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attraper le temps qui file…

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8 février 2026

52/2026 : couleurs

Ce dimanche, chez Anne, place à la couleur ! Facile, me direz-vous… eh bien, j'ai eu plein d'idées mais trop tard pour les mettre en application.

S'il y a bien une activité où la couleur a son importance, c'est la couture. On peut se dire que coudre soi-même ses vêtements permet de s'affranchir de la mode. Oui et non : pour les coupes (ah, ces pantalons taille basse, ou les slims où l'on peut à peine passer le pied !) c'est à peu près le cas, mais pour les coloris, c'est de moins en moins vrai. Lorsqu'une gamme de couleurs a été choisie pour la saison, il est presque impossible de trouver un tissu hors de ce choix, et c'est agaçant au possible ! 
Il y a un certain nombre d'années que je me suis cousu des pyjamas, en achetant sur le même stand du Stoffenspektakel un jersey à motifs (pour le haut) et un uni coordonné (pour le bas). Les jerseys étaient déjà coupés et j'avais trouvé une astuce pour caser un haut à manches longues dans un mètre : couper les manches en deux parties en ajoutant des "coudières" unies.

Si mes bas de pyjama sont encore présentables, les hauts sont usés au point d'être translucides dans le dos (je dois me tourner et retourner la nuit). Ils ont tous lâché en même temps, alors qu'il ne sont pas tous aussi vieux : Les plumes (9 ans), les dauphins (8 ans), les nuits de Chine (12 ans).
Depuis plusieurs mois, je me balade donc avec de petites chutes des différents bleus dans mon sac, afin de trouver des jerseys assortis. En vain, le bleu n'est plus à la mode. Et le Stoffenspektakel ne vient plus en France.
En désespoir de cause, parce que j'avais reçu un code de réduction fort alléchant valable pour une journée, j'ai passé commande de quelques tissus qui pourraient faire l'affaire. Pour le premier, c'est "pas si pire"; je pourrai le porter avec mes deux bas turquoise.

Et pour le deuxième, ça passe aussi, mais j'ai trouvé encore mieux, puisque j'avais dans mes caisses un jersey un peu trop épais pour un tee-shirt, qui est parfait pour coudre un nouveau pantalon de pyjama.

J'ai pris aussi de quoi coudre deux tee-shirts, puisque j'ai le même problème d'usure généralisée. Voilà la jolie pile colorée que j'ai découpée hier après-midi. Y'a plus qu'à les coudre !

Et dans mon jardin tout boueux, j'ai trouvé un peu de couleur annonciatrice d'un prochain printemps.


 

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4 février 2026

Dans la hotte en 2025 #5

Sous le sapin, il y a eu un cadeau un peu particulier : une robe pas finie ! 
Au salon CSF, Aurore avait remarqué l'an dernier une robe qui lui plaisait, avec un col victorien, des manches longues, un volant dans le bas (Zélie, de Clématisse Pattern). Cette année, la robe était exposée de nouveau, dans un magnifique tissu fleuri. Mais évidemment, elle souhaitait des modifications : une ouverture en goutte dans le dos plutôt que devant, pas de passepoil, moins d'ampleur du corps de la robe, des manches plus longues, plus froncées. J'ai jeté un coup d'œil au métrage préconisé : 2 m 80, ça m'a paru énorme, surtout que le tissu présenté n'était pas donné : un beau twill de viscose imprimé en France (My Dress Made). Nous avons décidé que ce serait son cadeau de Noël, que deux mètres suffiraient et que je me passerais du patron, vu l'ampleur des modifications à y apporter.

Le délai était serré (surtout que j'avais d'autres choses à coudre), je me suis donc empressée d'établir le patron. J'ai pris comme base la blouse Tilda de Maison Fauve, dont les manches étaient celles du cahier des charges. J'ai légèrement remonté l'encolure et créé un empiècement en V sur le devant. J'ai coupé le dos au même niveau, puis tracé, sous cet empiècement, un "milieu" de robe en une seule pièce, sur toute la largeur de la laize.
J'ai cousu une toile de blouse courte, qui a été parfaite dès le premier essayage. Nous avons discuté un moment de la longueur de la robe, de la hauteur du volant.

La vendeuse de tissu m'a donné une précieuse information : le twill est fragile, j'en ai fait l'expérience, et le risque est grand de tirer un fil lors de la coupe, de l'épinglage ou de la couture. Elle m'a conseillé de coudre avec une aiguille jersey, je n'y aurais jamais pensé ! 

Malgré tous mes soins, un fil a été tiré sur le devant, je suis dépitée.

J'avais négocié avec ma cliente qu'elle s'occuperait d'épingler les fronces, et des fronces, il y en a : le col, les têtes de manches, le corps de la robe et le volant.

Eh bien elle n'a jamais été à la maison aux moments où j'aurais eu besoin d'elle, un vrai courant d'air (à la vérité, j'ai été moi aussi très occupée, mais pas aux mêmes heures, nous n'avons fait que nous croiser), si bien que pour terminer dans les temps, j'ai dû me débrouiller toute seule.

En essayant la robe sans son volant, nous avions eu quelques doutes sur la longueur, mais ce n'est pas facile de simuler le résultat final sans tout bâtir, or je ne suis pas experte en fronces : rien que l'épinglage du volant du bas m'a pris une heure !

Le 20 décembre, je pensais être dans les temps, la robe avait des poignets, un volant, une bride de boutonnage et un bouton, ne manquait que l'ourlet. Mais l'essayage a révélé un gros problème : outre que la robe était bien trop longue, elle n'était pas du tout "ronde", plus longue derrière et encore plus sur les côtés. Impossible de rectifier en jouant sur l'ourlet : il y avait parfois 6 centimètres de décalage. Nous avons donc décidé d'un commun accord d'arrêter là pour l'instant, d'autant qu'elle ne souhaitait pas porter sa robe pendant les fêtes. 

Dès le 2 janvier, nous avons refait des essayages avec quantité d'épingles, pour bien déterminer la longueur souhaitée, puis j'ai tracé une ligne horizontale sur tout le tour de la jupe, à l'aide d'une grande règle reposant au sol. Enfin, j'ai coupé la jupe (11 cm dans le dos, 12 sur les côtés, 6 devant), repassé les fils de fronces, recousu le volant et cousu enfin l'ourlet final.

C'est un peu court à mon goût, mais nous ne sommes jamais d'accord sur ce point ! En tout cas, si j'avais su, j'aurais pris moins de tissu… La cliente est ravie, c'est le principal.

Les photos se sont faites attendre également : entre le froid et l'impossibilité de porter une chaussure au pied gauche… nous avons enfin trouvé un créneau, un jour de vent !

Au final, 1m80 auraient suffi, je ne m'étais pas trompée de beaucoup dans mon estimation.

3 février 2026

janvier tout neuf

Ressenti du mois de janvier : 50 jours ! Le rythme n'a pourtant pas été trop soutenu et la neige nous a apporté un peu de gaité, mais le manque de lumière, le froid, la pluie ont eu raison de mon peu d'énergie de début d'année. Mes sorties sportives s'en ressentent : j'ai perdu en vitesse et en durée, mais je tiens bon, même sous une pluie fine. Février se profile sans aucun congé, on va essayer de tenir le coup ! 

1/ Alors que je dresse la table pour le brunch, ma voisine appelle, parce qu'ils ne sont que trois pour déjeuner, l'une de leurs hôtes est malade. Une heure plus tard, nous déménageons jambons et charcuteries, viennoiseries et fruits pour un joyeux repas avec nos quatre anglais (la malade va mieux), avant de faire un tour des étangs et de les accompagner au bout du RER.
2/ Je vais reprendre pour quelques jours le rôle de taxi : je conduis Aurore à la pharmacie et la chaussure de Barouk lui apporte un réel soulagement.

3/ Il a neigé cette nuit et courir sur la fine couche craquante, au soleil, est presque un plaisir (bon, les agapes et les 11 jours de pause se font sentir, quand même).

4/ Nous faisons découvrir la carbonade à Paul (et nous mangeons une galette, évidemment). Marie attire les poules avec de la peau de poulet : Soizic finit par se laisser convaincre de marcher sur le neige, mais Lucette choisit de voler.
5/ J'ai consulté la météo avant de partir et laissé mon vélo au garage, excellent choix : la neige était bien au rendez-vous dès le début de l'après-midi.

6/ Une belle journée ensoleillée pour profiter du paysage enneigé : quel plaisir que mes trajets à pied.

7/ Cette fois, il neige vraiment. Aurore ne résiste pas et nous allons faire quelques courses à pied (ce qui nous prend deux bonnes heures, avec son pied blessé). Les poules décident de rester enfermées toute la journée, je vais quand même leur apporter de l'eau, des épluchures de pommes et des croûtes de fromage mais pas question de poser une patte sur ce truc blanc.
8/ Faire les courses devient une aventure : après avoir tenté la piste cyclable en mode patinoire qui fond, je me rabats sur la rue (trajet quasiment deux fois plus long), puis réussis à acheter les trois quarts de ma liste, mon hypermarché n'ayant pas été livré depuis plusieurs jours. J'espère que Lucette et Soizic seront généreuses, j'ai besoin de quelques œufs ! 
9/ Plan B : le marché. Annulé pour cause de vents violents (heureusement que mon collègue m'a prévenue, j'y serais allée pour rien). Plan C : repasser à l'hypermarché en fin de journée. Toujours pas livré. Plan D : la Coop bio, ils ont des œufs et des champignons, ouf, mon déjeuner de dimanche est sauvé ! 
10/ Après une messe émouvante (la confirmation d'un monsieur de plus de 95 ans), nous rejoignons nos amis musiciens pour un petit bal et soudain, un sanglier traverse devant nous ! Heureusement Guillaume ne roulait pas vite et il n'y avait pas de deuxième sanglier qui arrivait derrière.

11/ À quatre (puis six) mains, nous préparons un déjeuner très festif : tartelettes fines de Saint-Jacques aux topinambours (ça, c'est la recette que je prépare chaque année, toujours aussi appréciée), bourguignon de champignons (les pleurotes de la coop étaient énormes et superbes), café gourmand (mousse au chocolat, tartelettes au citron, crèmes brûlées, crumble aux pommes, financiers). Et ensuite, la sieste s'impose !
12/ Il paraît que le Blue Monday serait la semaine prochaine ? J'ai l'impression que ce mois est déjà bien épuisant, mais je me couche tôt avec une bouillotte et un bon livre, c'est réconfortant.
13/ Nous répétons sans notre chef (parti remplir une bien triste mission), c'est-à-dire avec pas mal de papotages entre les morceaux, mais pourtant nous arrivons au bout de la liste avant l'heure.

14/ Une sortie parisienne avec Aurore, partante pour marcher des kilomètres malgré son handicap : elle trouve les chaussures espérées, il faut beau, l'expo est sympa (Le musée détourné de Pierre-Adrien Sollier) et nous aurions presque pu manger en terrasse.

15/ Après essayage, j'ai détricoté puis recommencé, avec moins de mailles, l'écharpe pour Marie, ce qui accessoirement m'évite de tomber en panne de laine. Je pense que je saurais faire ce nouveau point les yeux fermés, maintenant.

16/ Soirée théâtrale à trois cette fois. La salle est comble, vu la popularité de la pièce, et c'est largement justifié.
17/ La grasse matinée fait du bien à tous (et j'aurais bien fait une sieste aussi, si je n'avais pas eu de répétition). Pas besoin de cuisiner pour le dîner : nous avons emporté hier soir les restes de nos pizzas (trop copieuses et surtout servies un peu trop tardivement pour réussir à les manger avant le spectacle).
18/ Des amis nous ont invité à goûter, et surtout discuter, autour d'un panettone et de litres de thé.
19/ Il paraît que c'est Blue Monday, c'est vrai que ma fatigue est déjà immense, mais le soleil brille, et j'ai pu finir ma jolie blouse (laissée en carafe hier soir suite à un problème mécanique)
20/ En 2025, les triporteurs ont parcouru 8700 km durant 850 balades et nous prévoyons d'augmenter encore le score ! Lors de notre soirée galette, je discute avec une nouvelle adhérente et nous nous trouvons plein de points communs (dont le violon), j'espère que nous partagerons quelques sorties.
21/ Pour conforter ma réputation, j'ai crevé tout au début de la balade… mes deux passagères sortaient pour la première fois, les pauvres, mais elles ont pris l'aventure avec bonne humeur. J'ai réussi à changer la chambre à air à temps, malgré des outils défectueux, pour embarquer deux autres mamies. Je suis rentrée bien fatiguée, mais un délicieux dîner de fête se préparait.
22/ Après une nuit douloureuse (cou et omoplate bloqués), j'ai trouvé un RV chez l'ostéopathe à midi, elle m'a gardée presque une heure.
23/ Aurore m'a confié ses pellicules photo, je les dépose chez un photographe à 5 minutes du bureau, qui me promet développement et envoi des photos numériques en une heure, pour un prix fort raisonnable.

24/ Comme je suis seule ce midi, je m'offre un wok de crevettes aux nouilles de riz complet, des mochis, une sieste-lecture et une balade ensoleillée.
25/ Après ma petite course (toujours laborieuse, mais les chemins ne sont pas trop embourbés, c'est déjà ça), un déjeuner délicieux et une part de galette, je m'attelle aux articles du mois pour nos journaux familiaux. Outre le cadeau fait aux grands-parents, je n'avais pas imaginé le plaisir qui nous retirons de ces pages de nouvelles et de photos partagées avec "l'autre côté" de nos familles.
26/ Il est temps de changer mes semelles orthopédiques (au bout de 28 mois…) et cette fois, je n'ai pas attendu d'avoir vraiment mal, à peine un petit tiraillement le matin. Le podologue m'interroge : oui, la douleur a totalement disparu, mais seulement au bout de 6 mois et à condition de marcher au moins 4 km chaque jour (ce qui l'étonne, mais c'est la confirmation qu'il a bien travaillé), et j'ai trouvé des sandales de marche pas trop moches avec lesquelles je peux faire des kilomètres sans dommage.
27/ Ma Petite Mercerie, en redressement depuis octobre, a trouvé un repreneur, quelle bonne nouvelle. C'est mon fournisseur de tissu en ligne préféré et j'étais désolée de les voir disparaître.

28/ Je termine ma série de broderies sans tomber en panne de fil, mais j'avais pris un gros risque.
29/ Le livre commandé d'occasion, perdu par le vendeur (qui ne me l'a pas signalé), re-commandé ailleurs, perdu par le second vendeur, est finalement arrivé neuf, je ne comprends pas bien ce qui s'est passé mais je m'en réjouis.
30/ Soirée cinéma, le timing est trop juste pour un resto (et le fil trop long pour dîner après) mais j'ai mes entrées au petit cinéma de la ville voisine : nous pique-niquons dans le hall en discutant avec le régisseur (un ancien collègue), qui nous fait visiter la cabine de projection après la séance.
31/ C'est probablement LA raclette de l'année, et on est à la hauteur (avec des champignons, de la courge et des légumes séchés et fumés).

2 février 2026

50 nuances de littérature

Après mon tour du monde, je me suis demandé comment j'allais choisir les lectures ! Et je me suis rappelé ce que j'avais dit dans mon premier billet

« États-unis : il faudrait ajouter un défi dans le défi en choisissant un auteur par état ! »
Me voilà donc repartie Outre-Atlantique, avec l'aide de l'un de mes livres de chevet, L'Amérique des écrivains. Je pense qu'ils sera plus facile d'arriver au bout que pour le tour du monde, mais j'ai déjà noté que certains états sont bien plus pourvus en écrivains que d'autres.

En janvier (et un peu en octobre aussi), j'ai lu 4 livres pour un total de 1450 pages (dont les 700 dernières écrites tout petit)

Pennsylvanie 
Helene Hanff, 84 Charing Cross Road

Ce livre s'intitule "Roman" mais il n'en est pas tout à fait un : l'autrice a réuni ici sa correspondance avec Franck Doel, libraire chez Marks & Co, une librairie spécialisée entre autres dans les livres d'occasion, dont elle avait vu la publicité dans un magazine. Scénariste fauchée, avide de parfaire sa culture littéraire, elle demande à son correspondant de lui trouver toutes sortes d'écrits, classiques anglais, encyclopédies, textes latins… à prix modeste. Peu à peu, les deux protagonistes vont passer du strict échange commercial à une amitié qui s'étendra à une partie du personnel de la librairie ainsi qu'à la famille de Frank. Chaque année, elle promet de lui rendre visite, mais doit sans cesse reporter son voyage. Plein d'humour et de tendresse, ce livre est touchant et prenant, j'ai eu du mal à le rendre à la médiathèque une fois achevé.

« J'adore les livres d'occasion qui s'ouvrent d'eux-mêmes à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus souvent. Le jour où le Hazlitt est arrivé, il s'est ouvert à "Je déteste lire des livres nouveaux" et je me suis exclamée " Salut, camarade ! " à l'adresse de son précédent propriétaire, quel qu'il soit. »

« Nous adorons tous vos lettres et essayons d'imaginer à quoi vous ressemblez. J'ai décidé que vous étiez jeune, très raffinée et très élégante. Le vieux M. Martin pense que vous devez avoir l'air intellectuel en dépit de votre merveilleux sens de l'humour. Vous ne pourriez pas nous envoyer une petite photo ? »

« Un livre comme ça, avec sa reliure en cuir luisant, ses titres dorés au fer, ses caractères superbes, serait à sa place dans la bibliothèque lambrissée de pin d'un manoir anglais ; on ne devrait le lire qu'assis dans un élégant fauteuil en cuir, au coin du feu - pas sur un divan d'occasion dans un petit studio minable donnant sur la rue et situé dans un immeuble en grès brun délabré. »

Alabama
Zelda Fitzgerald, Accordez-moi cette valse

Accordez-moi cette valse est un roman autobiographique (écrit en six semaines !) dans lequel Zelda Fitzgerald a transposé sa vision toute personnelle de son mariage avec Scott Fitzgerald. Elle y apparaît elle-même sous le nom, à peine voilé, d'Alabama Beggs, incarnation de ces belles du Sud dont elle était une parfaite représentante. Son mari y figure, lui, sous le nom de David Knight.
Passée la lune de miel et les folles années parisiennes, le couple se délite. Pour combler son ennui, Alabama décide de devenir danseuse classique et s'y emploie de toutes ses forces, malgré son âge, délaissant son foyer, sa petite fille, torturant son corps jusqu'à ses extrêmes limites. Son mari ne s'intéresse guère à ses progrès et jalouse même ses premiers succès, craignant qu'elle ne lui fasse de l'ombre. On y retrouve la rivalité du couple mythique, Scott s'étant mis en colère en apprenant que Zelda écrivait sur sa propre vie, car lui-même, qui avait toujours fait leur vie commune son sujet principal, ne supportait guère qu'elle se les approprie également.
J'ai eu du mal à entrer dans ce livre, le style extrêmement imagé n'est pas facile au premier abord, mais on se laisse prendre par la poésie de ces métaphores.

« Cela revient plus cher de voyager sur le toit des taxis qu'à l'intérieur ; les cieux de Joseph Urban sont onéreux quand ils sont réels. Le soleil monte haut pour repriser les rues avec des aiguilles d'argent – un fil de prestiqge, un fil de Rolls Royce, un fil de O. Henry. Les lunes fatiguées exigent des gages élevés. Éclaboussant vigoureusement leurs rêves dans la piscine sombre de l'assouvissement, leurs 50 000 dollars achetèrent une nurse qui sortait d'un album de découpage pour Bonnie, un Marmon d'occasion, une eau-forte de Picasso, une robe de satin blanc pour jeter sur la cage d'un perroquet perlé […]. Ils laissaient derrière eux, dans la malle à layette, une collection d'ours en peluche, la capote militaire de David, l'argenterie qu'on leur avait offerte à l'occasion de leur mariage et quatre grands albums pleins de ces choses que les gens leurs enviaient. »

Mississipi
Richard Ford, Une saison ardente.

« À l'automne de 1960, alors que j'avais seize ans et que mon père était momentanément sans emploi, ma mère rencontra un homme du nom de Warren Miller et tomba amoureuse de lui. C'était à Great Falls, Montana...» 
Ce roman est un parfait exemple de la distorsion du temps : les trois jours du récit principal semblent durer beaucoup plus, tant il se passe d'événements importants et déstabilisants dans la vie du narrateur. Alors que son père est absent (et pour lui aussi, ces trois jours doivent sembler des semaines), sa mère rencontre un homme, a une courte liaison, et décide de quitter la maison familiale pour un petit appartement. Tout ce qui semblait Immuable dans sa vie se délite sous ses yeux. 

« Je finissais par me demander si les événements de notre vie suivaient un ordre ou un schéma dont on n'avait pas conscience mais qui, à la longue, agissait sur vous et faisait que vous ne vous en étonniez pas, que vous ne vous en défiiez pas et que vous étiez prêt à les accepter même si vous flairiez anguille sous roche. »

« Et il y en a, des mots, des mots qui veulent dire quelque chose, mais qu'on ne veut pas dire, des mots qui sont responsables de vies brisées, des mots qui voudraient réparer quelque chose de brisé, mais qui n'aurait jamais dû être brisé, quelque chose que personne ne voulait voir briser et que, de toute façon, ils n'arriveront pas à réparer. »

New York
Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney.

Les Mulvaney ne sont pas la famille américaine idéale : certes, ils ont tout pour être heureux, un père travailleur, aimant et entreprenant qui a réussi dans la vie, une mère un peu fantasque mais débordant d'énergie et d'amour, un fils beau sportif, un deuxième très intelligent et scientifique, une fille belle, intelligente et charismatique et le petit dernier, encore dans l'enfance, qui raconte leur histoire, dans une ferme un peu isolée où chacun des enfants a son chat, son chien et son cheval, expédie ses corvées journalières sans rechigner et accompagne volontiers leur mère à l'église. Mais ils ne sont pas tout à fait acceptés par la "bonne société" locale. Lorsque survient un drame, ce bonheur vole en éclats et toute la petite ville leur tourne le dos. Michael, le père, se révèle plus fragile qu'il ne le paraissait et Corinne, la mère, prend le parti de son mari aux dépens de ses enfants.

« Nous étions les Mulvaney, vous vous souvenez ? Vous croyiez peut-être notre famille plus nombreuse ; j'ai souvent rencontré des gens qui pensaient que nous, les Mulvaney, formions quasiment un clan, mais en réalité nous n'étions que six : mon père Michael John Mulvaney ; ma mère Corinne ; mes frères Mike et Patrick ; ma sœur Marianne et moi... Judd.
De l'été 1955 au printemps 1980, date à laquelle mes parents durent vendre la propriété, il y eut des Mulvaney à High Point Farm, sur la route de High Point, onze kilomètres au nord-est de la petite ville de Mont-Ephraim, Etat de New York, dans la vallée de Chautauqua, cent dix kilomètres au sud du lac Ontario.
High Point Farm était une propriété bien connue dans la vallée -inscrite plus tard aux Monuments Historiques - et "Mulvaney" était un nom bien connu.
Longtemps vous nous avez envié, puis vous nous avez plaints.
Longtemps vous nous avez admirés, puis vous avez pensé “Tant mieux !... ils n'ont que ce qu'ils méritent.” »

« Corinne s'était mise à pleurer sans bruit, de cette façon dont Marianne se souvint pour la première fois depuis des années, comme pleurent les mères, silencieusement, en secret, afin de ne pas déranger. Si l'on pleure et que l'on vous entende , on pleure pour être entendu, mais les pleurs d'une mère sont exactement l'inverse, faits pour ne pas être entendus. »

« Qu’est-ce qu’une famille, après tout, sinon des souvenirs inattendus et précieux comme le contenu d’un tiroir fourre-tout de la cuisine (baptisé le « dépotoir » pour de bonnes raisons) ? »

 

1 février 2026

52/2026 : origami

Cette semaine, Anne nous convie à une activité manuelle : l'origami ou pliage de papier..

Je ne suis pas très douée pour les pliages complexes, mais j'avais recyclé quelques pages de notre ancien atlas routier, il y a quelques années, avec le modèle que tout le monde maîtrise, en principe, depuis l'école primaire : le bateau.

Et un peu plus tard, Marie et moi avions fait l'acquisition d'un kit d'Adeline Klam pour une guirlande de grues. Vu le prix de ces quelques carrées de magnifiques papier, il ne fallait pas se rater, elle s'était donc longuement entraînée avant de passer à la réalisation finale.
 

Ces deux guirlandes décorent joliment le petit coin à droite de mon bureau (judicieusement cadré au-dessus du bazar qui le recouvre).

Il y a bien trois ans que je me suis laissée tenter par le tutoriel de Mars'elle pour coudre de charmants papillons en chutes de tissu. À l'époque, ma machine avait besoin d'une révision et calait sur les épaisseurs, aussi avais-je laissé mes papillons de côté juste avant la couture finale… qui est restée en attente tout ce temps ! Le thème du jour me les a remis en mémoire et je me suis empressée de les terminer.

Et puis j'ai voulu réapprendre un pliage que je n'ai jamais réussi à mémoriser, mais qui est le symbole de l'origami, du moins en France : la cocotte en papier ! Pas la "salière" ou "pouce-pouce" des cours de récréation, mais la vraie cocotte, la poule. J'ai découpé trois carrés de dimensions différentes dans un tiré-à-part non réclamé (le livre est sorti en 1998, je doute que l'auteur – 79 ans – me le demande maintenant).

 



 



 

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28 janvier 2026

Aux couleurs de l'automne

Début novembre, j'étais passée au marché St Pierre dans le but de remplacer mes hauts de pyjama (je me tourne et retourne tellement la nuit que les dos sont devenus translucides). Je m'étais munie d'échantillons de jersey des bas, pour assortir au mieux les coloris, mais je suis sortie bredouille des magasins visités : le bleu turquoise n'est pas à la mode. En guise de consolation, je suis passée chez Reine, dans l'espoir de trouver de quoi me coudre un haut qui irait avec mon pantalon jaune (je ne suis pas très riche de ce côté), voire avec le pantalon jaune ET le bordeaux que j'allais coudre bientôt (naïve que je suis)*.
Cette jolie viscose m'a immédiatement tapé dans l'œil. Comme il faisait incroyablement beau et chaud ce jour-jà, j'ai opté pour des manches courtes et j'en ai pris 1 mètre, avec le projet de reprendre le patron de ma blouse de concert que j'aime beaucoup porter mais qui est bien austère pour le quotidien.

Après la découpe, j'ai pas mal proscrastiné pour monter le col, vu mon amour des fronces, mais j'ai fini par surmonter ma paresse et tout s'est enchaîné ensuite sans aucun problème, ou presque :  ce serait bien trop inhabituel pour moi. 

Au moment de surpiquer la parementure, elles s'est repliée et prise dans la couture. Ce n'était pas grave, j'ai décousu quelques centimètres et  recommencé en épinglant un peu mieux la coupable.

C'est en cousant l'ourlet du bas que j'ai frôlé la catastrophe, avec du jamais vu : le tissu qui descend sous la plaque à aiguille et qui se prend dans le crochet de canette ! La machine s'est très vite bloquée (une mécanique plus puissante aurait peut-être forcé jusqu'à déchirer le tissu), j'ai pu démonter une partie de la plaque, comprendre le problème et tourner le crochet vers l'arrière, avant de passer un outil suffisamment fin pour repousser le tissu (qui se reprenait dans le crochet à chacune de mes tentatives pour remonter l'aiguille).
Heureusement, cette viscose était solide et ne s'est pas déchirée, sinon j'aurais dû raccourcir la blouse ou poser une pièce (au milieu du devant, évidement !)

Je suis ravie du résultat, cette blouse est exactement comme je l'avais imaginée. Le tissu est agréable au toucher et ne se froisse pas outre mesure (ça reste de la viscose).

Je ne sais pas si j'aurais préféré des manches longues… ces jours-ci, oui, évidemment, mais je porte beaucoup ce pantalon à la mi-saison.

Peut-être vais-je utiliser les chutes pour coudre des poignets trompe-l'œil, à porter sous un gilet, comme Marie en a cousu pour Aurore à Noël


 

* À ce jour, le pantalon bordeaux est coupé, ainsi que son binôme taupe, et les poches sont cousues, c'est un bon début.

25 janvier 2026

52/2026 : rouages

Avec le thème du jour, proposé par Anne, on peut laisser divaguer son imagination : rouages administratifs, avec leurs paperasses incompréhensibles qui nous laissent bien démunis quand il faut comprendre comment remplir un document, ou ceux du cerveau qui se mettent à tourner en rond, surtout la nuit (je suis restée éveillée entre 2h15 et 4h30, à réfléchir à des problèmes qui me semblent bien dérisoires ce matin).
Mais le sujet de mes photos s'est imposé à moi sans besoin de chercher (et vient à la suite de l'une de celles faites pour illustrer la patience) :
En cousant l'ourlet de ma jolie blouse, l'aiguille a cassé, poussé le tissu sous la plaque d'aiguille, le crochet du bloc de canette s'est pris dedans et l'a entraîné sur un bon centimètre avant que tout le mécanisme ne se bloque. Du jamais vu ! J'ai eu beaucoup de peine à démonter le devant de la plaque (qui est heureusement en deux morceaux, sinon j'étais obligée de tailler sauvagement dans le tissu), à repousser millimètre par millimètre le crochet vers l'arrière, à dégager le bord de l'ourlet à l'aide d'une longue pince et, divine surprise, le tissu n'était pas déchiré ni même abîmé.
Alors j'en ai profité pour m'atteler à ma tâche mensuelle : pour espacer les révisions, il ne faut pas avoir peur de démonter sa machine. Les poussières d'étoffes et de fils ont vite fait de s'accumuler sous la plaque à aiguille et font souffrir le mécanisme, voire peuvent complètement le bloquer. À l'aide d'un pinceau, j'enlève le plus possible de ces "moutons", je démonte tout ce que je peux (je n'ai pas encore trouvé quelles vis retirer pour accéder au bloc de tension), je souffle dans les endroits que le pinceau ne peut atteindre, je ne mets que très rarement de l'huile et pas plus d'une goutte par an, sur l'axe vertical. Grâce à cet entretien régulier, ma machine n'est allée chez le docteur qu'au bout de dix ans de bons et loyaux services.

J'ai profité de mon élan pour ouvrir la surjeteuse : comme elle rase le bord du tissu, on pourrait penser qu'elle se remplit rapidement de débris, mais, étonnamment, même après quelques années, il n'y a jamais grand-chose à nettoyer.

La voilà toute propre elle aussi.

 

18 janvier 2026

52/2026 : patience

Ce dimanche, chez Anne, il s'agit d'être patient. Et il me semble que cette qualité vient avec les années. Je n'étais pas patiente pour feux sous, plus jeune, mais il me semble que j'apprécie parfois plus les préparatifs d'un événement, d'une fête, je me réjouis d'anticiper ce moment afin de le vivre plus intensément. Le temps passant plus vite, je sais que les heures vont filer comme l'éclair le jour J et que je dois les goûter attentivement pour ne pas avoir de regrets ensuite.

En couture aussi, j'ai appris la patience : il fut un temps où j'aurais laissé ce petit défaut tel quel, pressée de voir le vêtement terminé. Combien de robes, blouses, pantalons ai-je cousus sans faire de toile, sans essayage, pour m'apercevoir qu'ils ne tombaient pas bien, et que j'ai tout de même terminés au risque de ne pas les porter. Il m'arrive maintenant de les découdre entièrement pour en faire autre chose, mais à présent, je prends mon temps et j'en tire une réelle satisfaction, celle du travail bien fait. Alors quand le tissu s'est pris dans la couture, alors que j'avais passé près d'une heure à répartir et épingler mes fronces, j'ai soupiré, attrapé un découd-vite et décousu point par point, délicatement, pour ne pas tirer un fil de ce tissu délicat.

Marie doit être patiente elle aussi, qui a choisi un modèle et acheté la laine début décembre et qui espérait peut-être avoir sa capuche pour Noël. Mais tricoter en aiguilles 8 n'est pas aussi rapide que je l'espérais, bien au contraire, j'ai mal aux mains à manier ces grosses aiguilles. J'ai pensé que je manquerais de laine, mais au premier essayage, c'était beaucoup trop grand, alors j'ai tout détricoté (j'étais arrivée aux trois quarts de mes pelotes) et recommencé. Le retour du grand froid est annoncé pour la semaine prochaine, j'espère terminer d'ici-là !

Quant à la nature… quel modèle de patience ! En novembre, j'avais déposé un bouquet de blé pour les oiseaux. Je ne sais pas s'ils en ont mangé, mais juste après Noël, une surprise nous attendait : j'ai un mini champ de blé juste devant la fenêtre. Je devrais y semer des coquelicots.

Et un souvenir m'est revenu : la maîtresse d'Aurore, en CP, disait toujours que son sac à patience était presque vide. En fin d'année, je lui en avait offert un, pour le mettre sous les yeux de ses petits élèves.


 

11 janvier 2026

52/2026 : savon

Je sens qu'il va falloir se creuser les méninges avec la liste de thèmes proposés par les participants et attribués par Anne aux 52 dimanches de l'année !
Cette semaine, c'est "savon"… et le savon, ça glisse, non?
De ce côté-là, on a été servis, entre les trottoirs verglacés de mardi (mention spéciale au restaurant qui a lavé son sol et balancé l'eau devant sa porte, comme d'ordinaire, créant une magnifique patinoire sous les pieds des passants),

ou la piste de luge improvisée, mercredi, pour le plus grand bonheur des enfants (les parents sont vigilants : juste à droite, c'est un étang !)

J'ai regretté de ne pas avoir de skis de fond !
Jeudi, en revanche, avec l'arrivée de la pluie, pédaler sur la piste cyclable était plus qu'acrobatique, j'ai fini par rejoindre la route (qui double la longueur du trajet)

Pour rester un peu plus concrètement dans le thème, ça tombait bien : je n'avais plus de shampooing solide. J'ai donc réuni les quelques ingrédients et confectionné mon petit pain de savon à cheveux, pas joli du tout (la faute aux poudres ayurvédiques), mais qui me permet de limiter les shampooings à un par semaine et de limiter les déchets pour un coût dérisoire.

 

9 janvier 2026

Dans la hotte en 2025 #4

On m'avait soufflé dans l'oreillette qu'Alice n'avait pas de lunch-bag pour transporter son repas du midi. J'avais les dimensions de la boîte utilisée et je possède le modèle carré de la série, ce qui m'a permis de faire des essais, parce qu'on ne sait jamais si les dimensions indiquées tiennent compte des rabats du couvercle.

Je me suis bien compliqué la vie en choisissant des tissus enduits pour l'extérieur, un intérieur en rideau de douche (déperlant et séchant rapidement, mais qui glisse beaucoup) et en décidant d'insérer une couche de molleton pour maintenir un minimum d'isolation thermique en été.

La couture de la partie supérieure, avec la fermeture qui résistait dans les angles, a été bien éprouvante, je me suis enfoncé des épingles dans les doigts, mais le résultat est conforme à ce que j'avais imaginé : un sac léger, avec suffisamment de place pour ajouter des couverts et un dessert, facile d'entretien et… coloré.

 

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attraper le temps qui file…
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