention, pas beaucoup de danseurs mais une belle énergie. Et la satisfaction d'avoir co-voituré efficacement : nous étions 5 musiciens + une voisine venue danser, vive la voiture modulable en 7 places ! 
2/ Vendredi soir, j'avais le cœur serré de déposer Aurore, après le théâtre, sur le lieu de son WE scout : il faisait froid, il pleuvait, la météo anoncée était bien mauvaise. Je me suis réjouie sans cesse durant ces deux jours des températures radoucies, de l'absence de pluie et des petites apparitions du soleil. Le WE s'est achevé à 14h, le déluge est tombé à 14h30, un miracle ?
3/ Mes prototypes de tabard et de surcot conviennent à peu près à tous les musiciens, reste à ajuster un peu pour certains mais je n'aurai pas à tracer 10 patrons.
4/ Ce midi, l'été semble presque revenu, c'est d'ailleurs l'avis de nos poules qui recommencent à pondre quotidiennement (elles étaient passées en mode "repos hivernal")

1er novembre - 7

5/ Début d'un nouveau marathon couture, l'assortiment des couleurs a été ardu mais ça devrait rendre vraiment bien.
6/ Une tâche inhabituelle ce matin, de la cartographie, je me suis plutôt amusée malgré le délai qui était serré.
7/ Le coup de fil de Paul, remonté du bloc, qui a finalement accepté de passer la nuit à l'hôpital, nous en sommes soulagés.
8/ Il est rentré chez lui et tout va aussi bien que possible.
9/ Un atelier couture intensif, mais bien sympathique.
10/ Les musiciens reçoivent leurs hauts colorés avec joie, on dirait des enfants le jour de Noël ! 
11/ Les premières clémentines achetées sur le marché, comme un adieu à l'été…
12/ Un petit tour à Paris pour acheter des rubans, puis un jupon cousu en un après-midi.
13/ Essai culinaire pour contourner la difficulté de préparation des falafels : adopté !
14/ Les costumes sont terminés, ma présentation bouclée, les documents imprimés… j'arrive au bout de deux semaines surchargées, ouf.
15/ La journée la plus longue du trimestre : 8h45, départ en vélo, 9h-16h55, assemblée territoriale scoute, 17h10 bref passage à la maison, 17h15 balances, 18h30 habillage, 18h40 aubade musicale, 20h repas, 21h30 bal du jumelage, 0h30, repos !

1er novembre - 5   1er novembre - 8

16/ Et je remets ça avec une intervention sur la formation des chefs débutants, puis un peu de couture avec Marie après l'indispensable sieste.
17/ Seulement 30 min de répétition, puis deux anniversaires fêtés (dont celui de la meilleure pâtissière), ça fait du bien de se relâcher de temps en temps.
18/ Le chauffage est allumé au bureau, youpi !
19/ Du temps pour mettre à jour le blog, m'occuper du jardin et des poules, aller à la médiathèque et… me reposer.
20/ Je passe à vélo devant l'aire de jeux, un enfant me lance « Madame, il est trop génial votre vélo ! » : j'avais mon caddie, c'est la troisième fois en un mois qu'on me félicite. Le parc à vélos de la gare est de nouveau archi-plein le matin, les pratiques seraient-elles en train de changer ?
21/ Petite soirée improvisée avec Paul (celui d'Aurore).
22/ Une belle journée d'été indien, des trains à l'heure pour aller passer un après-midi chez les EEUdF avec l'équipe de la Lumière de Bethléem.
23/ Je suis écrasée de fatigue, à cause de mon sommeil en pointillés, mais je vais faire une bonne marche avec Marie, que je termine par 10 min de course et je réalise la toile d'un nouveau patron (ratée, la toile, mais ça m'apprendra à vouloir sauter des étapes). Le soleil et la chaleur sont vraiment agréables (on profite : demain, l'été indien est terminé).
24/ Le soleil est toujours là, Marie est rentrée de bonne heure, nous retournons marcher en forêt, tant que c'est possible (avant le passage à l'heure d'hiver !)
25/ Un coup de baguette magique (enfin, une discussion informelle qui permet de corriger une erreur dans un mail — 1400 signes ou 1400 mots, ce n'est pas pareil) et le livre en cours atteint le nombre de pages idéal. On-ne-touche-plus-à-rien !
26/ Seule à la maison, je commence ma toile, je ramasse des feuilles, taille la lavande, rentre les derniers meubles de jardin, cuisine… sans aucune contrainte horaire.
27/ Aurore nous raconte avec enthousiasme sa visite de la Grande Synagogue, guidée par le Grand Rabbin (qui, apparemment, a beaucoup d'humour) et nous fait rire avec cette réflexion « l'intérieur ressemble vraiment à une église mais il n'y a pas de croix ».

1er novembre - 1

28/ Notre petite animation Halloween, qui semblait mal partie (la salle est minuscule et il y a foule), est très appréciée par les familles qui sont restées danser après la marche nocturne et la soupe au potiron.
29/ À la demande de Marie, nous allons marcher sur la coulée verte, aller-retour Bastille-Vincennes, avec pique-nique dans le bois. S'il n'y avait pas les trajets en train* et métro, nous irions plus souvent.

1er novembre - 6

30/ Un invité de dernière minute pour le déjeuner : l'aumônier d'un groupe scout qui veut vérifier s'il est bien dans l'esprit du mouvement ; aucun souci, il saura se mettre à la portée des jeunes.
31/ Toujours du soleil et de la douceur, un grand tour en forêt entre deux préparations pour notre dîner festif, un peu de déco et, après les grosses averses du début de soirée, quelques groupes d'enfants qui sont passés récolter des bonbons (on entendait, avant leur coup de sonnette, les cris « Oh, la voie 9 3/4 ! ».

1er novembre - 21er novembre - 3 

* Nouveauté d'après-covid : un train (bondé) par heure (au lieu de 2 auparavant) sur les lignes N et U (le RER est partiellement en travaux), ça n'incite pas à choisir les transports en commun ! 

31 octobre 2022

Couture de saison

J'avais besoin d'une petite couture "détente", pas compliquée et rapide. J'ai trouvé, dans des tissus donnés par mon ancienne voisine, un molleton rouge orangé, j'ai une grosse bobine de gros fil orange, acheté pour coudre du cuir, qui ne va pas dans ma machine, mais qui est hyper solide. Quelques bouts de feutrine verte, le rembourrage d'un vieil oreiller, de vieux boutons, un peu de patience et d'application et le tour est joué !

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30 octobre 2022

Défi 52/2022 : feu !

Le thème du jour choisi par Virginie est "On fire". Elle avait peut-être en tête l'idée de forêts aux couleurs flamboyantes, ou des premiers feux réconfortants dans la cheminée ?

Mais l'automne est vraiment en retard cette année, grâce aux pluies abondantes de septembre et à la douceur de ce mois d'octobre, la forêt est encore bien verte et la cheminée à l'arrêt (tant mieux pour notre facture d'énergie !)

Alors j'ai puisé dans mes archives avec :

la flamme que l'on déposera demain sur le rebord de la fenêtre

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le feu qui permet de traverser en toute sécurité, dont les Berlinois ont carrément fait une marque, avec produits dérivés

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ou le ciel qui s'embrase, le soir venu

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23 octobre 2022

52/2022 : Forme(s)

Le sujet du jour nous est proposé par Mathilde.

Les formes ne sont pas forcément figées, tout dépend de la façon dont on regarde (les nuages en sont un exmeple flagrant)

23 octobre - 2

Et puis je suis allée faire un tour chez les autres participants et Gilsoub m'a donné une autre idée, en me rappelant l'un de mes plus  grands succès de déguisements maison (Marie était effrayée de voir tant de monde, pas moyen de la faire poser correctement) :

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23 octobre - 3

 

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attraper le temps qui file…
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