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1 septembre 2026

50 nuances de littérature #8

Après le tour du monde (qui n'est peut-être par terminé…), j'entreprends de visiter, par mes lectures, chacun des États-Unis d'Amérique. En août, j'ai lu 5 livres et j'en ai écouté un, pour un total de 2039 pages, et j'ai visité 4 nouveaux états, ce qui porte les états visités à 31.
 

Caroline du Nord
Lionel Shriver, Big Brother.

J'aurais bien lu Il faut qu'on parle de Kevin, mais les exemplaires étaient conservés dans des médiathèques fermées pour congés, ce sera donc plus tard, peut-être. En attendant, j'ai choisi un autre roman.
Femme d'affaires en pleine réussite, mariée à Fletcher, un artiste ébéniste, belle-mère de deux ados, Pandora n'a pas vu son frère Edison depuis quatre ans quand elle accepte de l'héberger. À son arrivée à l'aéroport, c'est le choc : Pandora avait quitté un jeune prodige du jazz, séduisant et hâbleur, elle découvre un homme obèse, contraint de se déplacer en fauteuil, négligé, capricieux et compulsif. Que s'est-il passé ? Comment Edison a-t-il pu se laisser aller à ce point ? Pandora a-t-elle une part de responsabilité ?
Entre le très psychorigide Fletcher et le très jouisseur Edison, la tension ne tarde pas à monter et c'est Pandora qui va en faire les frais. Jusqu'à se retrouver face au pire des dilemmes : choisir entre son époux et son frère. Qui aura sa préférence ? Pourra-t-elle sortir son frère de la spirale dans laquelle il s'est enfermé ? Edison le veut-il seulement? Peut-on sauver malgré eux ceux qu'on aime ?

Beaucoup d'humour pour cette histoire malgré tout dramatique, qui parle de famille, de culpabilité, d'éducation, d'apparence, de célébrité, de souvenirs d'enfance, avec quelques pièges dans lesquels tombe forcément le lecteur.

« Ce qui nous ramène à la question du poids. Depuis qu'Edison m'en a fourni le motif, je me suis lancée dans l'étude suivante : celle de la hiérarchie des éléments pris en compte lorsqu'on pose les yeux sur quelqu'un. Lorsqu'au loin émerge une forme qui n'est pas un lampadaire mais un être humain, nous enregistrons : (1) le genre, (2) la corpulence. L'ordre dans lequel s'effectue cette reconnaissance est peut-être généralisé dans ma partie du monde, même si je doute que la corpulence ait toujours figuré en seconde place. Pourtant, aujourd'hui, j'ai tendance à remarquer qu'une silhouette est mince ou grosse avant de prendre conscience, une nanoseconde plus tard, que cette personne est un Blanc, un Hispano-Américain ou un Noir. Si cette personne est plutôt corpulente, la plupart d'entre nous remarquons probablement d'abord “plutôt corpulent” que son sexe. De même, il est intéressant de constater que, dans les dépositions de police, les critères “mince”, “de corpulence moyenne” “de forte corpulence“, ou une déclinaison plus sophistiquée figurent systématiquement. En littérature, les auteurs qui ne précisent pas des le début le poids approximatif d'un personnage font mal leur travail, et les résumés commencent invariablement par des formulations du type : “Allison, une jeune femme grande et mince au visage parsemé de taches de rousseur...“ ou : “Bob, cet homme affable et sociable dont le penchant pour les bières anglaises importées commençait à se traduire sur son tour de taille...“ »

« Ses créations étaient si fluides que chaque fois que je pénétrais dans le salon, les meubles me donnaient l’impression qu'ils venaient juste de s'arrêter de paître sur les tapis. Avec ses angles ondulants comme des cornes de cerf et les courbes impatientes de ses pieds courts, le canapé était lesté de coussins, sans lesquels la nerveuse créature aurait risqué peut-être de prendre la poudre d'escampette. »

 

Washington
Sherman Alexie, Dix petits indiens.

Comme l'auteur, tous les protagonistes de ces neuf nouvelles sont d'origine amérindienne, plus précisément spokanes. Tous sont citadins et ont pris de la distance avec leur culture. Dans une Amérique fragilisée par la menace terroriste, tout est source de divisions : les sexes, les races ou les classes sociales. Étudiant, juriste, mère au foyer, poète, SDF, aucun n'échappe au racisme ou au poids du passé, mais tous rêvent d'une intégration réussie. 

« Comment ces hommes pouvaient-ils tant détester la poésie et respecter son intelligence ? Bien sûr, c'étaient des hommes élevés au sein d'une culture matriarcale, mais qui vivaient dans un pays patriarcal. En conséquence, ils étaient à la fois gentils, honnêtes, sensibles et stupides, sexistes et imprévisibles. Ils étaient heureux en ménage, mariés à des femmes qui gagnaient plus d'argent qu'eux, et ils se vantaient de la réussite de leurs épouses. Ma femme vient d'avoir une augmentation ! Ma chérie gagne plus que la tienne ! Ma femme dirige tout le foutu supermarché Kmart et quand elle rentre à la maison, elle nous dirige ! C'est une femme du XXe siècle ! Non, je ne me sens pas menacé par elle ! elle me motive ! Qui étaient ces Indiens-là ? Quel genre de guerriers faisaient-ils ? Est-ce que Crazy Horse et Geronimo célébraient ainsi les talents de leurs épouses ? Est-ce que Sitting Bull s'asseyait chaque semaine à côté de sa femme pour discuter de l'état de leurs relations? Est-ce que Red Cloud envoyait fièrement sa fille combattre l'ennemi ? Corliss regarda son père et vit un étranger, un étranger aimant, mais néanmoins un étranger. »

« Seigneur, elle avait élevé deux futurs Marines ! Comment un Indien pouvait-il endosser un uniforme américain sans mourir du choc toxique de l'ironie ? Bon Dieu, elle n'avait pas autorisé ses fils à jouer avec des jouets guerriers quand ils étaient petits, et voilà que son mari les emmenait chasser trois fois par an. Elle vivait dans une maison où des ramures de cerfs ornaient les murs. Des ramures et des drapeaux ! des ramures et des drapeaux ! des ramures et des drapeaux. Des hommes avaient marché sur la lune, écrit Hamlet, peint la chapelle Sixtine, joué du piano comme Glenn Gould, et d'autres éprouvaient encore le besoin d'accrocher aux murs des ramures et des drapeaux. Alors pourquoi s'étonner que des hommes précipitent des avions sur des immeubles ? »

 

Washington
Karen Russell, Swamplandia.

C'est d'une Floride méconnue que nous parle l'autrice : loin des plages paradisiaques et des palmiers, l'état est surtout constitué de lacs, de marécages et de mangroves, un cinquième de sa surface est au-dessous du niveau de la mer ! 

A treize ans, Ava Bigtree a passé toute sa vie à Swamplandia, un parc à thème peuplé d'alligators, que sa famille a créé sur une île au large de la Floride. La mort de la mère, dont le numéro de dompteuse était l'attraction principale, provoque la désertion des touristes et plonge la famille dans le chaos : le père part chercher des financements, le fils aîné Kiwi fugue sur le continent, la grande sœur Osceola voit des fantômes et finit par partir avec l'un d'eux. Ava se lance alors dans une périlleuse mission à travers les marécages pour sauver les siens. Chacun paiera chèrement cette perte de l'innocence, mais y gagnera aussi une précieuse expérience du monde du dehors.

« Quand on n’est qu’au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j’étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C’est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s’est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l’histoire d’un seule mot : chute. »

« Notre mère entrait en scène dans la clarté des étoiles. Qui avait eu cette idée ? Je ne l’ai jamais su. Sans doute Chef Bigtree, et c’était une bonne idée – neutraliser la poursuite pour laisser le croissant de lune se détacher dans le ciel, sans chaperon ; couper le micro, laisser les projecteurs sous leurs paupières de fer afin de permettre aux touristes d’apprécier ce cadre nocturne ; encourager le public à anticiper le palpitant numéro exécuté par la vedette de Swamplandia – la fameuse dompteuse d’alligators : Hilola Bigtree. Quatre fois par semaine, notre mère grimpait à l’échelle qui surplombait la fosse dans son deux pièces vert pour aller se placer au bord du plongeoir, prenant sa respiration. S’il y avait du vent, ses longs cheveux voletaient autour de son visage, mais le reste de sa personne restait immobile. Les nuits dans les marécages étaient sombres et tachetées d’étoiles – notre île était à une cinquantaine de kilomètres du réseau électrique du continent – et même si, à l’oeil nu, on pouvait apercevoir Vénus et la chevelure bleu saphir des Pléiades, le corps de notre mère n’était qu’une vague silhouette, une tache floue sur fond de palmiers. Juste en dessous, des dizaines d’alligators déplaçaient leurs sourires ambigus et les diamants superbes de leurs têtes dans un bassin d’eau filtrée. Au niveau du cône noir où plongeait maman, il y avait neuf mètres de profondeur. »

 

Washington
Sherman Alexie, Flight.

Le narrateur, Spots, mi-indien mi-irlandais, est orphelin depuis l'âge de six ans. À 15 ans, il a connu vingt familles d'accueil et pas mal d'arrestations pour délinquance. Un jour de haine intense, il braque une banque et récolte une balle dans la tête qui le propulse au cœur d'un étrange voyage dans le temps, à travers les périodes les plus troubles de l'histoire américaine, vers une possible rédemption... Un roman qui proposé une réflexion profonde sur les tensions raciales et la violence aux États-Unis, sur l'adolescence et le manque d'amour, également.

« Quand j’ai eu dix ans, tante Z m’a donné vingt dollars et m’a envoyé chercher des hamburgers et des frites. A mon retour, elle avait disparu. Elle n’est jamais revenue. À onze ans, je me suis enfui de chez ma première famille d’accueil et je me suis soûlé dans la rue en compagnie de trois indiens SDF venant d’Alaska. À douze ans, je me suis enfui de chez ma septième famille d’accueil. À treize ans, j’ai fumé du crack pour la première fois. À quatorze ans, j’ai volé une voiture et je l’ai bousillée en percutant un immeuble sous le viaduc de l’Alaska Way. À quinze ans, j’ai rencontré un ado du nom de justice qui m’a appris à me servir d’un pistolet. »

 

Wisconsin
Pete Fromm, Mon désir le plus ardent.

Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait. À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer. Avec courage et humour, ils s'accrochent à l'idée qu'ils ont la chance incroyable de s'être rencontrés et réussissent à maintenir un véritable bonheur au sein de leur famille.
Ce roman est une merveille de délicatesse, de tendresse et de lumière, mais il faut avoir un moral bien accroché pour s'y plonger.

« Dalton nous pousse sur l'eau, et quand nous nous mettons à dériver, aucun de nous ne contrôlant les pagaies, je songe à combien cela ressemble à un mariage. Ne pas savoir qui est aux commandes, contourner les obstacles les plus vicieux en évitant de s'échouer sur ces longues barres de gravillons grises et sèches. »

« — Il faut qu'on les prévienne, Dalt. Absolument, absolument, il le faut. — De quoi, Mad ? Les prévenir de quoi ? — Je sais pas. La vie. — Combien elle est belle ? Oui, voilà. C'est exactement ce que je pensais.
Il s'agenouille devant le fauteuil et me prend le menton, plongeant ses yeux dans les miens. Il faisait la même chose avec les enfants quand ils étaient petits. En temps normal, jamais je ne laisserais passer un truc pareil, mais aujourd'hui ?

— Je les préviendrai, dit-il. De faire très attention au bonheur. Je leur dirai qu'il risque de les prendre par surprise, de leur couper le souffle, et qu'ils en voudront toujours plus. C'est ce que tu veux ? »

 

Massachusetts
Dennis Lehane, Le silence.

En cet été de 1974, à South Boston, quartier irlandais de Boston, Mary Pat Fennessy vit seule avec sa fille, depuis la perte de son fils et son divorce. Un soir, Jules, sa fille de dix-sept ans, ne rentre pas à la maison, et sa trace disparaît dans la chaleur moite de la ville. La même nuit, un jeune Noir se fait mortellement percuter par un train dans des circonstances suspectes. Ces deux événements sans lien apparent plongent les habitants de Southie dans le trouble, d'autant que les tensions sont déjà exacerbées par la politique de mixité instaurée par la ville : envoyer une partie des lycéens des quartiers pauvres dans d'autres quartiers, pour mélanger blancs, noirs et latinos, ce qui déclenche de grandes manifestations. Dans sa recherche effrénée de sa fille, Mary Pat, qui croyait appartenir à une communauté unie, voit les portes se fermer devant elle. Mais le mur du silence ne peut tenir face à cette femme en colère décidée à faire éclater la vérité, puis à se venger de ceux qui ont fait leurs profits sans se soucier des vies qu'ils ont dévastées.

« Je ne peux pas te protéger. Je peux faire ce que je peux, t'enseigner tout ce que je sais. Mais si je ne suis pas là quand le monde sort ses griffes - et même si je suis là - rien ne garantit que je puisse l'en empêcher. Je peux t'aimer, je peux t'aider, mais je ne peux pas te mettre à l'abri de tout. Ça me fiche une trouille bleue. Chaque jour, chaque instant. À chaque respiration. »

« Bobby est frappé de constater que quelque chose d'irrémédiablement détruit et de totalement indestructible à la fois vit au plus profond de cette femme. Et ces deux caractéristiques ne peuvent pas coexister. Une personne détruite ne peut pas être indestructible. Une personne indestructible ne peut pas être détruite. Et pourtant, Mary Pat Fennessy est assise là, devant lui, détruite, mais indestructible. Ce paradoxe fiche une trouille pas possible à Bobby. Au cours de sa vie, il a déjà rencontré des gens dont il est convaincu qu'ils vivaient comme les anciens shamans, un pied dans chaque monde : ce monde-ci et celui de l'au-delà. Quand vous rencontrez des gens comme ça, mieux vaut les fuir comme la peste, sinon, ils peuvent très bien vous entraîner avec eux dans l'autre monde quand ils partent. »

 

Alabama
Zelda Fitzgerald, Accordez-moi cette valse.

Alaska
David Vann, Komodo.

Arkansas
John Grisham, La chance d'une vie.
John Grisham, Les oubliés. (livre audio)

Arizona
Brady Udall, Le polygame solitaire.

Californie
Leila Mottley, Arpenter la nuit.

Caroline du Sud
Ron Rash, Le monde à l'endroit.

Colorado
Kent Haruf, Nos âmes la nuit.
Kent Haruf, Le chant des plaines.
Kent Haruf, Les gens de Holt County.

Georgie
Taylor Brown, Les dieux de Howl Mountain.

Iowa
Dorothy M. Johnson, La colline des potences.

Maine
Richard Russo, Trajectoire.
Stephen King, Billy Summers (livre audio).
Stephen King, Après (texte audio). 

Maryland
Barbara Kingsolver, L'arbre aux haricots.
Barbara Kingsolver, Les cochons au paradis.

Massachussets
Russell Banks, Trailerpark.

Michigan
Laura Kasischke, Esprit d'hiver.

Minnesotta
Louise Erdrich, Comme des pas dans la neige.

Mississipi
Richard Ford, Une saison ardente.

Nebraska
Dan Chaon, Cette vie ou une autre.

Nevada
Willy Vlautin, Ballade pour Leroy.

New Hampshire
Joyce Maynard, L'hôtel des oiseaux (livre audio).
Joyce Maynard, Baby love.

New Jersey
Paul Auster, Le diable par la queue, suivi de Pourquoi écrire ?
Paul Auster, Baumgartner.

New York
Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney.
Douglas Kennedy, Ailleurs chez moi (livre audio).
Douglas Kennedy, L'homme qui n'avait pas assez d'une vie (livre audio).

Ohio
Toni Morrison, Sula.

Oregon
Lisa Gardner, L'été d'avant (série Frankie Elkin, 1/3 - Livre audio).

Pennsylvanie 
Helene Hanff, 84 Charing Cross Road.

Michael Connelly, Le poète (livre audio).
Michael Connelly, L'épouvantail (livre audio).

Rhode Islan
Cormac McCarthy, Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme.

Vermont
Robin MacArthur, Les femmes de Heart Spring Mountain.

Wisconsin
Horace McCoy, On achève bien les chevaux.

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30 août 2026

52/2026 : au secours !

Cette semaine encore, pour le défi photo chez Anne, j'ai puisé dans nos dernières vacances. Nous avons suivi un canal, donc passé de nombreuses écluses (236 pour être exacte), la plupart étant désormais des maisons individuelles (l'éclusier, lorsqu'elles sont encore en fonctionnement, dispose d'une petite cabane à côté). Beaucoup d'entre elles portent encore de petites pancartes avec leur nom, leur numéro, ainsi que les noms des écluses les plus proches et les distances qui les séparent.

Et pour bon nombre d'entre elles, l'équipement de sécurité obligatoire, bien protégé :

Piètre nageuse que je suis, si je vois quelqu'un se noyer, je ne sauterais pas à l'eau. Si possible, je lui lancerais une bouée ou une corde et je crierais bien fort "au secours !"

23 août 2026

52/2026 : casserole

Qui va nous montrer sa batterie de cuisine, aujourd'hui chez Anne
Ou bien une voiture de mariés à laquelle est accrochée une série de vieilles casseroles (vous souvenez-vous de cette tradition bizarre ?)
Pour ma part, j'ai trouvé mon sujet lors de notre randonnée à vélo : nous avions un équipement réduit, deux bols, deux gobelets, fourchettes, cuillères et une seule casserole à laquelle je tiens, puisqu'il s'agit de l'ultime vestige de ma popote scoute, celle que j'avais aux jeannettes il y a plus de 45 ans. La poignée, le couvercle, les couverts et le quart ont été égarés par mes enfants pendant leurs nombreux camps mais celle-ci a survécu. Elle porte encore mes initiales tracées au vernis à ongles.

Nous l'avons utilisée matin et soir, et également pour nous préparer un petit café, vers 10h30-11h, sur le bord du canal. Mais le fond est bien cabossé et si elle s'adaptait bien à l'ancien réchaud, sur le nouveau elle n'est plus du tout stable (j'ai reçu tout son contenu, heureusement encore à peine tiède, sur les genoux, un matin), de sorte qu'elle va être remplacée par un modèle moins large.

Et je lui ai trouvé une autre utilisation, par cette canicule : remplie d'eau, elle a fait un "rafraîchisseur" tout à fait acceptable pour conserver nos laitages durant la nuit.


 

18 août 2026

Couture express pour bronzer

Juste avant notre départ pour Dinard, je me suis décidée à coudre le sac de plage en projet depuis l'an dernier, avec une dernière chute de ce tissu Ikea tant regretté.

Le cahier des charges était simple : léger, pas trop grand, avec une poche intérieure pour les clés et un livre de poche. 

J'ai utilisé pour la poche un petit métrage de coton reçu par erreur de Butinette (la référence était celle d'un tissu de Noël).

Il remplit parfaitement son office ! 

 

16 août 2026

52/2026 : sauce gribiche

Les mots proposés par Anne cet été ne sont décidément pas communs, mais je pense qu'on arrive au bout de la liste difficile ! 

Alors que je me demandais comment illustrer ce mot, j'ai réalisé que je n'avais pas encore posté ici ma recette fétiche de l'été, celle qui a sauvé mes salades composées lorsque j'ai suivi un rééquilibrage alimentaire (avec l'aide d'une diététicienne) : la mayonnaise sans huile (la diététicienne m'a conseillé d'y ajouter un peu d'huile, finalement). J'ai combiné plusieurs recettes de mayonnaises "légères", "protéinées" ou "véganes" pour obtenir un résultat satisfaisant tant au niveau du goût que de la texture. Côté conservation, je ne l'ai jamais gardée au-delà de 48h, je ne sais pas si elle est toujours bonne au-delà. Quant à l'apport calorique, vous pourrez manger le bol entier sans culpabilité ! 

Il vous faut : 50 à 70 g de haricots blancs cuits (j'achète des mini-boîtes et j'en congèle la moitié), 1 cuillère à café de moutarde, du sel et un trait de vinaigre. Pour l'apport en acides gras, 1 cuillère à soupe de bonne huile (colza ou olive). Et zou, dans un mini-mixer en 30 secondes c'est prêt (un mixer à pied peut faire l'affaire).

Passons maintenant à la version gribiche : il suffit d'ajouter à la base le jaune d'un œuf dur.
Puis découper en mini-dés 2 gros cornichons et le blanc d'œuf. Mélanger avec 1 cuillère à soupe de câpres et une cuillère à soupe d'herbes hachées (persil, ciboulette, estragon, cerfeuil). 

Voilà une sauce piquante qui relève parfaitement une viande ou un poisson froids, des pommes de terre, des asperges. 

 

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14 août 2026

Couture express pour bien pédaler

Cet été, je ne quitte plus, à la maison, la jupe-short achetée l'an dernier à Dinard, parce que j'avais oublié mon bermuda (du moins je le croyais, en fait il était si bien étalé au fond du sac – de la même couleur – que je ne l'avais pas vu). Le short sous la jupe comporte une poche parfaite pour le téléphone et une autre, petite, où je peux caser une clé, ce qui me permet de sortir en balade sans rien dans les mains.

Mais pour faire 70 km à vélo, jour après jour, le cycliste s'impose. Or, je n'assume pas du tout le côté moulant et "je porte une couche" de la chose. Et puis le lycra noir au soleil, c'est le sauna assuré. Lors de notre randonnée vélo sans le nord de l'Allemagne, j'avais emprunté une petite jupe patineuse à Marie, mais elle ne cessait de se relever avec le vent. J'ai donc décidé de copier ma jupe-short : un empiècement devant et dos et deux pans arrondis qui se superposent sur 10 cm. Comme l'empiècement initial est en jersey, j'ai fait une toile par précaution, sans avoir à la retoucher.
Le satin de coton de ma robe japonisante est parfait pour cet usage : il est léger et se froisse peu.

Voilà mon cycliste bien caché, sans entrave pour pédaler.

Comble de l'ironie, alors qu'il n'est pas tombé une goutte depuis plus d'un mois, la pluie m'a obligée à faire la photo à l'intérieur… 1,5 mm de pluie, c'est la fête au jardin ! 
 

12 août 2026

Couture express pour bien dormir

Je ne suis pas très motivée pour coudre, ces temps-ci : trop d'imprévus, de petits bricolages, trop de chaleur aussi dans ma petite pièce sous le toit du garage. J'ai tout de même réparé pas mal d'accrocs et de déchirures, changé une fermeture, rien de très gratifiant. Et beaucoup assisté mes filles qui ont pas mal cousu, elles. Mais parfois, l'urgence peut me pousser à l'efficacité.
En préparant nos bagages, je n'ai pas remis la main sur les oreilles gonflables, achetés il y a 25 ans. D'un autre côté, j'en avais emporté un l'été dernier pour les scouts et il s'est dégonflé au cours de la journée, heureusement que ma voisine de tente en avait un second à me prêter. Peut-être ai-je jeté le dernier oreiller que nous avions, finalement. Mais je rechignais à en acheter un nouveau (et surtout à faire des kilomètres pour cela).  J'ai tout de même regardé ce qui se faisait et trouvé un oreiller deux-en-un : tour de cou pour le voyage et oreiller de camping. Mais 1. le prix m'a paru exagéré (10 euros pour la housse), 2. la housse en peluche, par ces chaleurs… 3. Guillaume avait justement acheté un tour de cou gonflable pour l'avion l'an dernier.

Réveillée tôt un matin, je me suis enfermée dans ma lingerie, ai sorti les chutes d'un vieux drap-housse en coton (bien doux), mes essais de matelassage pour la toile de veste d'Aurore et un bout de scratch.

20 minutes plus tard, j'avais mon oreiller léger et peu encombrant !

Avec un petit creux au milieu, pour bien placer la tête, il est parfait.

9 août 2026

52/2026 : Ça me donne de l'urticaire

Ce dimanche, chez Anne, le mot du jour démange : urticaire.
J'ai la chance de ne pas souffrir d'allergies et je n'ai eu qu'une seule crise d'urticaire (en 2007), mais elle est restée mémorable :  après une semaine d'antibiotiques costauds, suite à un début d'abcès dentaire, je me suis rendue chez le médecin pour des plaques rouges sur le visage. Il m'a prescrit un tube de crème. Deux jours plus tard, j'avais des plaques sur les mains, le cou, le ventre, puis sur tout le corps. Aurore avait RV chez le médecin le soir-même (je ne sais plus pourquoi, un vaccin ? une otite ?), je me suis dit que je lui en parlerais. Lorsque nous sommes arrivées, ma température frôlait les 40°C, je me grattais furieusement. Comme c'était un remplaçant, il m'a auscultée soigneusement, a détecté un souffle cardiaque (dent malade + fièvre = très mauvais) et m'a demandé de filer aux urgences. En pleine heure de pointe ? Mieux vaut appeler une ambulance. Guillaume est venu chercher Aurore, je leur ai dit au revoir en pensant que je ne les reverrais peut-être pas : j'avais des taches violettes qui apparaissaient un peu partout. 30 minutes plus tard, après un trajet toutes sirènes hurlantes, j'étais allongée sur un brancard avec 2 cardiologues à mes côtés. La combinaison urticaire géant + forte fièvre est le symptôme de maladies pas sympathiques du tout. On a su tout de suite que je n'avais pas d'endocardite, ni le Sida, ni une hépathite C, ni autre virus dangereux. Mais ils ont voulu savoir ce que j'avais, j'ai donc passé une semaine, sans aucun traitement (mais tout de même avec une perfusion, au cas-où), à subir des dizaines d'examens divers et variés (dont la protéine froide : on prélève du sang qui est emporté dans un thermos chaud) et tout ce qui était connu comme virus a été éliminé. Et puis on m'a dit un matin que je sortais le jour-même, au revoir Madame, si vous voulez un arrêt de travail allez consulter votre médecin traitant (ben, heu, je me gratte toujours, je n'ai quasiment pas dormi à l'hôpital – avec une voisine de chambre très âgée qui perdait la tête, criait la nuit et a même essayé de me frapper –, j'ai toujours un peu de fièvre, il neige et… j'ai droit à 3h de ménage par ma mutuelle si j'ai un arrêt maladie suite à mon hospitalisation, alors oui, 2 jours d'arrêt jusqu'au week-end, ça ne sera pas de trop).

Bref, revenons-en au mot du jour : si un jour j'ai de l'urticaire, c'est que j'aurai rencontré d'un peu trop près l'une de ces bestioles.

Celles-ci, nous les avions rencontrées était en Haute-Loire, mais elles sont remontées bien plus au Nord, de sorte que je trouve maintenant ces pièges dans tous les parcs de la ville.


 

 

4 août 2026

Juillet, un avant-goût de vacances

En juillet, nous aurons dû commencer à nous reposer, avec une semaine de vacances et un rythme un peu plus tranquille. Mais… les vagues de chaleur nous mettent vraiment à plat. La foudre est tombée fin juin sur une armoire électrique de notre gare, réduisant à 1/3 la fréquence de mes trains quotidiens (et à 1/6 la possibilité d'avoir une rame climatisée) durant 2 semaines. Les travaux d'été ont pris la suite. Notre semaine bretonne nous a vraiment changé les idées. Mais… l'installation de la fibre, le lendemain de notre retour, a occasionné pas mal de désordre et quelques contrariétés (le technicien ne laisse vraiment pas une minute pour réfléchir à une meilleure solution que le vite-fait mal-fait qu'il propose). Et puis une suspicion d'AVC, une infection urinaire et une sinusite-bronchite : voilà les trois membres de la famille KO pendant quelques jours. Nous nous sommes inquiétés pour nos amis menacés par les incendies. Je n'ai pas eu le courage de coudre le pantalon commencé fin mai, et pourtant j'ai passé du temps derrière la machine (ou à côté des filles, qui, elles, ont cousu) — pour des bricoles ou des réparations. Bref, j'espère que nos vacances d'août se dérouleront sans encombre et qu'il va pleuvoir, enfin, et pour de vrai ! 

1/ Je sors de bonne heure pour quelques achats, j'ai presque froid et c'est agréable. Puis j'attaque le repassage en souffrance depuis 15 jours, en suivant une réunion en visio (dans laquelle je n'interviens pas). Le repassage terminé, la réunion se prolonge, je descends l'ordinateur pour déjeuner avec Aurore, puis m'installe dans le hamac (3h05 de réunion, qui dit mieux ? Au moins, j'ai mangé, mes collègues sur place devaient être au bord de l'inanition).

2/ C'est notre traditionnel pique-nique annuel, où chacun rapporte ses meilleures spécialités. Après un après-midi à lutter contre la somnolence, j'enchaîne sur la mammographie (tout va bien), et ce soir, nouveau buffet partagé, entre musiciens et danseurs.
3/ Notre vicaire fête ce soir l'anniversaire des ses 10 ans d'ordination (que le temps passe vite !), il partira à la fin de l'été pour Toulon.
4/ Je réussis à caser tout un bazar dans mon caddie à vélo pour le déposer chez Emmaüs, je passe dans la boutique et déniche deux puzzles de 1000 pièces, j'enchaîne sur les courses hebdomadaires, puis après le déjeuner et une sieste, je sors avec Marie voir la mini fête foraine du parc voisin.

5/ Aurore nous a emmenés déjeuner chez son parrain : conduite irréprochable, y compris le créneau final !
6/ Notre périple à vélo se prépare, j'ai découpé l'itinéraire en étapes pas trop longues (sauf une) et réservé tous les hébergements : l'hôtel du départ, les campings, deux hébergements chez des cyclistes et le stationnement de la voiture pendant notre voyage. Reste à espérer que la météo sera de notre côté.
7/ Je maîtrise parfaitement la peinture de vitres au blanc de Meudon, maintenant, et je trouve que ça apporte un réel confort.

8/ Graines pour les poules récupérées, pile de livres des vacances rassemblée, encore quelques tâches et j'aurai l'esprit tranquille pour partir en vacances.
9/ J'ai surmonté deux petits défis techniques de mise en page qui me semblaient bien compliqués initialement (grâce notamment à l'aide de mon collègue de bureau qui m'a trouvé une jolie accolade – est-ce un symbole si rarement utilisé ?)
10/ Après une journée passée dans mon bureau à 34° (mais avec les deux ventilateurs pour mon usage exclusif), je trouve notre maison presque fraîche. Enfin, demain, nous nous échappons pour quelques jours sous un climat plus doux.
11/ Les bagages bouclés, un déjeuner partagé à 5 (avec Paul), une petite sieste et nous prenons la route vers la Bretagne, avec – c'est rarissime – la clim à 28° durant tout le trajet. Le dîner sur la terrasse, préparé par non hôtes, avec un petit vent, est un délice.
12/ Premier bain de mer de l'année, avec des conditions optimales : petites vagues et eau cristalline à 21°.

13/ Il n'y a pas de semaine dinardaise sans moules-frites et nous sommes ravis d'en trouver chez notre producteur habituel (la saison a ouvert tardivement cette année).
14/ Après la baignade du midi, la baignade de 18h, nous restons sur la digue pour écouter un groupe local de rock.

15/ De petits orages nous donnent l'occasion de sortir l'un des puzzles de 1000 pièces que j'avais apportés.
16/ Avec les filles, nos affrontons le vent et la petite pluie pour une baignade à marée basse, puis allons discuter avec un joueur de cornemuse écossaise (qui finit par renoncer à lutter contre le vent).

17/ Autre tradition de notre séjour annuel : la soirée fruits de mer, où je retrouve des souvenirs d'enfance avec les petits crevettes grises patiemment décortiquées avant d'en garnir ma tartine de beurre.
18/ Nous terminons par une soirée à la crêperie, puis une petite balade pour admirer le coucher de soleil.
19/ À notre retour, nos poulettes nous ont laissé une dizaine d'œufs.

20/ Nous sommes obligés de passer à la fibre, après avoir longtemps résisté. Ça s'est mal passé pour nos voisins, qui ont dû creuser des tranchées devant leurs maisons, mais Marie a retiré les pavés au-dessus du regard qu'elle avait trouvé… finalement, le technicien interroge un voisin, suit la direction de la gaine qui passe par la cave et soulève une plaque près du compteur d'eau : le câble passe bien par là. Petit bémol : il a décidé de placer la prise dans la chambre d'amis (contigüe au garage), la box est donc moins centrale qu'auparavant et je ne capte pas bien de mon bureau, mais on trouvera une solution.
21/ La fraîcheur matinale est un délice, les trains sont  l'heure, j'ai fait le plein de fruits au marché et trouvé une salade excellente pour le déjeuner.
22/ Jour de visite à l'Ehpad, nous transportons deux nouvelles passagères (ravies de leur expérience) et le petit problème mécanique n'est arrivé qu'après avoir conduit tout le monde à bon port (et a été vite réglé). Petit chagrin du jour : l'une de nos fidèles passagères a quitté ce monde le 16 juillet, cinq jours avant ses cent ans qu'elle se faisait une joie de fêter.

23/ Gros coup de stress quand la RH de Guillaume m'appelle pour que je le conduise aux urgences (il vient de sortir courir !) : 1/2 h plus tard, il est rentré (je le cherchais encore, à vélo autour des étangs), le 15 confirme qu'il faut consulter et je passe les 4h suivantes dans la salle d'attente, mon ordinateur sur les genoux. Après une IRM et la consultation de deux neurologues, tout va bien (et vive l'hôpital public !).
24/ Je télé-travaille pour me remettre de mes émotions et parce que la petite cystique d'hier matin s'est transformée en infection carabinée (je n'ai presque pas bu hier après-midi), mais heureusement, la pharmacienne peut me faire une analyse et me donner des antibiotiques. Après une fin d'après-midi stressante, à préparer des plats et des desserts, ranger, faire mes bagages, Aurore et Paul nous infioment de leur arrivée (à pied depuis Étretat, en 36 heures) au Havre et je vais chercher Alice et Paul à la gare
25/ Nous voici tous réunis, 14 à table, ça fait beaucoup (et il y a deux absents), et… après des années à la guetter, à penser que c'est un mythe, nous voyons très distinctement le rayon vert au moment où le soleil disparaît dans la mer.

26/ Une petite leçon de tricot, une baignade, une petite Jasmine à pois qui a bien grandi, un joyeux déjeuner d'anniversaire et un peu de rangement avant de rentrer chez nous.
27/ Je consulte ma généraliste pour des boutons noirs inquiétants… qui se révèlent un phénomène bénin et tout à fait inattendu (ma peau hyper sensible m'en fait voir de toutes les couleurs).
28/ Mettre un gilet le matin est un petit plaisir rare cet été !
29/ À Paris, je retrouve Paul, de retour du Havre vers Lyon, pour un déjeuner rapide en terrasse (et surtout parce qu'il me rapporte 3 objets que nous avions oubliés, ahem…)
30/ Je termine une à une, sans me presser, toutes les tâches qui me restaient avant les vacances, je ne serai jamais partie l'esprit aussi tranquille (en espérant que d'autres vont bien avancer pendant mon absence, que je ne me retrouve pas désœuvrée à la rentrée).
31/ Et je mets la dernière main au travail ingrat et répétitif que j'avais commencé à l'hôpital (parce qu'il demandait une concentration quasi nulle, sans grand écran ni internet).


 

3 août 2026

50 nuances de littérature #7

Après le tour du monde (qui n'est peut-être par terminé…), j'entreprends de visiter, par mes lectures, chacun des États-Unis d'Amérique. Cet été, j'ai pris des vacances en lisant hors du défi, mon score ne sera donc pas forcément énorme. En juillet, je n'ai lu "que" 3 livres pour le défi* et j'en ai écouté un – pour un total de 1219 pages, et j'ai visité 2 nouveaux états, ce qui porte les états visités à 27.
 

Maine
Richard Russo, Trajectoire.

Quatre personnages, un peu déboussolés, qui perdent pied devant les obstacles qu'ils rencontrent : un professeur d'université confronté à un étudiant plagiaire, un autre universitaire retrouvant un frère menteur et manipulateur lors d'un séjour en Italie, un agent immobilier tentant de vendre la maison d'une amie, un romancier acceptant de travailler à un scénario en sachant que le producteur cherche à l'arnaquer. Tous sont empêtrés dans le poids de leurs passés, leurs erreurs, les trahisons, les regrets… Malgré tout, l'auteur les considère avec tendresse, avec quelques touches d'humour.

« Si les choses tournent vraiment mal, disaient les gens, on vendra tout et on ira vivre dans le Maine. »
« Puis il y a ce couple de personnes extrêmement âgées qui, au repos, s'appuient l'une contre l'autre, épaule contre épaule, formant la lettre A. Si l'une des deux bougeait trop vite, il en résulterait à coup sûr une hanche brisée pour l'autre. »
« Un homme n’a pas besoin d’être un monstre, ni même un homme mauvais, pour faire du mal aux autres, ou pour se décevoir lui-même. »

 

Wisconsin
Horace McCoy, On achève bien les chevaux.

Robert Syberten rencontre Gloria Bettie. Comme elle, il est parfois figurant au cinéma. Désœuvrés et sans argent, ils décident de s'inscrire à un marathon de danse dans l'espoir de décrocher les 1 000 dollars de récompense et de se faire remarquer par un des producteurs formant le public quotidien de ces soirées. Il ne leur reste plus qu'à tournoyer des semaines entières au rythme de l'orchestre. Ce court roman noir se déroule dans le huis-clos de la salle de danse, au rythme de l'épuisement des participants. Jusqu'au pas de trop.

« Voulez-vous me dire pourquoi tous ces savants à grosse tête n'arrêtent pas de se décarcasser pour essayer de prolonger la vie au lieu de chercher des moyens agréables pour la finir ? »
« J'entendis la foule haleter et je savais que cela signifiait que quelqu’un titubait. Un moment après, j’entendis le choc d’un corps sur le plancher. Je ne me détournai pas. Je continuai à marteler la piste. Ce genre de choses avaient cessé de m’émouvoir. »
« On va me tuer. Je sais exactement ce que va dire le juge. Je sens bien à le voir qu'il sera content de le dire, et je sens bien, aux réactions des gens derrière moi qu'ils seront contents de le lui entendre dire. »  

 

Georgie
Taylor Brown, Les dieux de Howl Mountain.

Hanté par la guerre de Corée, où il a perdu une jambe, Rory Docherty est de retour chez lui dans les montagnes de Caroline du Nord. C’est auprès de sa grand-mère, guérisseuse – et ancienne prostituée –, que le jeune homme tente de résoudre le mystère de ses origines, que sa mère, muette et internée en hôpital psychiatrique, n’a jamais pu lui révéler. En pleine prohibition, il transporte, au volant de son bolide surnommé Maybeline, l'alcool de contrebande dont la distillation est contrôlée par le dangereux Eustace. Mais d'autres trafiquants, les menacent, ainsi que le shérif et les agents fédéraux. Dans cet environnement plein de violence, Rory tente de faire le tri entre alliés et ennemis.

« Basculant brusquement au sommet d'une côte, ils flottèrent un instant dans l'habitacle, seulement retenus par leur ceinture de sécurité. Puis la voiture retomba sur l'asphalte dans un couinement de pneus, sous une arête en surplomb qui fit craindre à Rory une possible embuscade. Tout en conduisant, il jetait des coups d'oeil vers le haut, s'attendant presque à voir une bande de cavaliers cagoulés dans le ciel. »

« Devant eux, le paysage s'élevait, de plus en plus raide et accidenté. Les montagnes semblaient planer sur l'horizon comme de la fumée. De toutes, Howl Mountain était la plus haute et la plus sauvage. Elle se dressait, massive et dentelée comme la canine ébréchée de quelque bête immense, et était couronnée par un îlot pointu couvert d'épicéas et de sapins, tel le vestige haut perché de temps préhistoriques. Le vent cinglant déferlait entre ces conifères anciens, vrombissant comme une turbine, avec parfois d'étranges effets. On racontait que près du sommet, la gravité n'avait plus cours, et qu'à l'automne, les feuilles mortes s'élevaient spontanément du sol en bruissant dans les arbres pour regagner les branches dont elles étaient tombées. »

New York
Douglas Kennedy, L'homme qui n'avait pas assez d'une vie (livre audio).

Depuis le décès brutal de son épouse, Andrew Tarbell aimerait se rapprocher de son fils, Jack, apprenti journaliste, avec qui il entretient une relation difficile. Or voici que Jack dévoile une enquête sur une affaire de plagiat qui fait les gros titres à Hollywood. Le nom du coupable ? Adam Bradford. Pour Andrew, c'est le choc. Adam est le fils qu'il a abandonné quand il s'appelait encore Ben Bradford et qu'il avait été déclaré mort dans un accident de bateau.
Après un meurtre accidentel, il a dû endosser une autre identité, celle sous laquelle il est devenue célèbre. Et qu'il a perdue, à nouveau, contre son gré, ce qui l'a condamné à fuir. Ce nouveau coup du sort va-t-il le mener à sa perte, une fois de plus ?

« Les morts ne nous laissent jamais en paix - qu'ils nous manquent terriblement ou que leur décès ait été un soulagement. En chacun de nous, au bout du compte, vivent tous ceux que nous avons perdus. »
« J'arrive soudain à formuler une vérité que j'ai passé les dernières décennies à fuir : pour reprendre le contrôle de ma vie, je vais devoir cesser de mentir. »

 

 

Alabama
Zelda Fitzgerald, Accordez-moi cette valse.

Alaska
David Vann, Komodo.

Arkansas
John Grisham, La chance d'une vie.
John Grisham, Les oubliés. (livre audio)

Arizona
Brady Udall, Le polygame solitaire.

Californie
Leila Mottley, Arpenter la nuit.

Caroline du Sud
Ron Rash, Le monde à l'endroit.

Colorado
Kent Haruf, Nos âmes la nuit.
Kent Haruf, Le chant des plaines.
Kent Haruf, Les gens de Holt County.

Iowa
Dorothy M. Johnson, La colline des potences.

Maine
Stephen King, Billy Summers (livre audio).
Stephen King, Après (texte audio). 

Maryland
Barbara Kingsolver, L'arbre aux haricots.
Barbara Kingsolver, Les cochons au paradis.

Massachussets
Russell Banks, Trailerpark.

Michigan
Laura Kasischke, Esprit d'hiver.

Minnesotta
Louise Erdrich, Comme des pas dans la neige.

Mississipi
Richard Ford, Une saison ardente.

Nebraska
Dan Chaon, Cette vie ou une autre.

Nevada
Willy Vlautin, Ballade pour Leroy.

New Hampshire
Joyce Maynard, L'hôtel des oiseaux (livre audio).
Joyce Maynard, Baby love.

New Jersey
Paul Auster, Le diable par la queue, suivi de Pourquoi écrire ?
Paul Auster, Baumgartner.

New York
Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney.
Douglas Kennedy, Ailleurs chez moi (livre audio).

Ohio
Toni Morrison, Sula.

Oregon
Lisa Gardner, L'été d'avant (série Frankie Elkin, 1/3 - Livre audio).

Pennsylvanie 
Helene Hanff, 84 Charing Cross Road.

Michael Connelly, Le poète (livre audio).
Michael Connelly, L'épouvantail (livre audio).

Rhode Islan
Cormac McCarthy, Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme.

Vermont
Robin MacArthur, Les femmes de Heart Spring Mountain.

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