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attraper le temps qui file…

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26 octobre 2026

Pour des bébés tout neufs

Le premier a déjà quelques mois, puisque j'ai cousu cette trousse en août. C'est le petit frère de Célestine qui est arrivé dans la famille et ses parents ont choisi pour le faire-part un animal emblématique de leur région d'adoption : le lynx. Je n'en avais aucun dans mes motifs de broderies, mais j'ai choisi un tissu avec de petits animaux de la jungle, dans les mêmes coloris.

Et puis une ancienne collègue qui avait offert des trousses aux bébés de son entourage, m'a contactée fin septembre : elle avait deux petites filles à gâter. Je lui ai proposé de choisir parmi mes tissus et lui ai envoyé des photos en cours de fabrication.

Nous nous sommes donné rendez-vous pour la "livraison" et le soleil ce jour-là nous a permis de déjeuner en terrasse.

Bienvenue donc à Alice

et à Emilia, qui a vu le jour… en Argentine ! 

C'était cette collègue qui m'avait commandé une trousse à chats et poissons qui était allée jusqu'en Russie.
Après le Japon et la Suisse, mes petites coutures voyagent.

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25 octobre 2026

52/2026 : silence

Après le bruit dimanche dernier, voici le moment du silence chez Anne.

Comme je ne peux pas décemment recycler mes bouchons d’oreille, j’ai cherché le silence à Bruges, et je l’ai trouvé !
D’abord, un grand silence éternel pour cette religieuse qui, comme beaucoup de ses sœurs, a eu droit à un portrait posthume (j’ai été étonnée de voir les nombreux portraits, certains de la main de peintres célèbres en leur temps, qui représentaient ces dames charitables : n’avaient-elle pas fait vœu de pauvreté ?)

Puis ce tableau intitulé Le Secret (qui le reste quand il n’est répété qu’à une personne à la fois, n’est-ce pas ?)

Et cette muette, bien silencieuse elle aussi :

Au milieu des éléments déchaînés (la tempête Austen nous a bien secoués et arrosés), dans une ville bondée de touristes bruyants,  nous avons trouvé le calme, ce matin d’accalmie, en traversant le béguinage…

Même si les habitantes des lieux sont obligées de prier les visiteurs d’être discrets (et, incroyable, de ne pas regarder par les fenêtres !)

Et le silence était total dans la petite chapelle où reposent les béguines

Dans l’église Notre-Dame, également, le silence est recommandé

Et dans la pharmacie Saint-Jean, un artiste propose une pilule miraculeuse pour obtenir 24h de solitude :

 

16 octobre 2026

52/2026 : bruit

Après l'invisible, c'est le bruit qu'il faut illustrer ce dimanche chez Anne !
Pour ma part, le bruit est de plus en plus ressenti comme une nuisance. Nous avons la chance d'être relativement épargnés dans notre quartier : certes, on entend la grande route tout proche, surtout ne journée et selon le sens du vent. Mais nos voisins sont plutôt discrets.
Cet été, nous avons séjourné dans un hôtel situé juste à côté d'une usine de médicaments, assez bruyante qui tournait 24h/24. Et en pleine canicule, quand les chambres n'ont pas la clim… au bout de quelques heures, j'ai rouvert la fenêtre qui donnait directement sur l'usine.
Pour faire face à ces désagréments, il y a le modèle basique, confortable, qui garantit un silence presque total :

Lors de nos répétitions, j'ai commencé à souffrir de l'oreille gauche, lorsque Guillaume joue des Si ou Ré aigus. La sensation désagréable est devenue au fil du temps une véritable douleur et je me suis mise en quête d'une protection adéquate. Le bouchon d'oreille en mousse est exclu : je n'arrivais plus du tout à jouer juste (déjà que d'ordinaire…). Sur les conseils d'un collègue, j'ai acheté des protections d'oreille pour musicien, qui baisse le son de 15 db de façon uniforme pour toutes les fréquences. Je n'en porte qu'une, il m'a fallu du temps pour m'y habituer, mais je n'ai plus jamais mal, même quand mon voisin souffle avec vigueur dans sa flûte.

Et puis il y a les bals, dans des salles bruyantes : nous sommes sonorisés, parfois trop fort, les danseurs parlent (et les non-danseurs encore plus). Comme aucun de nous n'est ingénieur du son et que la table de mixage numérique n'est pas encore bien maîtrisée, les Larsen sont fréquents et ne parlons pas du groupe de musique bretonne venu avec une bombarde… en intérieur ! Je nous ai offert, à Noël, deux paires de petits bouchons discrets et confortables. Là encore, l'effet recherché n'est qu'une atténuation du son, pas son effacement complet. Nous revenons de ces après-midis/soirées beaucoup moins fatigués.

Et dire que dans quelques années, nous aurons peut-être à faire la démarche inverse, avec des appareils auditifs ! Espérons que nos petits bouchons nous feront gagner quelques années de plus de ce côté-là.
 

 

11 octobre 2026

52/2026 : invisible

Ce dimanche, Anne nous pose une colle : comment photographier ce qui est invisible ?
Surtout quand, comme moi, on ne maîtrise pas très bien les réglages de l'appareil… parce que j'avais pensé aux légères traces sur des vitres que l'on croit propres, un fil d'araignée que l'on se prend dans le visage parce qu'on ne l'a pas vu.
Lors de notre petite balade matinale, ce qui était invisible, parce que disparue, c'est l'eau de la cascade

Je pense qu'elle n'a pas coulé depuis ce printemps, tant la pluie nous a fait défaut. Même le ru, qui d'ordinaire, chante joliment, est à sec

Et puis Marie m'a parlé des manifestations du 13 octobre prochain (qui risquent fort d'être invisibilisées, dans les médias, à cause de la mobilisation des lycéens). Et j'ai repensé à tout ce travail quotidien, sans cesse recommencé, glissé entre mon retour du bureau, la préparation du dîner, les tâches administratives, le soin du linge et les demandes des uns et des autres. J'avais, pour voir, chiffré les heures que ça représente : 250 heures par an, sans aucune rémunération (ni même la moindre reconnaissance). Après une longue période d'intense préparation d'un événement associatif, voyant dans quel état était la maison, j'avais fait la liste des tâches, puis je les ai réparties selon leur nécessaire récurrence. Il en est quelques-unes que je délègue parfois, bien sûr, mais on est bien loin du compte.

 

 

4 octobre 2026

52/2026 : improvisation

Ce dimanche, chez Anne, on improvise. Alors, autant je suis capable d'improviser une recette avec le maigre contenu du frigo la veille des courses, ou de me coudre un accessoire de dernière minute avec ce que j'ai en stock, autant j'aime prévoir à l'avance les itinéraires ou les étapes de nos vacances. Mais il en est (et je les admire pour leur lâcher-prise) qui peuvent partir à l'aventure sans savoir où la journée les conduira, ni où ils passeront la nuit. C'est ainsi qu'Elo et Antoine nous ont envoyé un message hier, en milieu de matinée, via Warmshower. Quelques heures et échanges plus tard, nous avons préparé un peu plus de pâte à crêpes que prévu, j'ai changé les draps du canapé et ils sont arrivés dans la soirée.

Nous avons passé une agréable soirée à discuter de voyages, de leurs études, de vélo, de scoutisme, de différences France/Belgique. Ils sont repartis ce matin, sur un autre itinéraire que prévu (parce qu'ils auraient longé la nationale sur une piste cyclable dégradée, pendant des kilomètres) et, qui sait, puisqu'ils vont longer le Loir… peut-être bientôt chez Anne ?

 

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3 octobre 2026

50 nuances de littérature #9

Après le tour du monde (qui n'est peut-être par terminé…), j'entreprends de visiter, par mes lectures, chacun des États-Unis d'Amérique. En septembre, j'ai lu 5 livres (tous, plus ou moins, sur le thème de la figure paternelle), pour un total de 1342 pages, et j'ai visité 5 nouveaux états, ce qui porte les états visités à 36.
 

Idaho
Emily Ruskovich, Idaho.

Idaho, 1995. Par une chaude journée d'août, une famille se rend dans une clairière de montagne pour ramasser du bois. Tandis que Wade, le père, se charge d'empiler les bûches, Jenny, la mère, élague les branches qui dépassent. Leurs deux filles, June et May, âgées de neuf et six ans, se chamaillent et chantonnent pour passer le temps. C'est alors que se produit un drame inimaginable, qui détruit la famille à tout jamais. Neuf années plus tard, Wade a refait sa vie avec Ann au milieu des paysages sauvages et âpres de l'Idaho. Mais alors que la mémoire de son mari s'estompe, Ann devient obsédée par le passé de Wade. Déterminée à comprendre cette famille qu'elle n'a jamais connue, elle s'efforce de reconstituer ce qui est arrivé à la première épouse de Wade et à leurs filles.
Le bandeau dit « Troublant, obsédant et superbement écrit », c'est assez juste. On se perd un peu parfois entre les chapitres, passant d'une époque à l'autre, revenant en arrière, mais des liens se tissent entre ces périodes de la vie de Wade, Jenny et Ann. Au-delà de l'horreur de ce qui s'est passé, malgré ce que Wade, sans en avoir conscience, inflige à sa nouvelle épouse aimante, le livre avance vers l'apaisement et le pardon, celui que l'on accorde à l'autre, mais surtout celui que l'on s'accorde à soi-même.

« Un jour d'automne ensoleillé, allongée à côté de lui dans l'herbe, tandis qu'il somnolait, elle a senti l'ancienne vie de Wade, ses souvenirs, s'évaporer à travers sa peau. Elle a senti que tout le quittait, tout sauf elle.
Alors elle s'est à son tour vidée de sa propre vie pour être sur un pied d'égalité avec lui. Ils sont restés étendus l'un contre l'autre, tel un fragment de temps. Un nuage est passé devant le soleil et, à l'intérieur de Wade, il y a eu un basculement qu'elle a perçu. A ce moment-là, elle a laissé un basculement se produire à l'intérieur d'elle-même, et ainsi ils sont redevenus les êtres qu'ils étaient habituellement, encore tout chauds de l'amnésie qu'ils venaient de vivre. »

« Elle revoit sa maman dans la cuisine, en train de faire plein de choses en même temps tout en ne voulant en faire qu'une. Lire un livre, par exemple. Mais elle est sollicitée de toutes parts. Peut-être qu'elle lave une poêle dans l'évier en lisant un livre ouvert sur le plan de travail. Peut-être qu'une casserole bout sur la cuisinière derrière elle. Et peut-être que cette casserole s'apprête à déborder, mais qu'à la dernière seconde, très calmement, sa mère se détourne de l'évier et du livre, éteint la cuisinière, puis se remet à lire et à laver. La casserole ne déborde pas, mais il s'en est fallu de peu.
C'est dire à quel point le geste que voit June lui paraît familier, ce mouvement du bras de sa mère. Interrompre une phrase pour éteindre une cuisinière. Puis terminer la phrase.
La main droite de Jenny se déplace avec une grâce vive et habile, d'abord devant elle, frôlant le tableau de bord, puis, avec une très légère rotation de son corps, derrière elle, à travers l'espace entre les deux sièges avant. »

 

Wyoming
Mark Spragg, Une vie inachevée.

À 70 ans, Einar mène une vie solitaire depuis que sa femme, Ella, et son fils, Griffin, sont morts, ce dernier à tout juste 20 ans. Il vit dans son petit ranch délabré dans le Wyoming, avec son cheval, une vache, son chien et son meilleur ami, Mitch, gravement blessé par un ours quelques années auparavant. Einar le nourrit et le soigne, rongé par la culpabilité de n'avoir pas tué l'animal avant le drame.
À des centaines de kilomètres de là, Griff, 10 ans, réussit à convaincre sa Jean, sa mère, de quitter un petit ami violent. Quelques vêtements jetés dans une valise et les deux femmes s'enfuient… et arrivent chez Einar, puisque Jean est la veuve de Griffin. Le vieil homme tourne le dos à la jeune femme, lui reprochant d'avoir tué son fils dans un accident de voiture. Mais il ne résiste pas à l'innocence, la bonne volonté et l'énergie de sa petite fille, dont il ignorait jusque-là l'existence.

L'histoire est connue, mais les sentiments de ces personnages sont dépeints avec beaucoup de délicatesse et de tendresse.

« Les marches ne sont que des rondins coupés en deux dans le sens de la longueur. Toute la maison est en rondins. On croirait une forêt qui serait tombée et qu'on aurait empilée sur les côtés. Non seulement 'est beaucoup mieux qu'une caravane, mais c'est mieux que tous les endroits qu'elle a pu voir. C'est une vraie maison, du genre qui ne va pas s'user avant que ses habitants soient usés, eux aussi. »

« Je ne me suis pas fait tabasser parce que je n'avais pas d'arme. J'ai été battue parce que je suis tombée amoureuse du type dont il ne fallait pas tomber amoureuse, que j'ai été trop stupide et trop terrorisée pour arrêter de faire semblant et m'avouer que je m'étais plantée. »

 

Virginie
William Styron, Un  matin de Virginie.

Trois nouvelles, à trois périodes de la vie du narrateur : Paul, la vingtaine, engagé dans les marines pendant la guerre de Corée, frustré de ne pas participer au débarquement d'Okinawa, se réfugie dans ses souvenirs d'enfance et la lutte de sa mère contre la maladie, l'impuissance de son père.
Dix ans plus tôt, enfant unique fasciné par la famille nombreuse et miséreuse d'une maison voisine, il assiste aux derniers jours d'un ancien esclave, revenu mourir sur les terres de son "maître". Et à l'adolescence, petit livreur de journaux exploité par un patron cupide, observant avec consternation les brimades de celui-ci vis-à-vis de son employé noir, confronté au même moment à la lente agonie de sa mère, il ose tout à coup se révolter.

« Le 1er avril 1945 (qui était aussi le dimanche de Pâques ),la deuxième division de marines, dans laquelle Doug Stiles et moi étions chefs de section, lança une attaque sur la côte sud-est d'Okinawa. En réalité, il s'agissait d'une attaque bidon, ce qui n'allait pas sans nous poser des problèmes. »

« Mon nom est Paul Whitehurst, nous sommes le 11 septembre 1938 alors que Prague attend l'ultimatum de Hitler. Ainsi apaisé par l'histoire, je me laissai hisser lentement et de plus en plus haut à travers les ombres chaudes et denses de la pièce. Et là, flottant au niveau des immortels musiciens, je fus capable de contempler impassible le père ėperdu de chagrin et le petit garçon blotti dans ses bras. »

 

Montana
Joe Wilkins, Ces montagnes à jamais.

Le jeune Wendell n'est qu'un simple employé de ranch sur les terres qui appartenaient autrefois à sa famille. L'arrivée soudaine du petit Rowdy, fils de sa cousine incarcérée, donne un nouveau but à sa vie, vidée de sens depuis la mort de sa mère et la disparition lointaine de son père, devenu une légende pour les milices séparatistes du Montana. Un lien puissant se noue entre Wendell et le garçon de sept ans mutique et traumatisé. De son côté, Gillian, une enseignante blessée elle aussi par la mort de son mari, prend sous son aile le jeune garçon, avant de découvrir ses origines familiales. Mais la réouverture prochaine de la chasse au loup, pomme de discorde entre les protecteurs de l'environnement et les milices séparatistes, va mettre le feu aux poudres et réactiver la violence qui couve depuis des décennies dans la région des Bull Mountains.
Un roman lumineux et plein d'espoir, malgré les drames qui y sont racontés.

« Mais le loup était sur mes terres. C'est le début et c'est la fin. Cette louve aurait tout aussi bien pu s'approcher de moi et me dévorer le coeur. Bien sûr qu'il y en a assez. Mais c'est pas seulement ça. Le loup représente plus qu'un loup. Un autre truc qu'il représente le loup c'est la loi. Et si j'ai de la haine envers quelque chose c'est bien envers ces lois qui réduisent un homme en esclavage sur ses propres terres. »

« C'est alors que la douleur véritable s'était déclenchée. Elle avait pleuré les premiers jours, bien sûr, mais des mois s'étaient écoulés et ces sanglots l'avaient soudain fait tomber à genoux. Il était parti, parti, parti. La douleur était pareille à une scie qui la transperçait, tranchait les tendons, fendait les côtes jusqu'à ce que l'air sec siffle à travers elle. Elle rentrait du travail, mettait Maddy au lit, puis se laissait aller à des crises de sanglots rauques. »

« Ils n’avaient jamais discuté, son père et lui. Il n’avait été qu’un enfant, mais tout de même. Plus tard, sa mère avait peut-être tenté de discuter à une ou deux reprises avec lui, mais il avait dû se détourner. Il connaissait trop bien la vieille règle qui voulait qu’un homme ne puisse s’ouvrir ainsi. C’était d’ailleurs ce qu’il avait puisé dans tous ces livres, ce dont il avait été avide – la possibilité de s’ouvrir librement. »

 

Delaware
Franz-Olivier Giesbert, L'Américain.

Oui, je sais, c'est un comble de n'avoir trouvé, né dans cet état, qu'un écrivain francophone ! L'auteur ici nous parle de son père, qu'il a détesté de toutes ses forces durant son enfance et son adolescence, pour sa brutalité et la tyrannie qu'il exerçait sur sa famille. Pourtant, ce livre est plein d'admiration, un bel hommage aussi à sa mère, qu'il ne comprenait pas plus que son père, plein de regrets aussi, puisqu'il est trop tard pour une réconciliation.

« On l'appelait ”l'Américain”. Après le Débarquement, il avait rencontré ma mère lors d'un bal donné à Rouen, en l'honneur des libérateurs. Et il s'était fixé en Normandie. Il me battait beaucoup. Il battait, surtout, beaucoup maman. C'est pourquoi j'ai passé mon enfance à vouloir le tuer. Ma haine contre lui ravagea tout en moi, ma lucidité et mon humanité. Jusqu'à sa mort. Mais jamais je n'oublierai le sourire souffrant qu'il traînait partout et qui, aujourd'hui encore, me fend le cœur. »

« J’ai compris, ce soir-là, que mon père était mort le jour du débarquement. Bien sûr, ça ne l’empêchait pas de vivre. Mais mourir n'a jamais empêché personne de vivre. Le 6 juin 1944, le monde n'était plus qu'un grand fracas. Papa était assailli de tous côtés par le bruit des rafales, des bombes et du vent qui gueulait ses injures. Sans oublier les cris des blessés. Couchés ou accroupis, dans l'eau ou sur le sable, ils appelaient au secours mais n'intéressaient plus personne. »

« Je ne supportais pas l'idée que maman meure. Je me disais que je ne pourrais jamais lui survivre. Maman meurt beaucoup. Surtout après les césariennes qui lui labourent le ventre. Mais elle ressuscite toujours après. Elle est bien trop chrétienne pour avoir peur de la mort. Ce n'est donc pas la frousse qui la ramène sur terre. C'est juste qu'elle a trop à faire, comme d'habitude, des moutards à torcher ou des copies à corriger, et qu'avec elle, de surcroît, l'heure n'est jamais l'heure. Elle rate toujours ses rendez-vous, fût-ce avec la mort. Depuis le temps, maman n'a plus l'âge de mourir jeune. »

« Aimer l'Amérique est une autre façon de haïr papa. Après mon débarquement en Normandie, à l'âge de trois ans, je ne devais plus retourner aux Etats-Unis avant ma dix-neuvième année. Mais je me suis toujours senti américain. Il est vrai que je n'avais pas le choix. « L'Américain » était le surnom que l’on me donnait, au lycée d’Elbeuf. Comme mon père, à l’imprimerie. »

 

Alabama
Zelda Fitzgerald, Accordez-moi cette valse.

Alaska
David Vann, Komodo.

Arkansas
John Grisham, La chance d'une vie.
John Grisham, Les oubliés. (livre audio)

Arizona
Brady Udall, Le polygame solitaire.

Californie
Leila Mottley, Arpenter la nuit.

Caroline du Nord
Lionel Shriver, Big Brother.

Caroline du Sud
Ron Rash, Le monde à l'endroit.

Colorado
Kent Haruf, Nos âmes la nuit.
Kent Haruf, Le chant des plaines.
Kent Haruf, Les gens de Holt County.

Floride
Karen Russell, Swamplandia.

Georgie
Taylor Brown, Les dieux de Howl Mountain.

Iowa
Dorothy M. Johnson, La colline des potences.

Maine
Richard Russo, Trajectoire.
Stephen King, Billy Summers (livre audio).
Stephen King, Après (texte audio). 

Maryland
Barbara Kingsolver, L'arbre aux haricots.
Barbara Kingsolver, Les cochons au paradis.

Massachussets
Russell Banks, Trailerpark.
Dennis Lehane, Le silence (texte audio).

Michigan
Laura Kasischke, Esprit d'hiver.

Minnesotta
Louise Erdrich, Comme des pas dans la neige.

Mississipi
Richard Ford, Une saison ardente.

Nebraska
Dan Chaon, Cette vie ou une autre.

Nevada
Willy Vlautin, Ballade pour Leroy.

New Hampshire
Joyce Maynard, L'hôtel des oiseaux (livre audio).
Joyce Maynard, Baby love.

New Jersey
Paul Auster, Le diable par la queue, suivi de Pourquoi écrire ?
Paul Auster, Baumgartner.

New York
Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney.
Douglas Kennedy, Ailleurs chez moi (livre audio).
Douglas Kennedy, L'homme qui n'avait pas assez d'une vie (livre audio).

Ohio
Toni Morrison, Sula.

Oregon
Lisa Gardner, L'été d'avant (série Frankie Elkin, 1/3 - Livre audio).

Pennsylvanie 
Helene Hanff, 84 Charing Cross Road.

Michael Connelly, Le poète (livre audio).
Michael Connelly, L'épouvantail (livre audio).

Rhode Islan
Cormac McCarthy, Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme.

Tennessee
Horace McCoy, On achève bien les chevaux.
Vermont

Rhode Island
Robin MacArthur, Les femmes de Heart Spring Mountain.

Washington
Sherman Alexie, Dix petits indiens.
Sherman Alexie, Flight.

Wisconsin
Pete Fromm, Mon désir le plus ardent.

1 octobre 2026

Septembre, ça repart

La rentrée n'a pas été trop difficile, c'est toujours l'été et ça aide (si seulement il pouvait pleuvoir la nuit…). Guillaume a fait un petit marathon médical, avec des interventions prévues (examen des 5 ans et dentiste) et d'autres pas. Je profite de la présence d'Aurore, qui trouve sa période d'inactivité bien longue (la conjoncture n'est pas favorable pour elle, hélas). Espérons que ce rythme plutôt tranquille se poursuive durant tout l'automne, histoire de garder la fatigue sous contrôle.

1/ Notre poubelle jaune (qui a 22 ans) est cassée, j'ai demandé son remplacement en ligne, mais je n'ai pas reçu de confirmation. Après un coup de fil au service déchets, on me confirme que notre poubelle grise va être remplacée. Je réponds au mail sans trop d'espoir, mais 2 jours plus tard, un SMS nous informe qu'une poubelle jaune nous sera livrée demain à 6h (enfin UNE chose qui se passe normalement). Je n'ai plus qu'à vider mes emballages dans un carton, en attendant.
2/ Coloscopie = rien à signaler, le voilà tranquille pour 5 ans, ou peut-être plus.
3/ L'AG tant redoutée, prévue fin mai et reportée pour cause d'hospitalisation du président, aura duré 3h45, entre l'exposé des deux parties adverses du conflit qui a failli détruire l'association et le non-esprit de synthèse du président (qui ne devrait pas présider l'AG, trouvons plutôt quelqu'un qui ne développe pas le moindre détail). Pas sûre qu'on reparte vraiment sur des bonnes bases et on verra qui se réinscrit ou pas, mais au moins, ça c'est fait (le réveil du lendemain a été très difficile).
4/ Faisant fi de notre fatigue, nous dînons chez l'autre couple de musiciens de notre groupe, une soirée très sympathique (mais se coucher après minuit deux soirs de suite, est-ce raisonnable ? Non et tant pis.)

5/ Nous nous levons tôt ce samedi, Guillaume pour s'entraîner à la course et moi pour tenir un stand sur le forum des associations. Beaucoup de personnes sont passées nous voir, intéressées, interpelées, intriguées par le triporteur. 12 pilotes potentiels ont laissé leurs coordonnées, 2 bénéficiaires également. Une presque voisine âgée a adhéré sur place, elle s'ennuie terriblement chez elle, je passerai peut-être sonner un jour prochain. Et pour continuer sur notre lancée, c'est la fête des voisins ce soir.
6/ Nous accueillons un nouveau curé et un vicaire, ils ont l'air sympathique (et tellement jeunes !), espérons qu'ils ne voudront pas tout chambouler.

Le dress code était "robe jaune fleurie"

7/ Il y a assez d'herbe pour passer la tondeuse, on est encore loin d'une pelouse digne de ce nom mais le jardin ressemble moins à une friche désolée.
8/ Une jeune musicienne nous a rejoints ! Elle s'est mise à l'accordéon, mais je me souviens d'elle comme d'une violoncelliste talentueuse.
9/ Réunion de rentrée des animateurs liturgiques, nous avons fait notre liste au Père Noël au curé : pour l'une des églises, un nouveau clavier (l'ancien déraille) et un micro sur pied (2 ans qu'il ne fonctionne plus), pour l'autre une prise de sono (elle a été vandalisée il y a 2 ans) et surtout, des carnets de chants. Le travail considérable que demandent ceux-ci devrait être géré par l'IA (nous avons des spécialistes), restera à les financer.
10/ Nos plants de courgettes sont fortement attaqués par l'oïdium (les nuits sont froides), mais après les avoir badigeonnés de lait, je vois de nouveau de petites feuilles vertes et des fleurs.
11/ Je teste une nouvelle recette d'aubergines (panées entières) et c'est délicieux (si on aime l'aubergine, évidemment). 
12/ Je me suis enfin décidée à refaire les joints du carrelage de la mini-terrasse devant la maison. Enlever les joints les plus abîmés, arracher les adventices qui y ont poussé, nettoyer (ah, tiens, le carrelage est posé sur du sable, ça explique pas mal de choses), combler avec de la colle (je n'ai plus de ciment) le trou qui s'est formé, recoller un carreau cassé et remplir les joints : quelques dizaines de minutes étalées sur une journée, en plein soleil, mais quelle satisfaction de voir le résultat.
13/ Je poursuis les petits bricolages en souffrance en remplaçant le joint de la porte garage/cuisine, parce que le froid matinal commence à se faire sentir.

14/ À peine rentrée, Aurore m'embarque pour un tour d'étang, profitons encore de cet été qui dure !
15/ Ma meilleure amie nous fait part de la naissance de sa petite-fille (qui est ravissante).
16/ C'est ma première écho-doppler (mon taux de cholestérol, inchangé depuis plus de 20 ans, est désormais jugé trop élevé et le régime draconien suivi cet hiver n'a eu aucun résultat… à part une aggravation des taux). L'échographe m'annonce qu'il y a un très léger dépôt, j'espère échapper aux statines.
17/ Notre réunion d'antenne AVSA est toujours un joyeux moment. Les mauvaises nouvelles (forte baisse des subventions et défaut de parallélisme d'un triporteur presque neuf qui use ses pneus à toute vitesse) alternent avec les bonnes (un nouveau sponsor, de nouveaux pilotes) et les retours de nos bénéficiaires sont toujours très positifs. J'ai accepté une toute petite mission (une réunion par an).
18/ Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas raté de pop-corn (parce que le maïs sortait du congélateur, pour contrecarrer une attaque de mites ?). La deuxième fournie était réussie, ainsi que la tarte figues-chèvre-noix et le petit dessert improvisé avec les délicieuses fraises du marché.

19/ Pour une fois, je ne joue pas les guides-conférenciers, nous en profitons pour visiter deux bateaux symboliques du Havre. J'aurais aimé aussi retourner dans notre ancien lycée, mais le temps passe trop vite.
20/ En sortant du restaurant, je propose d'aller voir de près les cheminées de l'ancienne centrale thermique, ça fait des années que Mutti nous en parle et elles vont bientôt disparaître. Je n'espérais pas pouvoir tant en approcher (nous sommes littéralement au pied de celles-ci), en bonus nous avons pu observer des éoliennes en cours de fabrication : une pale mesure plus de 100 m de long ! 

21/ Notre série du moment n'est disponible que jusqu'à vendredi et il nous reste 11 épisodes ! Mais j'apprends que je peux télécharger quelques épisodes sur mon téléphone, grâce à l'application Arte. À ma grande surprise, cela ne prend que quelques secondes et je n'ai aucune alerte quant au manque d'espace de stockage(bon, après lecture des conditions, il semblerait que, tel le carrosse de Cendrillon, les épisodes disparaissent vendredi à minuit, nous les regarderons donc trois par trois – ils ne durent que 28 minutes chacun)
22/ Il fait un degré de moins chaque matin, mais je tiens bon, en robe, sandales et petit gilet… que cette sécheresse qui dure ait au moins un petit avantage.
23/ Passant à la coop bio, nous trouvons pour un prix dérisoire un grand sachet de légumes près de s'abîmer, que je m'empresse de transformer en une grosse casserole de ratatouille (plus deux aubergines qui seront panées demain).
24/ Je commence à retrouver un peu de vitesse à la course (ça reste très, très modeste).
25/ Je vais chercher Paul à la gare : nous l'avons pour nous tout seuls ce soir.
26/ La fin du déjeuner familial a failli tourner au drame : un dérapage en coupant la tomme de chèvre et Guillaume a une belle entaille au pouce. Deux heures plus tard, mon intervention à base de stéri-strip s'avère insuffisante : il saigne abondamment sous le pansement. Les filles le conduisent à SOS mains, dont il rentre dans la soirée avec un RV pour lundi.

27/ Aurore, Guillaume et Paul partent pour le Champ de Mars et le départ du Paris-Versailles. Après une matinée passée en cuisine, nous rejoignons la ligne d'arrivée avec Marie : tous sont arrivés à bon port, plus ou moins en forme et nous rentrons fêter (avec un bon mois de retard) l'anniversaire de Paul.

28/ Exploration OK : le tendon n'est pas touché. Et notre infirmière favorite a un créneau pour changer les pansements.
29/ Ma sœur a trouvé l'idée pour la couverture du journal, je me lance dans un tri des photos de classe (et des mariages de notre enfance) et trouve au passage quelques tirages grand format qui simplifieront le travail, dans les prochains mois (préparer un cliché de 20 cm de côté avec des photos anciennes minuscules, sombres et floues, n'est pas une mince affaire).
30/ Une amie m'informe qu'Emmaüs brade son rayon mercerie. À notre arrivée, il n'y a plus grand-chose (mais tout de même quelques trouvailles) mais Aurore repère un porte-parapluie Art-nouveau qui vient d'être sorti d'une remorque (l'ancienne propriétaire se réjouit de le voir aussitôt vendu). Certes, l'émail est abîmé, mais l'objet a une centaine d'années et se vend fort cher sur des sites de seconde main. Je passe l'après-midi devant un tour de potier, d'abord laborieusement (pourquoi mon pot se décentre-t-il tout d'un coup ?), avant de réussir à tourner un bol et une coupelle à peu près corrects.

 

27 septembre 2026

52/2026 : ville

Vaste sujet, ce dimanche chez Anne ! Je me suis interrogée sur mon rapport à la ville : je n'aime guère la foule, le bruit, les voitures… et pourtant je me rends compte que je suis profondément citadine, née au Havre (ou presque), étudiante à Rouen puis Paris, ayant vécu à Argenteuil, Bagneux, Versailles et désormais dans une grande ville nouvelle.
J'adore marcher en ville, pour peu qu'elle ait une histoire : chaque coin de rue est une découverte. Mais j'aime pourtant tout autant la montagne, la forêt, la mer. Et je pense que nous avons trouvé, avec notre maison, l'emplacement idéal : tout près de la forêt, la campagne (relative, mais tout de même avec des fermes en activité) à quelques minutes de vélo, et toutes les commodités et services de la ville. Une grande gare à moins de 2 km et Paris à 35 minutes de train, mais pouvoir dormir tout l'été fenêtres ouvertes, dans le silence (il manque la mer, hélas).
Et après pas mal de voyages, il nous reste tant de villes encore à découvrir !

 

20 septembre 2026

52/2026 : fragilité

J'ai complètement oub lié de programme ma participation pour ce dimanche, chez Anne ! 
Je dois me débrouiller avec mon téléphone, puisque l'ordinateur portable ne lit plus ma carte photo, mais j'ai trouvé quelques sujets sur le trajet de ma course matinale, notamment deux œuvres d'Un Été au Havre :
 

Corallium, est un ensemble de sculptures réalisées par Charlotte Huard, installées au bord du petit port de pêche : pour évoquer les coraux menacés par la surpêche et le réchauffement climatique, elle a fait appel aux habitants qui ont prêté leurs mains pour des moulages en ciment blanc. Les gestuelles choisies par chacun expriment l’affection, la menace, le soutien, la colère, l’union, et évoquent le fragile équilibre entre l’activité humaine et la nature. Cette œuvre est par ailleurs très fragile : volontairement ou non, les passants l’ont dégradée, des mains, des doigts sont brisés.

Quelques centaines de mètres plus loin, c'est un iceberg qui apparaît, en pleine ville. Avec cette sculpture de polystyrène qui flotte sur le bassin, Gaspard Combes nous rappelle la fragilité des vies menacées par la fonte des glaciers et des banquises. Comme la glace, l'œuvre est entièrement recyclable et disparaîtra après ce dimanche, dernier jour de l'exposition estivale.

 

14 septembre 2026

Pour le folklore ?

L'automne dernier, j'avais rapidement cousu une toile de robe en version tunique tout à fait portable, sauf que son côté blouse d'infirmière me rebutait.

(peut-être pour jouer les chevaliers paysans de l'an mille ?)

J'ai donc décidé de la broder, mais entre l'idée et la réalisation… il m'a fallu d'abord découdre la parementure, ainsi que les bas de manches. J'ai trouvé les motifs idéaux dans un kit d'inspiration suédoise (dont je ne retrouve pas la marque). Le plus difficile a été de placer l'encolure dans le cadre pour la broder de manière bien symétrique (il aurait mieux valu le faire avant de couper, évidemment), mais je suis contente du résultat.

Les petits motifs du côté (reproduits sur les manches) ont été plus faciles à positionner. J'en ai profité pour réduire la longueur des manches, seule modification apportée au patron.

Restait la question de la ceinture, je souhaitais un ruban assorti, mais j'ai eu beaucoup de mal à trouver mon bonheur. Et finalement, ce ruban jacquard est trop raide pour cet usage (Aurore trouve qu'il fait "ceinture de judo")

J'ai réessayé avec la ceinture tressée, sans conviction.

Et, contrairement à ce que je pensais, c'est peut-être sans ceinture que cette tunique tombe le mieux. Je mettrai tout de même un petit élastique dans la coulisse du dos pour la cintrer légèrement.

(il faudrait la repasser, peut-être ?)

 

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